La Fiat 500: le retour d'une marque et la résurrection d'une icône
Photo : François Pesant - Le Devoir
Les dimensions de la Fiat 500, proches d’une Honda Fit ou d’une Mazda2, font d’elle une sous-compacte.
L'arrivée de la Fiat 500 est un double événement: le retour de la marque italienne en Amérique du Nord après un hiatus de 27 ans; et la résurrection d'un modèle mythique, dont l'importance, pour les Italiens, est comparable à celle de la 2 CV pour les Français, de la Coccinelle pour les Allemands ou de la Mini pour les Britanniques. Les deux dernières ont d'ailleurs été ressuscitées elles aussi et elles sont dans la mire de la Fiat. Le combat des légendes, en quelque sorte.
Craquante
Comme sa rivale germano-britannique, la Fiat 500 du XXIe siècle est plus grosse que son ancêtre. Enfin, tout est relatif puisque ses dimensions, proches d'une Honda Fit ou d'une Mazda2, font d'elle une sous-compacte. Sauf qu'acheter une 500 est un fashion statement, comme on dit à Paris; une affirmation, celle d'un style de vie, voire d'une classe sociale. Une sous-compacte branchée, comme la MINI — depuis le rachat de la marque britannique par BMW, on l'écrit en majuscules — et comme la Beetle.
Le style a donc toute son importance, ici, car il est sans l'ombre d'un doute au sommet des priorités de la clientèle cible. Et à ce chapitre, force est d'admettre que les designers de Fiat ont visé en plein dans le mille. À l'intérieur comme à l'extérieur, la 500 fait honneur au design italien, célébré dans le monde entier. Comme ses deux rivales, elle ressemble beaucoup à son ancêtre, sa carrosserie en reprenant les grandes lignes. Cela donne une silhouette absolument craquante, qui déclenche les mêmes réactions que la New Beetle et la MINI lorsqu'elles furent lancées, il y a une douzaine d'années. La Fiat suscite des réactions partout, qui vont du simple sourire au coup de foudre.
Cette belle gueule n'a pas entraîné trop de sacrifices sur l'autel du design, si ce n'est un large pilier B qui, combiné à la petitesse des glaces latérales arrière, crée un angle mort important. On l'a constaté chez Fiat et, pour compenser, l'extrémité du miroir extérieur est dotée d'une partie convexe. Le coupé se décline en trois versions et le cabriolet, deux. Avec le cabriolet, la visibilité est encore plus mauvaise à cause du surplis du toit souple qui se rabat à l'arrière et qui bouche la vue.
Irritante
L'exercice de style se poursuit à l'intérieur, avec un habitacle qui se démarque nettement des sous-compactes de grande diffusion. Chaque petit détail semble avoir fait l'objet d'une attention particulière et porter la griffe d'un designer. Qu'il suffise de mentionner la sellerie bicolore recouvrant les sièges et l'intérieur des portières, la planche de bord deux tons et l'omniprésence des formes rondes, comme la carrosserie: le tableau de bord est rond, les poignées de porte aussi, la grille de sélection de la boîte de vitesse, les boutons, les vide-poches... Même les appuie-tête sont ronds! Ceux-ci sont d'ailleurs durs comme du bois, et leur fonction semble uniquement décorative.
L'ergonomie n'a pas été étudiée avec le même soin, comme en témoignent certaines lacunes à ce chapitre. Un exemple: les poignées pour régler le siège et son dossier, difficiles à manipuler et mal situées. Elles m'ont fait rager à chaque fois. La lecture du tableau de bord, où l'instrumentation est regroupée dans un espace restreint, n'est pas toujours facile non plus. Heureusement, les commandes sont accessibles et intuitives. On retrouve aussi de nombreux espaces de rangement. Les dimensions du compartiment à bagages sont cependant directement proportionnelles au format de la voiture.
À l'avant, les sièges sont confortables, mais dépourvus de soutien latéral. L'assise haute plaira cependant à ceux et celles qui n'aiment pas conduire au ras du sol. La 500 n'est pas une quatre places mais plutôt une 2+2, ce qui signifie que ses places arrière ne conviendront qu'à des enfants.
