Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    La nouvelle vocation du Kia Sorento

    Ce véhicule n'a pas seulement été modernisé, il a été repensé en totalité et repositionné afin de mieux servir le marché actuel

    25 janvier 2010 |Pascal Boissé | Automobile
    La nouvelle mouture du Sorento propose maintenant une caisse monocoque et un moteur disposé transversalement comme dans la majorité des voitures.
    Photo: Source: Kia La nouvelle mouture du Sorento propose maintenant une caisse monocoque et un moteur disposé transversalement comme dans la majorité des voitures.
    FICHE TECHNIQUE
    • Kia Sorento 2011
    • Moteurs: I-4 2,4 litres et V6 3,5 litres
    • Puissance: 175 ch / 169 lb-pi (I-4) 276 ch / 248 lb-pi (V6)
    • Consommation: 10,5 litres/100 km (I-4)11 litres/100 km (V6)
    • 0 à 100 km/h: 10,1 (I-4) et 7,5 s (V6)
    • Échelle de prix: 23 995 $ (LX I-4 manuel traction) à 39 195 $ (EX V6 Automatique intégrale 7-places)
    Peu de constructeurs automobiles ont su profiter de la crise comme le groupe coréen Hyundai-Kia qui affiche, pour ses deux marques, une progression phénoménale des parts de marché en 2009. S'étant taillé une place au soleil au cours des deux dernières décennies en cassant les prix, la compagnie a décidé de consolider sa position sur le marché en mettant l'accent sur la qualité et le design.

    Le Sorento 2011 s'inscrit dans le plan de renouvellement complet de la gamme Kia. Le véhicule n'a pas seulement été modernisé, il a été repensé en totalité et repositionné afin de mieux servir le marché actuel. Autrefois construit comme un camion, avec son châssis à longeron et son architecture mécanique longitudinale, c'était un utilitaire un peu rustique. La nouvelle mouture du Sorento propose maintenant une caisse monocoque et un moteur disposé transversalement comme dans la majorité des voitures. Le rouage intégral qui remplace l'ancien système à quatre roues motrices n'est plus qu'optionnel, car toutes les versions du Sorento peuvent désormais être commandées avec la traction avant uniquement.

    Dans cette transformation en profondeur, les ingénieurs de la marque ont trouvé assez d'espace dans l'habitacle pour installer une troisième rangée de sièges (que seuls de jeunes enfants jugeront adéquats...) et qui est, elle aussi, offerte en option. Comme toutes ces familiales un peu hautes sur pattes que l'on qualifie pompeusement de «véhicules multisegments», le Sorento 2011 ne conserve de l'utilitaire que de faux airs d'aventurier.

    Coréen, germanique ou américain?

    L'autre grande nouveauté, c'est que ce véhicule est assemblé dans une usine ultramoderne que Kia vient d'inaugurer en novembre dernier à West Point en Géorgie, à quelques encablures de la frontière de l'Alabama. Il s'agit d'un complexe industriel impressionnant, où une courte visite m'aura permis de constater que l'obsession affichée de ce constructeur pour la qualité est beaucoup plus qu'une simple boutade. Le sud des États-Unis semble être un choix logique pour la production d'un tel véhicule, puisque c'est sur notre continent que Kia écoulera l'immense majorité de ses Sorento. Ses concurrents ont pour nom: Chevrolet Equinox, Ford Escape, Honda CR-V ou Toyota Rav4.

    Mis à part une qualité de fabrication très moyenne et des matériaux de finition frôlant l'indigence, les produits Kia du passé avaient une autre lacune grave: une identité de marque floue qui se matérialisait par un design sans conviction. On a remédié à l'affaire en embauchant Peter Schreyer, une des vedettes du bureau de style Audi pendant les années 1990. Apôtre du minimalisme formel, il a su conférer aux produits récents de Kia une identité forte qui se combine à des lignes pures et dynamiques. Cette cohérence débute par la généralisation de cette calandre, que l'on dit évoquer le museau d'un tigre, à l'ensemble de la gamme. En plus, l'intervention de Schreyer aura permis à Kia de sortir de l'ornière de l'imitation pour s'affirmer en tant qu'un des constructeurs automobiles les plus dynamiques en matière de design. L'élégance sobre du Sorento est une preuve de plus du bien-fondé de cette démarche.

