3700 personnes au chômage - GM pousse Saab à la faillite
Le constructeur américain a empêché la conclusion d'un accord de sauvetage associant des intérêts chinois
Trollahättan — Le suédois Saab pourrait disparaître après 60 ans d'activité, son propriétaire néerlandais ayant annoncé avoir cessé de chercher les financements qui auraient pu permettre de sauvegarder le constructeur automobile.
La décision de Swedish Automobile intervient au terme de mois d'efforts au cours desquels il aura tenté de garder Saab en vie. En opposant son veto à un projet visant à associer le chinois Zeijiang Youngman Lotus Automobile, General Motors , ancien propriétaire de Saab et disposant de licences technologiques-clés ainsi que d'une petite participation, a incité Swedish Automobile à jeter l'éponge. «Après avoir pris connaissance de la position de GM sur la transaction envisagée, Youngman a informé Saab Automobile que la poursuite du financement et la réorganisation de Saab ne pourraient se produire», souligne Swedish Automobile dans un communiqué.
«Le conseil de Saab Automobile a par conséquent décidé, faute de financement, que Saab serait insolvable et déposerait un dossier de faillite dans son intérêt et celui de ses créanciers.» Swedish Automobile ajoute dans le communiqué s'attendre à ce que la justice valide la faillite et nomme bientôt des liquidateurs judiciaires.
Toutefois, le directeur général du groupe néerlandais, Victor Muller, a souligné un peu plus tard dans la journée qu'il avait reçu plusieurs marques d'intérêt de la part de repreneurs potentiels et que cela dépendait désormais des liquidateurs. «Il y a des parties qui ont fait part de leur intérêt à mener à bien une possible acquisition de Saab après sa faillite», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Il a ajouté que GM était devenu un obstacle à la finalisation d'un plan de sauvetage de Saab, même si son attitude hostile était seulement apparue en milieu d'année. General Motors, qui dispose d'une coentreprise en Chine avec SAIC Motor Corp, a déclaré en novembre que continuer à fournir des pièces détachées et de la technologie à de nouveaux propriétaires chinois de Saab irait à rebours des intérêts de ses propres actionnaires.
Saab est allé de crise en crise cette année. Il a fermé en avril, incapable de payer ses fournisseurs à qui il doit plus de 150 millions d'euros. En août, il n'a plus été à même de payer les salaires.
Les tentatives de vendre Saab à des partenaires chinois étaient perçues comme la dernière chance du constructeur suédois, déjà au bord de la faillite quand GM l'avait vendu à Swedish Automobile — Spyker à l'époque — au début 2010 pour 400 millions. Vers la fin du premier semestre 2011, Saab a été forcé d'arrêter sa production lorsque les fournisseurs ont cessé leurs livraisons pour cause de montagnes de factures impayées.
Saab emploie environ 3700 personnes, qui attendent encore leurs salaires de novembre.
Employés et syndicalistes ont réagi avec découragement après cette déclaration de faillite. «C'est très triste», a déclaré Ulf Drufva, qui a travaillé pendant 39 ans à l'usine de Trollhättan, dont quatre années comme représentant syndical.
L'obstruction de GM à un accord avec les Chinois est «étrange», a-t-il souligné, cité par l'agence suédoise TT. «C'est, dit-il, comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits.»
Pour le dirigeant du syndicat des métallurgistes IF Metall, Stefan Löfven, cette faillite est un drame pour les employés et il a exprimé l'espoir qu'un nouveau repreneur puisse sauver Saab dans sa totalité. «Un scénario qui verrait un démembrement de la compagnie serait bien pire et bien plus d'emplois seraient menacés», a-t-il assuré à TT.
Pour le maire de Trollhättan, Paul Aakerlund, ancien représentant d'IF Metall chez Saab, il y a encore un avenir pour le constructeur. «Je sais qu'il y a des acheteurs possibles pour la totalité de Saab et pour la faire tourner à Trollhättan», a-t-il avancé.
Mais d'autres sont moins optimistes. «Je serais très surpris que quelqu'un reprenne Saab», a déclaré Lars Holmqvist, directeur exécutif de l'Association européenne des fournisseurs automobiles.