Timide
Au moment de son lancement, le printemps dernier, la 500 n'était offerte qu'avec une seule motorisation, soit un 4-cylindres de 1,4 litre, bon pour 101 chevaux. Une version suralimentée de ce moteur se retrouvera sous le capot de l'Abarth, attendue au cours des prochains mois. La puissance grimpera alors d'une trentaine de chevaux, ce qui aura un impact sur une voiture aussi menue; mais cela demeure nettement inférieur aux 181 chevaux de la MINI Cooper S. La 500 est plus compacte, donc plus légère, mais les comparaisons seront inévitables.
En attendant cette version plus sportive, il est impératif, pour avoir un minimum de plaisir avec la petite italienne, d'opter pour la boîte manuelle. Le 4-cylindres MultiAir a beau avoir la meilleure volonté du monde, la boîte automatique le tue. Les accélérations sont laborieuses et les reprises, anémiques. Les lamentations du moteur confirment par ailleurs qu'il souffre, le pauvre... Le problème ne vient pas de la boîte automatique (à six rapports, elle), car elle effectue son travail correctement; mais il y a zéro couple à bas régime. L'indicateur de vitesse pourrait d'ailleurs être remplacé par un calendrier. Bon, j'exagère, mais il n'en demeure pas moins qu'un chrono de plus de 12 secondes pour effectuer le 0-100 km/h, je n'avais pas vu ça depuis longtemps!
La boîte manuelle à cinq rapports rehausse les performances (et le plaisir), d'autant plus qu'elle brille à tous les chapitres: étagement, précision, course du levier, rien à redire. Et la consommation? Moins de 7 litres au 100 kilomètres au combiné ville/route, c'est bien. Très bien, même.
Potentiel
Gros potentiel de plaisir, ici, avec l'empattement court et le poids plume. Ça se confirme dès qu'on zigzague un peu: l'agilité est une des grandes qualités de la petite. La direction ne permet pas, cependant, d'exploiter ce potentiel au maximum. Lente et floue au centre, elle constitue une énorme déception. Mais elle n'a pas que des défauts: en usage urbain, on apprécie sa légèreté ainsi que son court rayon de braquage.
Cet empattement court suscite toutefois quelques craintes au chapitre du confort, mais elles sont rapidement dissipées: la douceur de roulement est étonnante, et il convient de souligner l'excellent travail des suspensions, qui absorbent bien les trous et bosses qui ont fait la réputation de notre réseau routier.
Conclusion
Avant même de faire ses premiers tours de roue en sol canadien, la Fiat 500 était un succès assuré. Les carnets de commandes des concessionnaires confirmaient l'engouement pour cette petite italienne à l'allure si craquante. Voilà pour le court terme. À moyen et long terme, elle devra éviter quelques écueils. Celui de l'essoufflement, d'abord; parlez-en aux concessionnaires Volkswagen, qui ont vendu des New Beetle au compte-gouttes alors qu'ils avaient de la misère à répondre à la demande lors de son arrivée. La mode peut parfois être si éphémère...
Un autre problème qui guette la Fiat 500 est celui de l'image: encore une fois, on songe à la New Beetle, qui fut rapidement étiquetée «voiture de femme». Et ça, mes amis, c'est mortel pour un modèle. Non seulement les hommes n'en veulent pas, mais bien des femmes non plus: elles trouvent ça trop «fifille». Ouch! Le salut pourrait venir de l'Abarth, comme les versions plus sportives de la MINI lui ont évité d'avoir cette étiquette collée à la peau.
Dernier problème, et non le moindre: la fiabilité. L'acronyme Fiat signifie Fabbrica Italiana Automobili Torino, mais aux États-Unis, on disait, à l'époque, que cela signifiait plutôt Fix It Again Tony... Traduction: répare-la encore, Tony. Autrement dit, on part de loin, côté réputation. Les adeptes du verre d'eau à moitié plein diront que ça peut difficilement être pire. Qu'importe, seul le temps apportera les réponses à ces questions.
