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    Scion xB - Pratique, amusante et encore pertinente

    12 novembre 2012 | Philippe Laguë | Automobile
    C’est la Scion xB qui avait lancé, au milieu des années 2000, la mode des petites boîtes sur roues au design caractéristique. Les quinze minutes de gloire sont passées, mais la Scion xB reste un véhicule pertinent et agréable à conduire.
    Photo : Philippe Laguë C’est la Scion xB qui avait lancé, au milieu des années 2000, la mode des petites boîtes sur roues au design caractéristique. Les quinze minutes de gloire sont passées, mais la Scion xB reste un véhicule pertinent et agréable à conduire.
    Fiche technique

    Moteur : 4-cyl. 2,4 litres
    Puissance : 158 ch
    0-100 km/h : 9,3 s
    Vitesse maximale : 180 km/h
    Consommation moyenne : 10,5 l/100 km (ville et route)
    Prix de départ : 18 360 $
    Prix du véhicule d’essai : 22 435 $ (transport et préparation inclus)
    Au milieu des années 2000, les petites boîtes sur roues étaient en vogue. La mode avait été lancée par Scion, une marque nouvellement créée par Toyota pour les acheteurs américains, avec la xB, rapidement adoptée par les jeunes amateurs de voitures modifiées (tuning). Au même moment, Honda lançait à son tour l’Element, dont la vocation était plus utilitaire. Plus grosse que la xB, l’Element se voulait le véhicule idéal pour transporter le vélo, les planches de snowboard, wakeboard et autres sports extrêmes. Nissan, de son côté, avait déjà sa Cube, dont le nom indiquait clairement l’allure, mais il a fallu attendre 2009 pour qu’elle soit importée en Amérique du Nord. La Kia Soul est ensuite venue grossir les rangs de ce segment dit « de niche », à la clientèle bien ciblée.

    Mais la mode, on le sait, est souvent éphémère. L’engouement s’est essoufflé rapidement, Honda se retirant même de ce créneau l’année dernière. Voilà qui tombait bien mal pour Scion, qui a fait ses débuts sur le marché canadien il y a deux ans et qui misait beaucoup sur la xB pour se faire connaître. D’autant plus que la première génération était devenue un modèle-culte en peu de temps. Mais déjà, lors de son renouvellement, en 2007, la popularité de ces « boîtes à moteur » commençait à diminuer. Mauvais timing, comme on dit à Paris.


    Est-ce un véhicule désuet pour autant ? A-t-il perdu de sa pertinence ? Voyons cela.


    À défaut d’être beau…


    À l’origine, la Scion xB partageait sa plate-forme et la plupart de ses composantes mécaniques avec la petite Yaris. Lors de sa refonte, la carrosserie a pris de l’expansion et, cette fois, c’est le tandem Corolla-Matrix qui a servi de base. Ce qui différencie la xB de ses deux soeurs, c’est avant tout son design : qu’on les trouve beaux ou non, ces cubes à roulettes ont un style très affirmé, qui crée un impact visuel garanti. Pour les remarquer, on les remarque et ils ne laissent personne indifférent.


    Le design est cependant une des lacunes, sinon la principale lacune, des constructeurs japonais. Pour un beau véhicule, il y a dix laiderons. Au mieux, c’est fade. Toyota - pardon, Scion - avait réussi à se démarquer avec la première xB ; la seconde est nettement moins réussie. Moins carrée, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose ; moins audacieuse, aussi. Ça, c’est plus grave, car c’est l’aspect le plus important dans ce créneau ultraspécialisé.


    Qu’on aime ou pas, une chose est indéniable : ces formes carrées permettent d’utiliser l’espace au maximum. La xB est plus logeable qu’une familiale compacte comme la Matrix, en raison de sa hauteur. L’habitabilité en bénéficie également : les « grands de six pieds » n’auront pas la tête collée au plafond. Mieux, ils auront autant de dégagement pour les jambes à l’arrière. Si l’aspect pratique est votre priorité, la xB mérite de se retrouver sur votre liste.

     

    Manque d’audace, mais efficace


    Quand on dessine un véhicule aussi iconoclaste, il doit y avoir la même audace à l’intérieur. Pourtant, on semble plutôt s’être retenu : à part le tableau de bord au centre de la console, il n’y a pas de révolution esthétique à l’intérieur. Sans être aussi terne que celle d’une Yaris ou d’une Corolla, la déco intérieure ne réinvente rien. Et puis, je cherche encore la pertinence de placer le tableau de bord en plein centre, donc à droite du conducteur. Il se retrouve ainsi hors du champ de vision naturel de ce dernier, ce qui n’a rien d’une bonne idée.