Fondé en 1937 avec l'aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s'était ensuite diversifié dans l'automobile. La marque Saab, si elle est appelée à disparaître dans l'automobile, demeure dans le secteur de l'aéronautique avec Saab AB.
***
Avec l'Agence France-Presse
La décision de Swedish Automobile intervient au terme de mois d'efforts au cours desquels il aura tenté de garder Saab en vie. En opposant son veto à un projet visant à associer le chinois Zeijiang Youngman Lotus Automobile, General Motors , ancien propriétaire de Saab et disposant de licences technologiques-clés ainsi que d'une petite participation, a incité Swedish Automobile à jeter l'éponge. «Après avoir pris connaissance de la position de GM sur la transaction envisagée, Youngman a informé Saab Automobile que la poursuite du financement et la réorganisation de Saab ne pourraient se produire», souligne Swedish Automobile dans un communiqué.
«Le conseil de Saab Automobile a par conséquent décidé, faute de financement, que Saab serait insolvable et déposerait un dossier de faillite dans son intérêt et celui de ses créanciers.» Swedish Automobile ajoute dans le communiqué s'attendre à ce que la justice valide la faillite et nomme bientôt des liquidateurs judiciaires.
Toutefois, le directeur général du groupe néerlandais, Victor Muller, a souligné un peu plus tard dans la journée qu'il avait reçu plusieurs marques d'intérêt de la part de repreneurs potentiels et que cela dépendait désormais des liquidateurs. «Il y a des parties qui ont fait part de leur intérêt à mener à bien une possible acquisition de Saab après sa faillite», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Il a ajouté que GM était devenu un obstacle à la finalisation d'un plan de sauvetage de Saab, même si son attitude hostile était seulement apparue en milieu d'année. General Motors, qui dispose d'une coentreprise en Chine avec SAIC Motor Corp, a déclaré en novembre que continuer à fournir des pièces détachées et de la technologie à de nouveaux propriétaires chinois de Saab irait à rebours des intérêts de ses propres actionnaires.
Saab est allé de crise en crise cette année. Il a fermé en avril, incapable de payer ses fournisseurs à qui il doit plus de 150 millions d'euros. En août, il n'a plus été à même de payer les salaires.
Les tentatives de vendre Saab à des partenaires chinois étaient perçues comme la dernière chance du constructeur suédois, déjà au bord de la faillite quand GM l'avait vendu à Swedish Automobile — Spyker à l'époque — au début 2010 pour 400 millions. Vers la fin du premier semestre 2011, Saab a été forcé d'arrêter sa production lorsque les fournisseurs ont cessé leurs livraisons pour cause de montagnes de factures impayées.
Saab emploie environ 3700 personnes, qui attendent encore leurs salaires de novembre.
Employés et syndicalistes ont réagi avec découragement après cette déclaration de faillite. «C'est très triste», a déclaré Ulf Drufva, qui a travaillé pendant 39 ans à l'usine de Trollhättan, dont quatre années comme représentant syndical.
L'obstruction de GM à un accord avec les Chinois est «étrange», a-t-il souligné, cité par l'agence suédoise TT. «C'est, dit-il, comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits.»
Pour le dirigeant du syndicat des métallurgistes IF Metall, Stefan Löfven, cette faillite est un drame pour les employés et il a exprimé l'espoir qu'un nouveau repreneur puisse sauver Saab dans sa totalité. «Un scénario qui verrait un démembrement de la compagnie serait bien pire et bien plus d'emplois seraient menacés», a-t-il assuré à TT.
Pour le maire de Trollhättan, Paul Aakerlund, ancien représentant d'IF Metall chez Saab, il y a encore un avenir pour le constructeur. «Je sais qu'il y a des acheteurs possibles pour la totalité de Saab et pour la faire tourner à Trollhättan», a-t-il avancé.
Mais d'autres sont moins optimistes. «Je serais très surpris que quelqu'un reprenne Saab», a déclaré Lars Holmqvist, directeur exécutif de l'Association européenne des fournisseurs automobiles.
Fondé en 1937 avec l'aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s'était ensuite diversifié dans l'automobile. La marque Saab, si elle est appelée à disparaître dans l'automobile, demeure dans le secteur de l'aéronautique avec Saab AB.
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Avec l'Agence France-Presse
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