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L'automobile de demain: écologique, mais anémique

Pascal Boissé   24 décembre 2007  Automobile
À l’instar de la Fiat 500 qui fait présentement un tabac en Europe, les voitures qui respecteront les nouvelles règles d’émission de gaz à effet de serre seront plus petites et moins puissantes que ce que les constructeurs nous offrent aujourd
À l’instar de la Fiat 500 qui fait présentement un tabac en Europe, les voitures qui respecteront les nouvelles règles d’émission de gaz à effet de serre seront plus petites et moins puissantes que ce que les constructeurs nous offrent aujourd
Pour les constructeurs d'automobiles, la semaine dernière fut riche en rebondissements législatifs. La présentation, tant en Europe qu'aux États-Unis, de nouveaux projets de réglementations visant l'économie de carburant et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) modifiera radicalement leurs plans de production à moyen et long termes. Bien que prévisibles, et attendues depuis longtemps, ces nouvelles règles du jeu confirment que les constructeurs devront revoir le type de véhicules qu'ils produisent, leurs modes de propulsion ainsi que leurs méthodes de fabrication, sans quoi ils se verront imposer de lourdes pénalités. L'automobile de 2020 devrait donc offrir des prestations bien différentes de celle d'aujourd'hui.

Lutte aux GES

L'Union européenne a présenté mercredi le cadre préliminaire d'une législation visant, d'ici à 2012, à ramener à 120 grammes par kilomètre les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures particulières, qui représentent 12 % des émissions de GES de l'UE. Il s'agit là d'un objectif réalisable pour les voitures compactes et sous-compactes, mais plus difficile pour les grandes berlines, et carrément hors d'atteinte pour les gros utilitaires. Par exemple, un constructeur comme PSA (Peugeot-Citroën), qui construit principalement des petites voitures mues par des moteurs 4-cylindres, affiche une moyenne globale de 138 g/km, alors que Porsche, un constructeur d'utilitaires-sport faisant aussi dans la voiture de performance, devra faire de très gros efforts puisque sa moyenne dépasse 282 g/km. Mais le règlement européen prévoit des alliances possibles entre les constructeurs, afin de diminuer le niveau des pénalités, ou la possibilité pour les producteurs de véhicules moins polluants de monnayer leurs crédits aux fabricants de véhicules émettant des niveaux excédentaires de GES.

Loin de faire l'unanimité, le projet semble déclencher une levée de bouclier de toutes parts: les écologistes dénoncent l'absence d'objectifs à long terme et les nombreuses failles permettant aux constructeurs d'éviter les pénalités, Greenpeace la décrivant comme une «proposition législative pathétique». Les Allemands, producteurs de gros véhicules propulsés par des moteurs de grosses cylindrées, s'insurgent devant ce qu'ils perçoivent comme une injustice à leur endroit, se voyant déjà forcés de subventionner les constructeurs français ou italien afin d'acheter leur droit de produire, Thomas Steg, porte-parole du gouvernement allemand, désignant même la solution proposée de «mauvaise» et de «nuisible». Aux antipodes, le premier ministre français, François Fillon, affirme «qu'une telle approche apparaît inéquitable et contraire à l'objectif écologique recherché. Elle ne respecte pas le principe pollueur-payeur et conduira à pénaliser les petites cylindrées et donc les ménages les plus modestes». L'association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), quant à elle, demande plus de temps pour mettre les mesures en place, tout en en précisant que, sans être contre le projet, elle souhaiterait «plus de flexibilité afin de faire face aux enjeux des cycles de production et du développement des produits». Les représentants de l'ACEA ont aussi dénoncé l'importance des pénalités prévues puisque, selon leurs estimations, l'industrie automobile devra dépenser environ 500 euros pour chaque tonne de CO2 émise en trop, alors que les industries chimique et sidérurgique achètent leurs crédits d'émission de CO2 20 euros la tonne.

Il est amusant de constater toutes ces réticences des constructeurs qui crient soudain au scandale, alors qu'ils mettaient leur discours écologiste à l'avant-plan lors du dernier salon automobile de Francfort et que la plupart d'entre eux avait un prototype qui émettait moins de 100 g/km en démonstration sur leur kiosque. D'ailleurs, la diminution des émissions de CO2 est assez simple à réaliser avec les technologies actuelles. En effet, moins un moteur consomme de carburant, moins il émet de CO2, puisque ces émissions résultent directement du processus de combustion — la «respiration» du moteur. On obtient donc le résultat souhaité en limitant la puissance et la vivacité du moteur (sa capacité à accélérer) par la réduction de la cylindrée ou à l'aide du contrôle électronique de l'allumage. Mais les constructeurs craignent les réactions négatives de la clientèle, désormais habituée aux excès de puissance, et qui perçoit cela comme un facteur de sécurité.

