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    La Suzuki Kizashi: est-ce trop ou pas assez?

    15 novembre 2010 |Pascal Boissé | Automobile
    La Kizashi se décline en trois versions, la «S», la «Sport» et la «SX» qui offrent toutes un niveau d’équipement très relevé.<br />
    Photo: Source Suzuki La Kizashi se décline en trois versions, la «S», la «Sport» et la «SX» qui offrent toutes un niveau d’équipement très relevé.
    • FICHE TECHNIQUE - Suzuki Kizashi 2011
    • Moteurs: I-4 2,4 litres
    • Puissance: 185 ch / 170 lb-pi
    • 0 à 100 km/h: 8,3 sec.
    • Vitesse maximale: 200 km/h
    • Consommation: 7,6 litres/100 km
    Avec sa Kizashi, le constructeur japonais Suzuki tente une incursion en territoire inconnu. Réputé pour ses voitures économiques, bien construites et fiables, Suzuki n'avait jamais osé s'approcher du créneau des véhicules de luxe. Avec raison d'ailleurs: une stratégie de commercialisation minimale qui s'articule presque exclusivement autour de deux véhicules, l'utilitaire Grand-Vitara et la compacte SX4, et un réseau de concessionnaires épars dont l'ambiance des salles d'exposition n'est pas sans rappeler celle d'une gare routière Greyhound. Bien que ce constructeur soit très dominant sur d'autres continents, rien n'a jamais été fait pour rehausser son image de marque en Amérique du Nord. À ce titre, les Coréens Hyundai et Kia sont maintenant loin devant Suzuki.

    Merci, GM...

    C'est donc à la Kizashi qu'incombe le rôle difficile de modifier nos perceptions et de faire croître le capital de la marque. Il faut préciser qu'une bonne partie du problème d'image de Suzuki est imputable à GM, partenaire et actionnaire jusqu'en 2006, qui lui aura imposé d'écouler sous son propre nom des véhicules Daewoo à la qualité discutable. La Kizashi, quant à elle, est un authentique produit Suzuki, pensé et fabriqué au Japon. Derrière cette appellation qui prête flanc à toute sorte de jeux de mots oiseux (que je vous épargnerai puisque je suis charitable...), et dont la prononciation ne semble pas faire l'unanimité, se dissimule une berline qui s'autoproclame intermédiaire et qui se positionne en rivale des Honda Accord, Toyota Camry, Ford Fusion et autres Mazda6.

    Une intermédiaire, vraiment?

    Que l'on me permette d'afficher mon scepticisme. D'abord parce que la voiture n'a ni le gabarit ni l'habitabilité de ses rivales, mais aussi parce qu'elle n'offre pas — au Canada du moins — de motorisation V6. Qu'à cela ne tienne, la Kizashi se décline en trois versions, la «S», la «Sport» et la «SX» qui offrent toutes un niveau d'équipement très relevé. Pour 26 000 $, on vous propose la S, une traction mue par l'unique moteur offert, le I-4 de 2,4 litres, qui est jumelé à une boîte CVT. Pour 3500 $ de plus, la version Sport offre un peu plus d'équipement, une suspension surbaissée, et une boîte manuelle à six rapports. La version SX offre, pour sa part, ce qui est l'arme secrète de la Kizashi: la traction intégrale. Il s'agit là de la seule caractéristique de la Kizashi qui lui permette de s'illustrer sur le marché et de se forger un noyau de fidèles acheteurs, et ce, particulièrement au Québec où le climat incite de nombreux automobilistes à choisir cette option. D'autre part, on nous affirme chez Suzuki que cette berline est une intermédiaire ainsi qu'on l'entend en Europe, c'est-à-dire du gabarit d'une Acura TSX ou d'une Volkswagen Jetta.

    Avant d'en faire l'essai, j'avais un a priori très positif pour la Kizashi, probablement influencé par les proportions de sa carlingue qui savent combiner dynamisme et élégance. Bien qu'elle puisse nous faire penser à une Toyota Corolla ou à une VW Jetta de la génération précédente sous certains angles, la Kizashi possède une prestance et une personnalité bien à elle. Pour le reste, on ne peut que percevoir le manque d'expérience de Suzuki quand vient le temps de conférer un aspect luxueux à une voiture: l'attention portée à certains détails semble exagérée alors qu'ailleurs on constate le manque d'inspiration ou de moyen pour réaliser un ensemble cohérent. À titre d'exemple, ces embouts d'échappement super soignés qui seraient tout à fait à leur place sur une Ferrari de 300 000 $. Ou, encore, ces répétiteurs de clignotants, véritables joyaux insérés dans les flancs, mais jouxtants des poignées de porte tout ce qu'il y a de plus prolétaires. De même, pour cette calandre peu expressive, mais que viennent contrebalancer de très belles roues en alliage de teinte titane chaussées de pneus à profil bas (sur la SX). Bref, on aurait préféré quelque chose de plus homogène, et ces erreurs de débutants nous démontrent à quel point les designers de Suzuki sont sortis de leur zone de confort en tentant de dessiner une voiture pour un segment où ils n'ont pas l'habitude d'évoluer.