***
Collaborateur du Devoir
***
Fiche technique
Fiat 500 Cabriolet
- Moteur: 4-cyl. 1,4 litre
- Puissance: 101 ch
- 0-100 km/h: 11 s (man.)
- Vitesse maximale: 180 km/h
- Consommation moyenne: 6,9 litres/100 km
- Échelle de prix:19 995 $ à 22 995 $
Craquante
Comme sa rivale germano-britannique, la Fiat 500 du XXIe siècle est plus grosse que son ancêtre. Enfin, tout est relatif puisque ses dimensions, proches d'une Honda Fit ou d'une Mazda2, font d'elle une sous-compacte. Sauf qu'acheter une 500 est un fashion statement, comme on dit à Paris; une affirmation, celle d'un style de vie, voire d'une classe sociale. Une sous-compacte branchée, comme la MINI — depuis le rachat de la marque britannique par BMW, on l'écrit en majuscules — et comme la Beetle.
Le style a donc toute son importance, ici, car il est sans l'ombre d'un doute au sommet des priorités de la clientèle cible. Et à ce chapitre, force est d'admettre que les designers de Fiat ont visé en plein dans le mille. À l'intérieur comme à l'extérieur, la 500 fait honneur au design italien, célébré dans le monde entier. Comme ses deux rivales, elle ressemble beaucoup à son ancêtre, sa carrosserie en reprenant les grandes lignes. Cela donne une silhouette absolument craquante, qui déclenche les mêmes réactions que la New Beetle et la MINI lorsqu'elles furent lancées, il y a une douzaine d'années. La Fiat suscite des réactions partout, qui vont du simple sourire au coup de foudre.
Cette belle gueule n'a pas entraîné trop de sacrifices sur l'autel du design, si ce n'est un large pilier B qui, combiné à la petitesse des glaces latérales arrière, crée un angle mort important. On l'a constaté chez Fiat et, pour compenser, l'extrémité du miroir extérieur est dotée d'une partie convexe. Le coupé se décline en trois versions et le cabriolet, deux. Avec le cabriolet, la visibilité est encore plus mauvaise à cause du surplis du toit souple qui se rabat à l'arrière et qui bouche la vue.
Irritante
L'exercice de style se poursuit à l'intérieur, avec un habitacle qui se démarque nettement des sous-compactes de grande diffusion. Chaque petit détail semble avoir fait l'objet d'une attention particulière et porter la griffe d'un designer. Qu'il suffise de mentionner la sellerie bicolore recouvrant les sièges et l'intérieur des portières, la planche de bord deux tons et l'omniprésence des formes rondes, comme la carrosserie: le tableau de bord est rond, les poignées de porte aussi, la grille de sélection de la boîte de vitesse, les boutons, les vide-poches... Même les appuie-tête sont ronds! Ceux-ci sont d'ailleurs durs comme du bois, et leur fonction semble uniquement décorative.
L'ergonomie n'a pas été étudiée avec le même soin, comme en témoignent certaines lacunes à ce chapitre. Un exemple: les poignées pour régler le siège et son dossier, difficiles à manipuler et mal situées. Elles m'ont fait rager à chaque fois. La lecture du tableau de bord, où l'instrumentation est regroupée dans un espace restreint, n'est pas toujours facile non plus. Heureusement, les commandes sont accessibles et intuitives. On retrouve aussi de nombreux espaces de rangement. Les dimensions du compartiment à bagages sont cependant directement proportionnelles au format de la voiture.
À l'avant, les sièges sont confortables, mais dépourvus de soutien latéral. L'assise haute plaira cependant à ceux et celles qui n'aiment pas conduire au ras du sol. La 500 n'est pas une quatre places mais plutôt une 2+2, ce qui signifie que ses places arrière ne conviendront qu'à des enfants.