Arnold contre Bush

Pendant ce temps, la guerre fait rage aux États-Unis au sujet des nouvelles normes de édictées par le président Bush, qui visent à réduire à 35 MPG (6,7 l/100km) la moyenne corporative de consommation de carburant pour 2020. En effet, mercredi dernier, quelques heures à peine après cette annonce, l'EPA (l'agence fédérale de protection de l'environnement) refusait à l'État de Californie la dérogation demandée pour lui permettre d'établir ses propres règles en matière de réduction des GES. Stephen Johnson, le directeur de l'agence fédérale, justifie sa décision en précisant que «l'administration Bush va de l'avant avec une solution nationale claire, et non pas une mosaïque déconcertante de règles émises par les États, afin de réduire l'impact de nos véhicules sur le climat».

Devant l'immobilisme de l'administration Bush en matière de réduction des GES, la Californie avait adopté en 2004 un projet de loi forçant les constructeurs automobiles à réduire progressivement, à partir de 2009, les émissions de leurs nouveaux modèles, pour atteindre une diminution de 30 % en 2016, et ce, pour revenir à un niveau d'émissions comparable à celui de 1990. Mais, pour appliquer ces mesures, la Californie avait besoin de cette dérogation au Clean Air Act qui lui a été refusé par l'EPA. Furieux, le gouverneur de l'État, Arnold Schwarzenegger, compte maintenant s'adresser aux tribunaux pour faire annuler la décision de l'EPA qu'il qualifie de «légalement indéfendable». «Il ne fait aucun doute que nous aurons le dessus, car la loi, la science, et la demande d'action du public sont de notre côté.»

Contrairement au règlement californien, la politique du gouvernement Bush ne cible pas directement une réduction des émissions de GES, mais vise à protéger les intérêts stratégiques des États-Unis en diminuant la dépendance du pays à l'égard des importations d'hydrocarbures. Bien qu'elle évite de définir des objectifs chiffrés de réduction des GES, cette politique aurait néanmoins un effet positif, puisque les économies de carburant engendreront forcément une réduction des émissions. On peut cependant déjà prévoir que des aménagements complaisants seront trouvés pour limiter l'application de ces mesures aux secteurs du camionnage, de l'agriculture et de l'aviation civile, qui sont protégés par de puissants lobbys.

Le Québec rejoint la Californie

Représentant près de 50 % de la demande de véhicules neufs des États-Unis, une quinzaine d'États américains, principalement sur la côte ouest et en Nouvelle-Angleterre, avait déjà emboîté le pas à la Californie en adoptant son cadre législatif au sujet des GES dont l'application est présentement paralysée par la décision de l'EPA. Au sommet de Bali, en novembre, la ministre de l'Environnement du Québec, Lyne Beauchamp, avait ravi les écologistes en annonçant que le Québec se joignait au groupe, semblant ignorer que la constitution canadienne interdit formellement au Québec de légiférer à ce chapitre. D'ailleurs, il y a fort à parier que le gouvernement Harper calque dorénavant sa politique directement sur celle des Américains, c'est déjà le cas en matière de normes de sécurité automobile.

Au-delà des effets d'esbroufe de ses annonces, la candide ministre Beauchamp aurait intérêt à ressusciter le programme de contrôle technique rigoureux des véhicules de plus de cinq ans, tour à tour sabordé par les péquistes, puis totalement dilué par les libéraux de Jean Charest au cours de leur premier mandat. Faut-il le rappeler, un véhicule de plus de cinq ans d'âge risque de polluer beaucoup plus que lorsqu'il était neuf à cause de l'usure de pièces et du dérèglement des dispositifs antipollution. Sans parler des véhicules de plus de 20 ans qu'il serait prioritaire de retirer de la circulation tant ils sont polluants. En s'associant symboliquement à la Californie, sans avoir le courage politique de faire le ménage dans la flotte vieillissante de véhicules polluant qui jonche nos routes, le gouvernement du Québec cherche à obtenir des gains aussi marginaux qu'hypothétiques sur une fraction de la flotte, alors qu'il néglige les plus grosses sources de pollution provenant des véhicules routiers.