    Moteur frugal

    Avec ses 185 ch le moteur 4-cylindre offre des performances honnêtes compte tenu du gabarit de la Kazashi. La fête est un peu gâchée par la boîte CVT qui fait bourdonner le moteur en le plafonnant à des régimes qui correspondent à des cadences optimales pour la puissance ou le couple. Si les CVT sont généralement un éteignoir pour le plaisir de conduite, leur principal atout est de maximiser le rendement du moteur. Et sur ce point, c'est réussi: la consommation en conduite mixte s'est située, lors de mon essai, sous les 7 litres aux 100 km, en deçà des chiffres annoncés par le constructeur, ce qui est rare! Autre point positif: la tenue de route très stable qu'apporte la traction intégrale de la SX.

    Bien ficelée

    L'intérieur de l'habitacle nous séduit d'abord par sa finition et sa construction. Très, très bien assemblé, on est ici au niveau de ce que l'on peut voir chez Audi ou chez Lexus. La qualité irréprochable, aussi visible que perceptible au touché, n'est jamais trahie sur la route par des bruits ou des craquements, ce qui atteste de la solidité de l'ensemble. Puisqu'on s'est fié aux standards européens pour qualifier la Kizashi d'intermédiaire, l'habitacle est moins spacieux que ce à quoi la majorité des acheteurs d'ici s'attendent dans cette catégorie de berlines. Ma plus grande déception dans cette voiture aura été la position de conduite. En une semaine d'essai, je ne suis jamais à trouver mes repères, moi qui suis d'une stature tout à fait moyenne. Peu importe la combinaison de réglages, j'avais toujours l'impression que les pédales étaient trop proches, le pavillon trop bas, et que je devais arquer mon dos pour tenir le volant. Si la Suzuki Kizashi vous tente et que vous mesurez plus de 1,75 m, prenez le temps de faire un essai prolongé avant de signer quoi que ce soit. De plus, l'espace pour les jambes est limité aux places arrière, ce qui ne devrait pas se produire dans une voiture qui se dit intermédiaire, où des adultes devraient pouvoir prendre place derrière peu importe le recul du siège du conducteur. En poursuivant cette logique en vertu de laquelle la Kizashi est une intermédiaire où l'espace est compté, le volume du coffre est loin d'être impressionnant et son ouverture est un peu limitée.

    L'intérieur de l'habitacle nous séduit d'abord par sa finition et sa construction. Très, très bien assemblé, on est ici au niveau de ce que l'on peut voir chez Audi ou chez Lexus. La qualité irréprochable, aussi visible que perceptible au touché, n'est jamais trahie sur la route par des bruits ou des craquements, ce qui atteste de la solidité de l'ensemble. Puisqu'on s'est fié aux standards européens pour qualifier la Kizashi d'intermédiaire, l'habitacle est moins spacieux que ce à quoi la majorité des acheteurs d'ici s'attendent dans cette catégorie de berlines. Ma plus grande déception dans cette voiture aura été la position de conduite. En une semaine d'essai, je ne suis jamais à trouver mes repères, moi qui suis d'une stature tout à fait moyenne. Peu importe la combinaison de réglages, j'avais toujours l'impression que les pédales étaient trop proches, le pavillon trop bas, et que je devais arquer mon dos pour tenir le volant. Si la Suzuki Kizashi vous tente et que vous mesurez plus de 1,75 m, prenez le temps de faire un essai prolongé avant de signer quoi que ce soit. De plus, l'espace pour les jambes est limité aux places arrière, ce qui ne devrait pas se produire dans une voiture qui se dit intermédiaire, où des adultes devraient pouvoir prendre place derrière peu importe le recul du siège du conducteur. En poursuivant cette logique en vertu de laquelle la Kizashi est une intermédiaire où l'espace est compté, le volume du coffre est loin d'être impressionnant et son ouverture est un peu limitée.

    En conduisant la Kizashi SX à traction intégrale, on se demande ce que Suzuki avait en tête en commercialisant cette voiture. Puisque ce constructeur n'a pas bâti un capital de marque assez solide pour s'imposer dans le créneau des berlines sportives, à quoi bon tenter de se frotter à Audi ou à Subaru? Même si la qualité de construction est au rendez-vous, les acheteurs n'y seront probablement pas. Pour ce qui est des versions à traction avant de la Kizashi, elles s'attaquent de front aux versions à fort volume des berlines de Chevrolet, Ford, Honda, Hyundai ou Toyota, une catégorie où il est bien difficile de se démarquer, et où un habitacle étriqué est rarement un gage de succès. Malgré de grandes et belles qualités, on aurait envie de dire à la Kizashi: «Meilleure chance la prochaine fois!» À condition que la division nord-américaine de Suzuki ait le luxe de s'offrir une prochaine fois...

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    Collaborateur du Devoir
    La Kizashi se décline en trois versions, la «S», la «Sport» et la «SX» qui offrent toutes un niveau d’équipement très relevé.<br />
Suzuki Kizashi<br />
La version SX offre ce qui est l’arme secrète de la Kizashi: la traction intégrale. Il s’agit là de la seule caractéristique de la Kizashi qui lui permette de s’illustrer sur le marché et de se forger un noyau de fidèles acheteurs.<br />
     
     
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