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3700 personnes au chômage - GM pousse Saab à la faillite

Le constructeur américain a empêché la conclusion d'un accord de sauvetage associant des intérêts chinois

Agence Reuters   20 décembre 2011  Automobile
Trollahättan — Le suédois Saab pourrait disparaître après 60 ans d'activité, son propriétaire néerlandais ayant annoncé avoir cessé de chercher les financements qui auraient pu permettre de sauvegarder le constructeur automobile.

La décision de Swedish Automobile intervient au terme de mois d'efforts au cours desquels il aura tenté de garder Saab en vie. En opposant son veto à un projet visant à associer le chinois Zeijiang Youngman Lotus Automobile, General Motors , ancien propriétaire de Saab et disposant de licences technologiques-clés ainsi que d'une petite participation, a incité Swedish Automobile à jeter l'éponge. «Après avoir pris connaissance de la position de GM sur la transaction envisagée, Youngman a informé Saab Automobile que la poursuite du financement et la réorganisation de Saab ne pourraient se produire», souligne Swedish Automobile dans un communiqué.

«Le conseil de Saab Automobile a par conséquent décidé, faute de financement, que Saab serait insolvable et déposerait un dossier de faillite dans son intérêt et celui de ses créanciers.» Swedish Automobile ajoute dans le communiqué s'attendre à ce que la justice valide la faillite et nomme bientôt des liquidateurs judiciaires.

Toutefois, le directeur général du groupe néerlandais, Victor Muller, a souligné un peu plus tard dans la journée qu'il avait reçu plusieurs marques d'intérêt de la part de repreneurs potentiels et que cela dépendait désormais des liquidateurs. «Il y a des parties qui ont fait part de leur intérêt à mener à bien une possible acquisition de Saab après sa faillite», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Il a ajouté que GM était devenu un obstacle à la finalisation d'un plan de sauvetage de Saab, même si son attitude hostile était seulement apparue en milieu d'année. General Motors, qui dispose d'une coentreprise en Chine avec SAIC Motor Corp, a déclaré en novembre que continuer à fournir des pièces détachées et de la technologie à de nouveaux propriétaires chinois de Saab irait à rebours des intérêts de ses propres actionnaires.

Saab est allé de crise en crise cette année. Il a fermé en avril, incapable de payer ses fournisseurs à qui il doit plus de 150 millions d'euros. En août, il n'a plus été à même de payer les salaires.

Les tentatives de vendre Saab à des partenaires chinois étaient perçues comme la dernière chance du constructeur suédois, déjà au bord de la faillite quand GM l'avait vendu à Swedish Automobile — Spyker à l'époque — au début 2010 pour 400 millions. Vers la fin du premier semestre 2011, Saab a été forcé d'arrêter sa production lorsque les fournisseurs ont cessé leurs livraisons pour cause de montagnes de factures impayées.

Saab emploie environ 3700 personnes, qui attendent encore leurs salaires de novembre.

Employés et syndicalistes ont réagi avec découragement après cette déclaration de faillite. «C'est très triste», a déclaré Ulf Drufva, qui a travaillé pendant 39 ans à l'usine de Trollhättan, dont quatre années comme représentant syndical.

L'obstruction de GM à un accord avec les Chinois est «étrange», a-t-il souligné, cité par l'agence suédoise TT. «C'est, dit-il, comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits.»

Pour le dirigeant du syndicat des métallurgistes IF Metall, Stefan Löfven, cette faillite est un drame pour les employés et il a exprimé l'espoir qu'un nouveau repreneur puisse sauver Saab dans sa totalité. «Un scénario qui verrait un démembrement de la compagnie serait bien pire et bien plus d'emplois seraient menacés», a-t-il assuré à TT.

Pour le maire de Trollhättan, Paul Aakerlund, ancien représentant d'IF Metall chez Saab, il y a encore un avenir pour le constructeur. «Je sais qu'il y a des acheteurs possibles pour la totalité de Saab et pour la faire tourner à Trollhättan», a-t-il avancé.

Mais d'autres sont moins optimistes. «Je serais très surpris que quelqu'un reprenne Saab», a déclaré Lars Holmqvist, directeur exécutif de l'Association européenne des fournisseurs automobiles.

Fondé en 1937 avec l'aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s'était ensuite diversifié dans l'automobile. La marque Saab, si elle est appelée à disparaître dans l'automobile, demeure dans le secteur de l'aéronautique avec Saab AB.

***

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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  • georges Pradies - Inscrit
    20 décembre 2011 03 h 52
    APOLOGIE de l'égoisme..
    Qu'attendre de gens qui seraient près à vendre leur mère pour gagner quelques dollars...
    Quelle bêtise du gouvernement suédois qui tolère une telle violence...Cela n'est pas compliqué de nationaliser par décret cette société, d'en confier la gestion à une coopérative de production dont tous les salariés seraient membres, l'Etat garantissant le remboursement de la dette et les emprunts pour investissement...durant les premières années 100% des bénéfices iront rembourser ces dettes et non engraisser les actionnaires de GM...d'ailleurs aussi présent dans les organes prêteurs...puis les bénéfices dégagés iront alimenter à 70% investissements industriels et recherche...le reste reversé aux coopérateurs sous forme de revenus annuels ou placé dans un fonds de retraite public ceci selon le choix de la personne...
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    20 décembre 2011 07 h 03
    Il y a des limites au parasitisme!
    Le gouvernement Suédois a décidé de ne pas aider SAAB parce qu'il ne voulait pas que ce soit l'état qui fasse les frais d'une mauvaise gestion d'une entreprise privé qui vivote depuis des années. De plus, il une telle décision mettrait le gouvernement suédois en compétition directe avec Volvo qui est une entreprise privée..
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  • Jean Francois - Inscrit
    20 décembre 2011 11 h 15
    Mais ou s'arrete le capitalisme ?
    Es-ce que comme au monopolie le jeu fini quand une compagnie ou une personne a fini par tout acheter et qu'elle détient le controle sur tout ?

    Une entité qui controle tout comme dans un système comuniste ?
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  • Bernard Gervais - Abonné
    20 décembre 2011 21 h 03
    GM a fait comme Shell à Montréal
    GM a donc empêché le sauvetage de SAAB associant des intérêts chinois, même si, en agissant ainsi, 3 700 employés de cette firme se retrouvent au chômage. Comme c'est beau le capitalisme !

    Ça me rappelle un peu ce qu'a fait la pétrolière Shell concernant la fermeture de sa raffinerie à Montréal-Est. Une autre compagnie se disait pourtant intéressée à l'acheter. Mais les dirigeants de Shell, qui voulaient absolument la faire démolir, ont tout fait pour que cette acquisition ne se fasse pas.
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  • Simon Chamberland - Inscrit
    20 décembre 2011 21 h 12
    Les Chinois voulaient la technologie
    Ce qui intéressait les Chinois, c'est le transfert de technologies GM vers eux. Les actionnaires de GM, dont nous les contribuables, aurions eu un compétiteur de plus, compétiteur qui aurait eu la technologie sans avoir eu à faire les investissements et sans ouvrir d'usines ici.

    Le devoir de GM, c'est de protéger ses actionnaires. De plus, SAAB n'est plus rentable depuis au moins 30 ans.
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