Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Ésotérique… et éphémère, la Nissan Cube

16 juillet 2012 | Philippe Laguë | Automobile
La Cube est sensible aux vents latéraux, ce qui est tout sauf une surprise. Il n’y a pas de miracle à faire avec une carrosserie aussi carrée.
Photo : Nissan La Cube est sensible aux vents latéraux, ce qui est tout sauf une surprise. Il n’y a pas de miracle à faire avec une carrosserie aussi carrée.
Fiche technique

Moteur : 4-cyl 1,8 l
Puissance : 122 ch
0-100 km/h : 10 s
Vitesse maximale : 185 km/h
Consommation moyenne : 8,3 l / 100 km
Échelle de prix : 17 768 à 21 498 $

Au début des années 2000, d’étranges véhicules aux formes carrées sont apparus sur les routes d’Amérique du Nord. Si la Honda Element fut la première à être commercialisée chez nous, en 2003, ces petites boîtes roulantes existaient déjà au Japon. Nissan revendique la paternité de ce concept avec la Cube, introduite au Japon en 1998 et commercialisée chez nous depuis trois ans.

 

Ventes confidentielles


La Cube partage sa plateforme avec la Versa. Si elle est plus courte que celle-ci, elle est aussi plus haute. Du côté japonais, la Scion Xb est désormais sa seule rivale, l’Element ayant tiré sa révérence en 2011, après une constante érosion de ses ventes. Est-ce le même sort qui attend la Cube ? Véhicule de niche, elle n’a jamais battu de records de ventes, mais une fois la curiosité des deux premières années estompée, la baisse a été spectaculaire. Jugez plutôt : au Canada, il s’en est vendu 2416 la première année, 2864 la seconde… et 459 l’année dernière ! Une baisse de 84 %… Pendant ce temps, l’autre joueur de cette catégorie hyperspécialisée, la Kia Soul, s’est écoulé à près de 12 000 exemplaires. Vous avez dit flop ?


Évidemment, le physique pour le moins particulier (excusez l’euphémisme) de cette boîte à roulettes ne plaît pas à tous. Comme le dit une de mes amies, fière propriétaire d’une Cube : « C’est tellement laid que c’en est beau. » Bon. Elle dit la même chose de son chien, un carlin dont la laideur arrête le sang. (Je n’ai jamais osé lui demander si elle me trouvait beau, j’ai trop peur de la réponse…)


Une chose est sûre : c’est audacieux. Trop ? Peut-être, mais la mode est intrinsèquement éphémère, ce qui affecte encore plus des objets dont la mise en marché repose sur le design. Le risque d’être la saveur du mois et de sombrer aussi vite dans l’oubli est multiplié par 10.

 

Beaucoup d’espace dans la boîte


Dans un véhicule au style aussi affirmé, la déco intérieure doit également avoir un impact visuel. Toutefois, c’est moins « martien » que la carrosserie ; c’est original, comme il se doit, sans être excentrique. Par contre, Nissan retombe dans ses vieilles habitudes - enfin, pas si vieilles, puisque ça coïncide avec le rachat de la marque par Renault, en 1999 - en inondant l’habitacle de plastique. C’est bien beau quand c’est tout neuf, mais pour combien de temps ? Dans nos véhicules d’essai, il faut cependant préciser 1) que nous n’avons entendu aucun craquement et 2) que la qualité d’assemblage était irréprochable.


L’aspect fonctionnel, qui est un des arguments de vente de ce type de véhicule, déçoit un peu : les espaces de rangement ne sont pas si nombreux. Sinon, l’ergonomie est exemplaire sur tous les plans. L’instrumentation est claire et bien agencée ; les commandes se manient de façon intuitive ; et l’habitabilité est impressionnante, à l’avant comme à l’arrière. Un de nos collaborateurs mesure près de deux mètres et il peut conduire ce véhicule sans problème. Un bon mot aussi pour les sièges, très confortables. Si vous aimez ça moelleux, vous serez comblé. Leur style « fauteuil scandinave » plaira par ailleurs aux esthètes.

 

Frugale


La Cube reprend également les organes mécaniques de la Versa. Le 4-cylindres de 1,8 litre est un excellent petit moulin, dans la plus pure tradition japonaise : discret, très doux et plutôt alerte, du moins à bas régime. Avec 122 chevaux, il ne faut pas s’attendre à des accélérations qui décoiffent, mais vous ne peinerez aucunement sur l’autoroute ou un chemin montagneux. Bref, c’est tout à fait correct et tout à fait en phase avec l’extrême sévérité de notre code de la sécurité routière.


La boîte manuelle à 6 rapports l’exploite mieux que la boîte à variation continue (CVT), mais je suis mauvais juge, étant allergique à ce type de transmission. Je dois cependant reconnaître qu’elle s’adapte mieux à une petite cylindrée. Ladite boîte est censée optimiser la consommation d’essence ; je serais donc curieux de voir la différence avec une boîte manuelle ou automatique à 6 rapports. Qu’importe, les résultats sont concluants : nous avons obtenu une moyenne de 8,3 litres aux 100 kilomètres.

 

Amusante


La Cube est sensible aux vents latéraux, ce qui est tout sauf une surprise. Il n’y a pas de miracle avec une carrosserie aussi carrée. Malgré tout, elle se montre amusante à conduire. En ville, elle se faufile partout, bien servie par son court empattement, son agilité et sa direction vive ; une route de campagne avec des virages serrés met aussi en relief ses qualités routières, à commencer par une tenue de route qui étonne par son mordant - à laquelle contribue, il est vrai, une excellente monte pneumatique (des Toyo sur notre véhicule d’essai). Le roulis en virage est aussi fort bien maîtrisé et la Cube se montre peu encline au sous-virage, même si c’est une traction. Sans être sportive, la Cube se comporte de façon très sûre et sa conduite est étonnamment enjouée.


Ce qui est encore plus remarquable, c’est que le confort n’a pas été sacrifié pour rehausser le comportement. La suspension absorbe en toute souplesse les aspérités des routes accidentées et la douceur de roulement de la Cube est comparable à celle de n’importe quelle berline compacte japonaise.

 

Conclusion


Je comprends mal que les ventes de la Cube aient fondu comme neige au soleil. Oui, il s’agit d’un véhicule de niche et oui, son design iconoclaste divise plus qu’il ne rassemble. Sauf que ses qualités intrinsèques sont nombreuses et ce ne sont pas les moindres : la Cube est pratique, confortable, amusante à conduire et consomme peu. Et elle est fiable, en plus. Ces qualités sont sans doute trop rationnelles pour un véhicule qui, lui, ne l’est pas. Les créateurs vous le diront : l’audace, ce n’est pas toujours payant. Dommage, car la Cube mérite un bien meilleur sort.

La Cube est sensible aux vents latéraux, ce qui est tout sauf une surprise. Il n’y a pas de miracle à faire avec une carrosserie aussi carrée. La Cube est pratique, confortable, amusante à conduire, consomme peu, et en plus, elle est fiable. Ces qualités sont sans doute trop rationnelles pour un véhicule qui, lui, ne l’est pas. L’ergonomie est exemplaire sur tous les plans. L’instrumentation est claire et bien agencée ; les commandes se manient de façon intuitive et l’habitabilité est impressionnante, à l’avant comme à l’arrière.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel