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Porsche Cayman : l'orthodoxie sportive

Philippe Laguë   18 août 2008  Automobile
La Porsche Cayman accroche l’oeil, et celui ou celle qui la conduit aura droit aux regards admiratifs et autres pouces en l’air…
La Porsche Cayman accroche l’oeil, et celui ou celle qui la conduit aura droit aux regards admiratifs et autres pouces en l’air…
Si les décapotables font le grand bonheur de beaucoup de gens, il existe un îlot de résistance, sorte de village gaulois des amateurs de la chose automobile: les puristes. Les plus purs d'entre les purs, amateurs de sportives sans concession. Pour eux, la perte de rigidité causée par l'absence du toit cause un tort irréparable à une voiture de sport. Et n'essayez pas d'argumenter en leur parlant de la Lotus Elise, de la Honda S2000 ou de la Porsche Boxster; peine perdue. Pas de toit, pas de salut... Porsche, constructeur à la fibre sportive s'il en est un, a contenté ces orthodoxes avec la Cayman.

Air de famille

La recette était simple: il suffisait de prendre une Boxster et de lui mettre un toit. Évidemment, je simplifie à l'extrême, mais, grosso modo, c'est quand même ça: on prend le châssis et les organes mécaniques d'un modèle existant et on en crée un autre. De toutes façons, la Cayman ne peut nier son affiliation avec la Boxster, tant elle lui ressemble.

Avec ou sans toit, une sportive doit posséder certaines qualités, à commencer par une ligne spectaculaire. De l'avis de plusieurs (et j'en suis), c'est franchement réussi: la Cayman accroche l'oeil, et celui ou celle qui la conduit aura droit aux regards admiratifs et autres pouces en l'air... Sur une note plus rationnelle, la Cayman a un côté pratique qui est aussi étonnant qu'apprécié: en raison de la position centrale de son moteur, elle n'a pas un, mais bien deux coffres. À l'arrière, le fond est plat, alors que le coffre avant est plus profond.

Athlète d'élite

Moteur central, roues motrices à l'arrière, telle est l'architecture idéale d'une voiture de sport. Et l'ennemi numéro 1 d'une sportive, c'est le poids. Porsche a bien compris tout ça et ces ingrédients essentiels se retrouvent dans l'architecture de la Cayman. Le rapport poids-puissance est un des meilleurs dans le rayon des sportives, avec 295 chevaux pour 1340 kg. On parle ici de la version S, mais la Cayman de base n'a pas à rougir, avec 245 chevaux. Disons que la Cayman est une athlète — ce n'est pas rien — et la Cayman S, une athlète d'élite. En pleine fiesta olympique, cette comparaison n'en est que plus pertinente (ce qui est plus étrange, c'est qu'elle vient de quelqu'un qui n'a pas regardé une seule seconde de JO jusqu'à maintenant, mais ceci est une autre histoire...).

Autre ingrédient incontournable, la sonorité unique des 6-cylindres à plat de la maison Porsche. Ce feulement rauque et métallique donnera des frissons à ceux et celles qui ont l'oreille musicale (ou mécanique? En tout cas, vous comprenez...). À part une Ferrari ou une Maserati, je ne vois rien de comparable, côté musique. Bon, d'accord, ne soyons pas snobs: le hurlement des V8 d'une Corvette ou d'une Mustang GT titille aussi l'oreille sportive. Mais c'est comme le heavy metal, ce n'est pas pour tout le monde (moi, j'aime, mais je comprends très bien ceux qui n'aiment pas).

La Cayman reprend le moteur 6-cylindres de 2,7 litres de la Boxster, mais la S a droit à une motorisation exclusive. Encore là, on a repris des éléments de la première, soit son 6-cylindres de 3,2 litres, mais on l'a réalésé, tout en augmentant la cylindrée à 3,4 litres. Résultat: une plus grande élasticité, qui se traduit notamment par une aisance accrue dans les hauts régimes. Et ça, mes amis, j'aime ça... Oh, que j'aime ça! N'ayons pas peur des mots: ce moteur est un engin fabuleux, souple comme une gymnaste chinoise et véloce comme un sprinter jamaïcain. Et quel son (hein, quoi? Je l'ai déjà dit?)!

De plus, ce moteur d'exception consomme beaucoup moins de calories que Michael Phelps: entre 11 et 12 litres aux 100 kilomètres, selon le rythme. Pour une sportive, c'est plus que raisonnable: il y a des berlines intermédiaires qui ne font pas ça.

Le panégyrique ne s'arrête pas là: les boîtes de vitesses manuelles de la Cayman (5 rapports) et de la S (6 rapports) sont parfaites, tout simplement. Ce qui se fait de mieux dans l'industrie automobile. Il faut cependant s'habituer à un embrayage très ferme, bien apprécié pour la conduite sportive, mais plus éreintant en ville. Si vous êtes pris dans un bouchon de circulation, profitez-en: c'est un très bon exercice. Vous risquez cependant d'avoir une jambe plus grosse que l'autre.

À éviter: la boîte automatique avec mode séquentiel Tiptronic, qui dénature complètement ce bolide. Les sensations sont annihilées et le moteur perd tout son caractère. Tiptronic ou pas, le plaisir est réduit de beaucoup. Si vous me permettez la comparaison, c'est un peu comme porter un condom alors qu'on s'adonne au plaisir solitaire.