Timide
Au moment de son lancement, le printemps dernier, la 500 n'était offerte qu'avec une seule motorisation, soit un 4-cylindres de 1,4 litre, bon pour 101 chevaux. Une version suralimentée de ce moteur se retrouvera sous le capot de l'Abarth, attendue au cours des prochains mois. La puissance grimpera alors d'une trentaine de chevaux, ce qui aura un impact sur une voiture aussi menue; mais cela demeure nettement inférieur aux 181 chevaux de la MINI Cooper S. La 500 est plus compacte, donc plus légère, mais les comparaisons seront inévitables.
En attendant cette version plus sportive, il est impératif, pour avoir un minimum de plaisir avec la petite italienne, d'opter pour la boîte manuelle. Le 4-cylindres MultiAir a beau avoir la meilleure volonté du monde, la boîte automatique le tue. Les accélérations sont laborieuses et les reprises, anémiques. Les lamentations du moteur confirment par ailleurs qu'il souffre, le pauvre... Le problème ne vient pas de la boîte automatique (à six rapports, elle), car elle effectue son travail correctement; mais il y a zéro couple à bas régime. L'indicateur de vitesse pourrait d'ailleurs être remplacé par un calendrier. Bon, j'exagère, mais il n'en demeure pas moins qu'un chrono de plus de 12 secondes pour effectuer le 0-100 km/h, je n'avais pas vu ça depuis longtemps!
La boîte manuelle à cinq rapports rehausse les performances (et le plaisir), d'autant plus qu'elle brille à tous les chapitres: étagement, précision, course du levier, rien à redire. Et la consommation? Moins de 7 litres au 100 kilomètres au combiné ville/route, c'est bien. Très bien, même.
Potentiel
Gros potentiel de plaisir, ici, avec l'empattement court et le poids plume. Ça se confirme dès qu'on zigzague un peu: l'agilité est une des grandes qualités de la petite. La direction ne permet pas, cependant, d'exploiter ce potentiel au maximum. Lente et floue au centre, elle constitue une énorme déception. Mais elle n'a pas que des défauts: en usage urbain, on apprécie sa légèreté ainsi que son court rayon de braquage.
Cet empattement court suscite toutefois quelques craintes au chapitre du confort, mais elles sont rapidement dissipées: la douceur de roulement est étonnante, et il convient de souligner l'excellent travail des suspensions, qui absorbent bien les trous et bosses qui ont fait la réputation de notre réseau routier.
Conclusion
Avant même de faire ses premiers tours de roue en sol canadien, la Fiat 500 était un succès assuré. Les carnets de commandes des concessionnaires confirmaient l'engouement pour cette petite italienne à l'allure si craquante. Voilà pour le court terme. À moyen et long terme, elle devra éviter quelques écueils. Celui de l'essoufflement, d'abord; parlez-en aux concessionnaires Volkswagen, qui ont vendu des New Beetle au compte-gouttes alors qu'ils avaient de la misère à répondre à la demande lors de son arrivée. La mode peut parfois être si éphémère...
Un autre problème qui guette la Fiat 500 est celui de l'image: encore une fois, on songe à la New Beetle, qui fut rapidement étiquetée «voiture de femme». Et ça, mes amis, c'est mortel pour un modèle. Non seulement les hommes n'en veulent pas, mais bien des femmes non plus: elles trouvent ça trop «fifille». Ouch! Le salut pourrait venir de l'Abarth, comme les versions plus sportives de la MINI lui ont évité d'avoir cette étiquette collée à la peau.
Dernier problème, et non le moindre: la fiabilité. L'acronyme Fiat signifie Fabbrica Italiana Automobili Torino, mais aux États-Unis, on disait, à l'époque, que cela signifiait plutôt Fix It Again Tony... Traduction: répare-la encore, Tony. Autrement dit, on part de loin, côté réputation. Les adeptes du verre d'eau à moitié plein diront que ça peut difficilement être pire. Qu'importe, seul le temps apportera les réponses à ces questions.
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Collaborateur du Devoir
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Fiche technique
Fiat 500 Cabriolet
- Moteur: 4-cyl. 1,4 litre
- Puissance: 101 ch
- 0-100 km/h: 11 s (man.)
- Vitesse maximale: 180 km/h
- Consommation moyenne: 6,9 litres/100 km
- Échelle de prix:19 995 $ à 22 995 $
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