Véhicules du futur

Pour se conformer à ces nouvelles règles, les constructeurs devront concevoir des véhicules plus efficaces et plus économes en carburant, des véhicules plus petits, plus légers et moins puissants. Suivant les traces de Honda et de Toyota, General Motors planche sur des hybrides accordant une plus grande place à la propulsion électrique. Ford mise sur la turbo-compression et l'injection directe, alors qu'Audi peaufine un système très innovateur de récupération d'énergie.

La grande inconnue reste la réaction des consommateurs à ces voitures qui ne leur fourniront plus les accélérations, l'espace et le niveau de sécurité auxquels ils étaient habitués. En effet, si les voitures sont en moyenne 40 % plus lourdes aujourd'hui qu'il y a 20 ans, c'est qu'on a imposé des normes de sécurité plus strictes. La réduction de leur masse imposera l'emploi de métaux légers, tels que l'aluminium ou le magnésium, de plastiques ou de matériaux composites. Il s'agit là de matériaux plus difficilement recyclables que l'acier entrant dans la construction traditionnelle de véhicules, et qui sont de plus très coûteux. Donc, tout en étant plus chères, conséquence directe de leur construction légère, les voitures du futur ne seront pas forcément plus facilement recyclables, ni plus sécuritaires que celles d'aujourd'hui.

***

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  • Michel Simard - Abonné
    24 décembre 2007 07 h 19
    Double discours
    Que signifie ce titre ? Qu'on veut encore permettre des technologies de 200 km/h alors que les limites sont à 100-120 km/h ? Et encore une fois, les entreprises revêtent leurs pseudo-habits écologiques mais ne veulent respecter aucune norme écologique. La planète aura eu le temps de sauter 20 fois avant que les humains enlèvent leur oeillères.
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  • Gilles Baillargeon - Inscrit
    24 décembre 2007 08 h 28
    Faire payer les plus pauvres?
    Est-ce vraiment à moi, propriétaire d'un petit véhicule de 1993,que le gouvernement devrait s'attaquer? Je n'y crois pas. C'est un manque de sens commun épouvantable. Que les entreprises soient obligées à un entretien rigoureux de leurs véhicules, j'ai pas de problèmes avec ça. Mais les vieux véhicules sont plus souvent la propriété de personnes ayant peu de moyen. Ils ne faudrait pas faire payer la pollution des Mercedes, BMW, Cadillac et Hummer de ce monde par les propriétaires de petites autos usagées. Il faudrait peut-être se demander quel pollution est engendrée par la construction d'un Hummer, avant même qu'il ne roule. De plus, est-ce que 8000 km avec ma petite voiture 1993 est plus nocif pour la planète que 20000 km avec un Ford Escape V6 2006????
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  • Daniel Beaudry - Abonné
    24 décembre 2007 09 h 26
    Nous sommes tou d'accord
    .. avec l'écologie tant que cela ne change pas nos habitudes. Difficile pour un politicien de naviguer vers l'écologie avec une population qui réagit ainsi.
    Daniel Beaudry
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  • Pierre Samuel - Abonné
    24 décembre 2007 10 h 19
    Point de non-retour...
    A-t-on vraiment le choix de modifier nos habitudes lorsqu'il en va de la survie de la planète? Les véhicules de toutes sortes sont maintenant reconnus comme l'une des sources principales du réchauffement climatique et dans 50 ans les réserves mondiales de pétrole seront taries selon plusieurs chercheurs. Nos villes sont de moins en moins capables d'absorber le flot continu de toutes ces cylindrées de plus en plus performantes au-delà de toute logique acceptable. Quel est le poids du simple bon sens devant cette course effrénée et inconséquente?
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    24 décembre 2007 11 h 41
    Vive le vrai bois du Canada en bois naturel !
    C'est là que nos ingénieurs québécois vont avoir l'occasion de faire des recherches pour tenter d'inclure le bois dans les nouvelles automobiles après l'avoir essayé à la nouvelle salle d'orchestre de Montréal pour aider nos coupeurs de bois présentement en grosse difficulté.

    Le volant en bois, la caisse en bois, les sièges etc sauf le cendrier, le moteur, les vitres, le pare-brise, l'antenne-radio et le "muffleur".

    En principe, on va avoir des plus petites autos qui tirent pas trop d'essence mais qui tirent assez dans les grosses côtes même si les nord-Américains sont plus gros à l'intérieur.