Comme un gant

Imaginez un bloc de béton, un coffre-fort... Enfin, une masse d'une rigidité absolue, avec un volant et quatre roues, et qui serait d'une agilité diabolique. Imaginez que vous êtes en symbiose avec cet objet à quatre roues, qui réagit au moindre mouvement, comme un simulateur... Voilà, je l'ai: imaginez que vous êtes assis sur un siège et qu'on vous habille, littéralement, d'une carrosserie, dont vous êtes partie intégrante. La Cayman, c'est exactement ça: un vêtement moulant, l'équivalent de la combinaison Speedo de Michael Phelps. Faire corps avec une voiture; ce n'est pas un cliché, c'est exactement ce qu'on ressent lorsqu'on roule en Cayman S. Et c'est absolument délicieux, que dis-je, grisant!

La tenue de route est démentielle, pour poursuivre ce festival du superlatif. C'est encore mieux qu'une 911 Carrera, en raison d'une meilleure répartition du poids. Et encore mieux qu'une Boxster S, en raison de la rigidité accrue, d'une part, et de réglages de suspension plus fermes, d'autre part. La Cayman S reste rivée au sol, bien à plat, sans aucun mouvement de caisse, roulis ou autre. Mieux que ça, je ne vois qu'un kart!

Évidemment, cette agilité hors du commun en fait une championne du slalom et des routes en lacets; une direction ferme, rapide et ultraprécise permet d'en tirer la quintessence. Si, si, la quintessence! Et, en plus, la Cayman freine comme une Porsche, c'est-à-dire mieux que quiconque.

Si la comparaison avec un kart vous effraie, soyez tranquille: moins extrême qu'une Lotus, la Porsche propose un confort tout à fait acceptable. Évidemment, c'est sensible, et si le revêtement est en mauvais état (excusez le pléonasme), ça cogne. Mais si c'est trop dur pour vous, achetez une Buick et n'en parlons plus.

Chiche !

Si les performances et le comportement ne méritent que des éloges, ce n'est pas le cas de l'habitacle. Les constructeurs allemands sont plutôt chiches pour l'équipement de série et Porsche ne fait exception: pas de GPS, ni de radio satellite dans une voiture de ce prix, ça ne passe tout simplement pas! D'autant plus que nous sommes en 2008 et que des marques moins prestigieuses offrent désormais ce genre de gâteries sans supplément.

L'assemblage est archirigoureux et la construction, solide, dans la plus pure tradition germanique, mais la finition déçoit. Certains matériaux à l'intérieur sont indignes d'une Porsche; je pense notamment au plastique bon marché qu'on retrouve sur la planche de bord et les poignées de porte. Et, comme toujours chez ce constructeur, la sonorité de la chaîne stéréo est décevante, pour ne pas dire médiocre. Chose certaine, Bose est capable de faire mieux: chez Infiniti ou Cadillac, par exemple. Toutefois, dans une Porsche, c'est moins grave: la vraie musique, elle vient du moteur.

Sinon, rien à redire: l'aménagement et l'ergonomie ont été soigneusement étudiés, c'est l'évidence même. Le compte-tours, placé bien au centre comme il se doit dans une véritable sportive, domine le tableau de bord. La position de conduite est parfaite, encore une fois, et les commandes sont à portée de main. Certains boutons sont minuscules, cependant.

Même si la Cayman est une deux-places, l'aspect pratique n'a pas été éludé, comme en témoignent les nombreux espaces de rangement, à l'abri des regards indiscrets, en plus: coffre à gants, coffre dans la console et vide-poches avec couvercle dans les portières. Bien vu. Et comme la Porsche a été conçue par des Allemands, elle peut accueillir sans problème des personnes de grande taille à son bord.Les sièges sont irréprochables, juste assez fermes, avec un excellent maintien. On peut passer des journées entières assis dans une Porsche sans aucun problème, je peux en témoigner.

Conclusion

Le plus difficile d'une Porsche, c'est d'en sortir. Non pas à cause de la gymnastique que cela implique, mais bien parce que cette sportive crée l'accoutumance. Comme toutes les Porsche, direz-vous; vous avez raison, mais la Cayman, particulièrement dans sa livrée S, est plus électrisante que les Carrera (sacrilège, j'ai osé l'écrire!) — exception faite de la Turbo, qui évolue, il faut bien le dire, dans les hautes sphères.

La Cayman S est un petit paquet de dynamite concentrée, ultrarapide et ultra-agile, très à l'aise sur un circuit tout en étant une routière vivable. Que ceux qui croient qu'il s'agit d'une 911 édulcorée se détrompent: la Cayman S est un pur-sang, une vraie Porsche. Ajoutons qu'elle est plus fiable que ses rivales, au point d'être une des rares sportives à être recommandée par le magazine Consumer Reports.

FICHE TECHNIQUE PORSCHE CAYMAN S

Moteur : 6-cyl. 3,4 L

Puissance : 295 ch

0-100 km/h : 5,5 s

Vitesse maximale : 278 km/h

Consommation moyenne : 11 L/100 km

Échelle de prix : 63 900 $ à 75 800 $ (S)
 
 
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  • Réjean Loiseau - Abonné
    18 août 2008 15 h 12
    Hiver
    J'adorerais conduire ma Porsche comme unique voiture. Pensez-vous que bien équipée en pneus, une Cayman ou Boxter pourrait se défendre l'hiver.

    Merci

    Rej
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