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Jaguar XJ - Berline féline

Philippe Laguë   18 juin 2007  Automobile
Il n’y a pas de méprise possible: la XJ de septième génération ne ressemble à rien d’autre qu’une Jaguar.
Il n’y a pas de méprise possible: la XJ de septième génération ne ressemble à rien d’autre qu’une Jaguar.
Nombreux étaient ceux qui craignaient que la prise de contrôle de Jaguar par Ford, à la fin des années 90, ne dénature ces belles Anglaises. Or, c'est le contraire qui s'est produit: elles ont bénéficié des ressources financières du géant américain pour se raffiner et se moderniser comme jamais auparavant, tout en conservant leur cachet unique. Qui plus est, elles ne tombent plus en panne à chaque coin de rue. Elles ne sont pas devenues des championnes de la fiabilité pour autant, mais elles se situent désormais au même niveau que les autres berlines de luxe européennes. Au sommet de la gamme Jaguar, la berline XJ illustre bien le renouveau de cette marque.

Il n'y a pas de méprise possible: la XJ de septième génération ne ressemble à rien d'autre qu'une Jaguar. Ian Callum, le styliste en chef de la marque de Coventry, a modernisé l'aspect de la XJ sans la transformer. Elle s'inscrit dans la même lignée que ses devancières, avec sa partie avant typique, ses courbes sur le capot et ses formes arrondies. Mais toute ressemblance s'arrête là: cette grosse berline de luxe n'a jamais été aussi évoluée techniquement. Plus longue et plus large que ses devancières, elle est aussi plus légère, gracieuseté de sa structure monocoque et sa carrosserie entièrement faites d'aluminium. Ce qui la rend également plus rigide. Malgré son allure classique, la XJ est bel et bien rendue au XXIe siècle.

L'incomparable cachet d'une «Jag»

Cuirs fins, appliques de bois précieux, encore une fois, il n'y a pas d'erreur possible: nous sommes bien à bord d'une «Jag». Sauf que les irritants qui faisaient le charme (sic) de ces nobles Anglaises ont enfin été corrigés. L'ergonomie, pour sa part, a été grandement améliorée, et l'habitacle est plus fonctionnel, indiscutablement. Les espaces de rangement sont plus nombreux, et les commandes, plus intuitives. Rien à voir avec l'univers déconcertant de certaines allemandes, BMW et Mercedes en tête.

Pourtant, la Jaguar n'a rien à leur envier en matière de technologie et de sophistication, ni pour l'équipement de série. Et encore moins pour le confort, bien qu'il soit difficile de comparer, tant l'approche de Jaguar est différente de la concurrence. L'insonorisation atteint par ailleurs des sommets et elle permet de profiter pleinement de la chaîne stéréo, l'une des meilleures qui soit.

Deux V8 pour 5 versions

Côté mécanique, c'est le statu quo, et l'on ne s'en plaindra pas. Lors de la dernière refonte, il y a trois ans, on a conservé les deux V8 de la génération précédente, deux superbes moteurs dont l'onctuosité n'a d'égale que la fougue. Ils sont jumelés à une boîte automatique à 6 rapports dont la souplesse et la douceur s'harmonisent avec celles des moteurs.

Sous le capot de la XJR, rivale avouée de la BMW M5 et des berlines sport du même acabit, le V8 de 4,2 litres ne perd rien de sa douceur lorsqu'on lui greffe un compresseur Eaton. Celui-ci fait grimper la puissance à plus de 400 chevaux; son feulement rauque et le sifflement dudit compresseur annoncent la couleur. Rien de brutal, toutefois. D'ailleurs, aucune voiture ne porte aussi bien son nom que la Jaguar: la XJ se déplace tout en douceur, avec une grâce toute féline, mais elle est prête à bondir à la moindre sollicitation du pied droit sur l'accélérateur. À ce niveau de raffinement, ce n'est plus de la mécanique, mais de l'art.

En plus des XJ8 et XJR, trois autres versions figurent au catalogue: la Vanden Plas, qui est essentiellement une XJ8 plus cossue, dont l'empattement a été allongé; la XJR Portfolio, qui se différencie de la XJR par des détails cosmétiques comme les embouts d'échappement chromés et une calandre plaquée aluminium; et au sommet de l'échelle, la XJ Super V8, qui combine les caractéristiques de la Vanden Plas avec la mécanique plus musclée de la XJR.

L'équilibre

Le travail combiné de la suspension pilotée CATS et d'une monte pneumatique hors pair — de marque Pirelli — se traduit par un équilibre comme on en voit rarement entre le comportement et le confort. La douceur de roulement est particulièrement impressionnante: on croirait qu'on roule sur un parquet fraîchement ciré. La suspension à double triangulation absorbe les trous et les bosses de notre réseau routier tiers-mondiste avec désinvolture, tout en conférant à cette grosse berline une tenue de route de premier ordre.

Avec sa suspension sport et ses jantes de 20 pouces, la XJR a évidemment plus de mordant mais le confort s'en ressent. Rien de grave, quelques sautillements sur une chausse dégradée et un roulement un poil plus bruyant. Les conducteurs plus sportifs vivront facilement avec ça.

Conclusion

La XJ de septième génération serait-elle la meilleure Jaguar jamais construite? Pour l'auteur de ces lignes, amoureux avoué de la marque de Coventry depuis toujours, cela ne fait aucun doute. À tous les chapitres, la XJ tient la dragée haute à ses rivales allemandes et japonaises, tout en possédant cette classe, ce raffinement et ce charme uniques à ces nobles Anglaises. So British, indeed!

Dommage que Ford ait décidé de s'en départir, car le passage de Jaguar dans le giron du gérant américain aura été positif, indéniablement. Mais Ford lutte pour sa propre survie et il semble bien que celle-ci doive passer par la vente de ses marques européennes: après Aston Martin, qui appartient depuis peu à des capitaux koweitiens, il semble bien que ce soit le sort qui attend Jaguar, Land Rover et Volvo.

***

FICHE TECHNIQUE JAGUAR XJ

- Moteurs : V8 4,2 L

- Puissance : 300 ch (XJ8); 400 ch (XJR)

- 0 à 100 km/h : 6,6 s (XJ8); 5,3 s (XJR)

- Vitesse maximale : 250 km/h (limitée)

- Consommation : 11,9 L/100 km (XJ8); 13,2 L/100 km (XJR)

- Échelle de prix : 90 000 $ (XJ8) à 126 000 $ (XJ Super V8)

***

Collaborateur du Devoir
Il n’y a pas de méprise possible: la XJ de septième génération ne ressemble à rien d’autre qu’une Jaguar. Cuirs fins, appliques de bois précieux, encore une fois, il n’y a pas d’erreur possible: nous sommes bien à bord d’une «Jag». L’ergonomie, pour sa part, a été grandement améliorée, et l’habitacle est plus fonctionnel, indiscutablement.
 
 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    18 juin 2007 08 h 45
    Drame existentiel
    Je me suis acheté des billets de loterie dans l'espoir de partager le drame existentiel de ceux et celles qui se demandent s'ils vont rechercher la distinction sociale jusqu'à s'acheter une Jaguar XJ8 à 90 000 $ ou la XJ Super V8 à 120 000 $. Je vous en reparle.
    Roland Berger
    London, Ontario
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