    Pour le reste, par contre, c’est irréprochable. Oh, bien sûr, il y a beaucoup de plastique, mais son apparence n’est pas désagréable. Nous sommes à bord d’un véhicule qui coûte moins de 20 000 $, après tout. La qualité de construction n’est rien de moins qu’exemplaire, tout comme l’ergonomie. L’insonorisation impressionne elle aussi. L’assise bien haute et bien droite plaira à bon nombre de conducteurs (et conductrices), tout comme les sièges, fermes néanmoins confortables.


    À part le tableau de bord décalé, tout est à portée de la main, et les commandes se manipulent aisément. Les espaces de rangement abondent : il y a des vide-poches dans les portières, comme toujours, mais aussi dans la console centrale et au-dessus de la boîte à gants. Je répète : si l’aspect pratique est votre priorité, la xB mérite de se retrouver sur votre liste.

     

    Un moteur presque parfait


    Sous le capot, on retrouve avec bonheur le 4-cylindres de 2,4 litres des Corolla et Matrix XRS, soit les versions plus sportives (sic) de ces deux modèles. Ce moteur fait honneur à la réputation des 4-cylindres nippons, qui demeurent la référence dans l’industrie automobile. Il brille par sa souplesse, sa douceur et sa discrétion. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas de tempérament, bien au contraire ; énergique et volontaire, il a du couple à bas régime, et ses accélérations et ses reprises sont franches.


    Il n’a qu’un défaut, un seul, mais qui refroidira certains acheteurs : sa consommation. Il y a deux façons de le voir : si vous êtes du type « verre d’eau à moitié vide », vous direz, avec raison, qu’il consomme beaucoup pour un 4-cylindres ; si vous êtes plutôt « verre d’eau à moitié plein », vous soulèverez que le xB consomme moins que n’importe quel petit VUS. Et vous aurez raison là aussi.


    L’injection directe l’aiderait sans doute ; un ou deux rapports supplémentaires pour les boîtes manuelle et automatique également. Passe encore pour la boîte manuelle à cinq rapports, mais l’automatique à quatre rapports est carrément « passée date ». Ce n’est pas un, mais deux rapports supplémentaires qu’il lui faudrait ! Cela dit, le rendement de ces transmissions se place à l’abri des reproches. La boîte manuelle devrait même servir d’exemple à bon nombre de constructeurs, surtout les coréens. Le levier est précis et les rapports, parfaitement étagés, avec une bonne allonge en 3e et 4e. Le maniement de ladite boîte procure une bonne dose de plaisir et son exécution mécanique est, encore une fois, exemplaire. Impeccable.

     

    Surprise !


    Je m’attendais à m’ennuyer ferme pendant une semaine au volant de la xB. Erreur ! J’ai plutôt découvert un véhicule à la conduite enjouée, plus dynamique que les tristes Corolla et Matrix avec lesquelles il partage pourtant bien des choses. On ne retrouve pas cette direction molle et imprécise qui afflige trop souvent les Toyota et cela permet d’exploiter au mieux les qualités routières de la xB.


    Entendons-nous bien : ce n’est pas sportif. L’essieu arrière rigide impose certaines limites qui n’incitent pas au débordement, mais, en conduite normale, vous ne verrez pas la différence avec une suspension indépendante. Le sous-virage ne tarde pas à se manifester dès qu’on attaque un peu, mais, encore une fois, vous ne vous en rendrez pas compte en usage normal. De toute façon, la xB n’aspire pas à être une championne de slalom ou une reine du circuit ; là n’est pas sa vocation. Néanmoins, cette petite boîte est amusante à conduire et sa tenue de route est rassurante, avec un roulis bien maîtrisé. Par ailleurs, la douceur de roulement se compare avantageusement à celle d’une Matrix ou d’une Corolla et, cette fois, c’est un compliment.


    Conclusion


    Je n’avais pas de grandes attentes avant de conduire la xB, ce qui a peut-être contribué à me la faire aimer. Disons-le, on s’attend rarement à s’amuser au volant d’un produit Toyota, même s’il s’appelle Scion ou Lexus. Qu’importe, ce fut une agréable surprise. J’ai découvert un véhicule confortable et bien construit, dans la plus pure tradition Toyota ; pratique, aussi, et très spacieux. Mais encore là, je m’y attendais, car c’est la principale qualité de ces cubes à roulettes. La surprise est venue de l’agrément de conduite, supérieur à celui de ses rivales directes (Kia Rio, Nissan Cube). Pertinente, la xB ? Et comment ! Et fiable comme seulement une Toyota peut l’être. Approuvée !


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    C’est la Scion xB qui avait lancé, au milieu des années 2000, la mode des petites boîtes sur roues au design caractéristique. Les quinze minutes de gloire sont passées, mais la Scion xB reste un véhicule pertinent et agréable à conduire. Qu’on les trouve beaux ou non, les cubes à roulettes ont un style très affirmé, qui crée un impact visuel garanti. Pour les remarquer, on les remarque et ils ne laissent personne indifférent.
     
     
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