    C'est comme au hockey, il y en aura pas de facile en espérant que votre arbre de Noël est aussi en bois et que vous profitez des nouveaux jouets en bois. C'est bien correct de ne pas essayer le vrai bois sur la bûche de Noël...quand même.
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  • Yvon Dionne - Inscrit
    24 décembre 2007 12 h 15
    C'est toujours le consommateur qui paie
    L'avalanche de règlements de toutes sortes venant des gouvernements ne peut qu'augmenter le coût de ce que le marché, géré par les préférences des consommateurs, pourrait faire. Qui peut mieux choisir son automobile que le consommateur lui-même ? Veut-on remplacer ce choix, ou cette liberté, par des directives venant des bureaucrates et des politiciens ?

    De plus c'est facile de dire comme les gauchistes de Jean Charest que nous voulons (ce qui est faux) imiter la Californie. Ni le Québec, ni la Californie, ne produisent d'automobiles. Québec a perdu Renault, ensuite GM.

    C'est aussi facile de le dire quand les revenus des Québécois sont inférieurs à ceux des États américains qui ont voulu mettre des normes plus sévères à la consommation de carburant pour satisfaire deux objectifs: réduire la dépendance vis-à-vis le pétrole et réduire les GES.

    Dans les deux cas, d'une part le CO2 n'est pas un problème; d'autre part, la production d'éthanol va produire des effets très négatifs, que l'on constate déjà. Sans compter que des consommateurs ont réellement besoin d'un 4 x 4, ou du VUS, ou d'une familiale.

    Les consommateurs paient déjà suffisamment par une hausse du prix du carburant et ceci va inévitablement orienter leurs choix en faveur de véhicules compacts. C'est ce que nous avons pu observer dans les années 70 : les véhicules japonais ont conquis le marché américain, parce que les grands constructeurs américains ne s'étaient pas adaptés.

    Le même phénomène se produit présentement sans qu'il soit nécessaire d'engager de nombreux fonctionnaires pour nous dire quoi faire. Les consommateurs, à leur prochain achat, vont opter pour des voitures qui prennent moins de carburant. Probablement pour voyager plus !

    Je pourrais citer d'autres effets négatifs d'une réglementation et d'ailleurs, le programme signé par le président Bush fait déjà l'unanimité contre le programme, bien qu'approuvé par des Démocrates.

    Hands Out, Big Brother !

    Yvon Dionne
    http://wwww.yvondionne.org/
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  • Pierre Véronneau - Inscrite
    24 décembre 2007 15 h 35
    Réponse à Monsieur Gilles Baillargeon
    Dans votre lettre "faire payer les plus pauvres" , vous prétendez que ce sont les plus pauvres qui vont casquer, vous avez partiellement raison et ausi extrêmement tort. Être pauvre ne donne pas systématiquement le droit de polluer tout azimut.

    Il n'y a pas de raison qu'un véhicule qui est vieux ou mal entretenu puisse cracher de dangeureuses quantités de Co2 et de Nox . Un char bien entretenu pollue moins et coûte moins cher à utiliser.

    C'est indéfendable moralement quand lorsque à St-Justine en période de smog on y voit des enfants et des vieillards suffoquer à cause de la qualité de l'air.

    Le Québec est la seule ( agglomération majeure) province/ état en amérique du nord à ne pas avoir un programme de vérification automobile !!!!!! Gênant et embarassant.....

    Il ne reste q'au Québec où l'on peut y voir de petits "boucanneux" empester l'air......

    Il y a toujours le programme Faites de l'air où vous pouvez "échanger" votre vieille casse contre 6 mois de passe d'autobus.
    La bonne nouvelle est, semblerais t'il, que madame la ministre Beauchamp soit sur le point d'enclancher le processus de mise en chantier du programme d'inspection des véhicules.

    Elle se rallierais ainsi dans la minute, le respect éternel et l'admiration sans borne non seulement des groupes comme l'AQLPA mais aussi de toute la population,
    ( Ou presque !!)
    Pierre Véronneau
    V-P
    Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    25 décembre 2007 16 h 48
    Pauvres automobilistes!
    Oui posséder une auto appauvrit! Il serait plus sage de s'en passer comme le laisse entendre monsieur Véronneau. Il pourrait, cependant, y avoir une politique pour les jeunes familles... avec trois enfants et plus!

    Claude L'Heureux, Québec
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  • Godilhaire - Abonné
    26 décembre 2007 04 h 37
    L'automobile appelle l'automobile
    Rien ne sera résolu avec une pensée du mouvement individuel qui passe seulement par l'automobile, car l'automobile appelle l'automobile.
    L'automobile est une drogue collective que l'ultra-capitalisme entretient car il y trouve un intérêt argumentaire dans le mode de société et le mode de vie de chacun, séparatiste.
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