    C'est en sillonnant les petites routes de campagne de sa terre natale, le sud de la Géorgie, que j'ai découvert le Sorento 2011. La grande fermeté de la direction est une surprise dès les premières secondes; il s'en dégage une impression de rigueur qui n'est pas démentie par le reste de l'habillage de l'habitacle. L'apport de Peter Schreyer est perceptible ici aussi: la qualité des matériaux est palpable et l'assemblage impeccable. Cependant, on aurait bien pris une petite dose de lyrisme latin dans cet environnement sombre, un peu impersonnel et typiquement germanique.

    Le prix de base du Kia Sorento 2011 est très alléchant: 23 995 $. Il faut savoir qu'il s'agit là d'un modèle manuel à traction avant, et à moteur 4-cylindres. On devra débourser 2600 $ de plus pour avoir droit à une boîte automatique (six rapports) et encore près de 2000 $ pour le rouage intégral. Pour ce qui est du moteur V6, disons qu'il ne bouleversera pas votre budget mensuel par sa consommation de carburant, à quelques décimales près la même que celle du 4-cylindres, mais il exigera tout de même une surprime à l'achat de deux à six mille dollars selon les versions.

    Un «4» qui râle ou un «6» qui chante?

    Le V6 affiche une belle vitalité et c'est clairement le moteur le mieux adapté à ce véhicule. Sa souplesse et sa courbe de puissance ne sont pas encore équivalentes à ce que peuvent offrir les suaves 6-cylindres de Toyota ou de Honda, mais on s'en rapproche dangereusement! Cependant, à moins d'avoir une lourde remorque à déplacer souvent, la majorité des gens sauront se contenter de la puissance et du couple réduit du 4-cylindres qui offre une performance adéquate. Malheureusement, il s'agit ici du 2,4 litres «Global» qui est le fruit d'un partenariat entre Hyundai, Mitsubishi et de ce qui s'appelait jadis DaimlerChrysler. Reconnu pour sa rugosité et sa sonorité peu engageante, c'est le même moteur que l'on retrouve sous le capot d'un Mitsubishi Outlander, d'un Jeep Compass ou d'une Dodge Caliber. Contrairement à ces derniers véhicules, qui ont aussi droit à une immonde boîte CVT, le Sorento règle plusieurs des problèmes sonores par l'emploi d'une vraie boîte automatique. Le manque de souplesse de ce moteur oblige, parfois, à lui tirer l'oreille lors d'accélération intense comme lorsqu'on accède à une autoroute, par exemple.

    À l'instar des autres véhicules de sa catégorie, le Sorento est typiquement un peu sous-vireur. Malgré la posture haute que lui confère sa garde au sol élevée, et qu'affectionnent certains automobilistes, il conserve une bonne stabilité et sait faire preuve d'aplomb sur des chaussées en mauvais état. Notons que les versions à traction avant ont la même garde au sol que les versions intégrales. Il n'y a que les pneus à basse friction qui viennent un peu gâcher la sauce. On en a affublé le Sorento afin de réduire ses chiffres de consommation. Mais, comme leur nom l'indique, ces pneus ont tendance à laisser filer le bitume entre leurs crampons lors de virages serrés pris à haute vitesse, et permettent au véhicule de chasser dangereusement vers l'extérieur de la courbe. De plus, ces pneumatiques émettent un étrange sifflement sur certains types de revêtements. Les conducteurs agressifs devront soit changer leurs habitudes, soit investir dans des pneus de bonne qualité.

    Bien que le Sorento 2011 vise les Escape, CR-V et autres Rav4, il est un autre véhicule qu'il trouvera sur son chemin: le Dodge Journey. D'un gabarit et d'une architecture très similaires, offrant la possibilité d'une troisième rangée de sièges, et partageant le même moteur 4-cylindres que le Sorento, le Journey est offert pour plusieurs milliers de dollars de moins. Et face à ce joueur qui domine les ventes canadiennes dans ce segment, le Kia devra se fier à son style et à sa qualité de construction pour se démarquer.

    ***

    Collaborateur du Devoir
    La nouvelle mouture du Sorento propose maintenant une caisse monocoque et un moteur disposé transversalement comme dans la majorité des voitures. La grande fermeté de la direction est une surprise dès les premières secondes; il s’en dégage une impression de rigueur qui n’est pas démentie par le reste de l’habillage de l’habitacle. Le Sorento 2011 ne conserve de l’utilitaire que de faux airs d’aventurier.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.