Suzuki SX4: le bon filon
La grande surface vitrée de la Suzuki SX4, au demeurant fort joliment tournée, lui procure aussi une excellente visibilité.
Suzuki, réputé constructeur de motocyclettes, a réussi à se tailler une place sur le marché automobile nord-américain avec ses petits 4X4, les Samurai, Sidekick et Vitara. Au Japon, ce constructeur occupe une place enviable, derrière des géants comme Toyota, Nissan et Honda, mais devant Mitsubishi, Mazda et Subaru, avec une production annuelle dépassant les deux millions de véhicules.
En Amérique, ses voitures n’obtiennent cependant pas le même succès que ses véhicules utilitaires. Les petites Swift et leurs clones vendus sous les bannières Chevrolet et Pontiac ont bien réussi au Canada, mais elles ont été boudées chez nos voisins du sud, qui ne prisent guère les sous-compactes. Un cran plus haut, dans le segment des compactes, ce fut encore moins convaincant: l’Esteem et sa remplaçante, l’Aerio, n’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Le vent pourrait bien tourner avec la SX4, un nouveau modèle qui a fait ses débuts à l’automne.
La SX4 succède à la défunte — mais pas regrettée — Aerio, dont la carrière se terminera sous peu. Comme sa devancière, la SX4 est offerte dans des configurations bicorps (hatchback) à cinq portes et berline (quatre portes), l’arrivée de cette dernière étant prévue pour l’automne.
Petite mais pratique
Avec son hayon arrière et son rouage intégral, la SX4 joue dans le même carré de sable que les Subaru Impreza et Dodge Caliber. (On aurait pu ajouter la Toyota Matrix et sa jumelle, la Pontiac Vibe, mais les versions à traction intégrale ne sont plus offertes.) Ses dimensions inférieures la pénalisent cependant au chapitre de l’habitabilité. Plus haute que ses rivales, elle offre beaucoup de dégagement pour la tête; mais elle est aussi plus courte, ce qui se traduit par moins d’espace pour les jambes à l’arrière. L’Impreza familiale, la Caliber et la Matrix ont également un volume de chargement supérieur. Cela dit, l’aspect pratique de la SX4 n’est pas négligeable: le dossier de la banquette arrière s’incline en deux sections, tandis que la hauteur du véhicule et le hayon arrière facilitent le transport de gros objets. La grande surface vitrée de ce véhicule au demeurant fort joliment tourné lui procure aussi une excellente visibilité.
On retrouve des espaces de rangement là où il en faut (vide-poches dans les portières et la console) et les commandes sont à la fois simples, accessibles et intuitives. À l’avant, les sièges sont confortables: bien rembourrés, ils offrent également un bon soutien. La banquette arrière est correcte, sans plus; on aurait apprécié la présence d’un appuie-bras.
Si les Suzuki n’obtiennent pas le même succès que les autres petites voitures japonaises, c’est en partie à cause de leur finition. On sait que les constructeurs de ce pays ont une solide réputation dans ce domaine et les Suzuki n’étaient pas à la hauteur. À l’intérieur de la SX4, on constate un net progrès. La qualité de certains plastiques laisse encore à désirer, mais l’assemblage est rigoureux. J’ai pu conduire quatre exemplaires de la SX4, dans toutes ses déclinaisons, et chaque fois, je n’ai entendu aucun craquement ni bruit de caisse.
À ne pas confondre
La SX4 reprend la plateforme de la Swift, plateforme qu’elle partage avec son clone, la Fiat Seidici, vendue sur le marché européen. À ne pas confondre: la Swift et la Swift +. La première est une Suzuki pur jus, commercialisée partout sauf en Amérique du Nord, où on nous propose plutôt la deuxième. Or, dans les faits, la Swift + est une Daewoo Kalos. Il se trouve que GM a racheté la branche automobile du géant coréen, après une retentissante faillite. Les Chevrolet Aveo, Pontiac Wave et Suzuki Swift + sont donc des Daewoo vendues sous un autre nom chez nous, afin de faire oublier la mauvaise réputation de cette marque coréenne.
«Mais si GM a racheté Daewoo, que vient faire Suzuki là-dedans?», demanderez-vous. Simple: les deux constructeurs ont déjà collaboré par le passé, plusieurs modèles Suzuki ayant été commercialisés par GM sous différents noms (Chevrolet Sprint et Tracker, Pontiac Firefly, Geo Metro…). C’est donc en vertu d’un partenariat que Suzuki vend la Swift + au Canada. Mais cette dernière ne connaît pas un succès fulgurant et les commentaires dans la presse sont rarement flatteurs. Attendez-vous donc à voir la Swift japonaise «100 % Suzuki» débarquer chez nous sous peu, peut-être même l’automne prochain.
Je suis timide, mais je me soigne
Ces précisions faites, revenons à la SX4. En Amérique du Nord, la seule motorisation offerte est un 4-cylindres de deux litres, qui peut être jumelé à une boîte manuelle à cinq rapports ou une boîte automatique à quatre rapports. La première est fortement suggérée, parce qu’elle permet de tirer le maximum du moteur. Malgré les 143 chevaux annoncés, la puissance semble un peu juste et la boîte automatique «tue» littéralement le moteur: au chronomètre comme à l’usage, l’écart de performances est notable. Cela dit, le rendement des deux boîtes de vitesses est à l’abri des reproches.
Ce moteur est bruyant en accélération, comme quoi Suzuki n’a pas encore atteint le niveau de raffinement de Honda, Mazda ou Toyota avec ses motorisations à quatre cylindres. À vitesse de croisière, il se fait toutefois plus discret. Son appétit en carburant est raisonnable, mais il faut préciser deux choses: la première, c’est que le rouage intégral augmente la consommation d’essence et la deuxième, c’est que ladite consommation grimpe d’un autre cran lorsqu’il fait très froid. Lors de mon dernier essai, en janvier, cela oscillait entre 10 et 11 litres aux 100 kilomètres, ce qui est élevé pour une voiture de petite cylindrée.
La meilleure façon de contourner ce problème, c’est d’opter pour la version à deux roues motrices. Mais pour bien des acheteurs, le principal attrait de la SX4 réside justement dans la traction intégrale. Dans cette fourchette de prix, il n’y a que la Caliber et l’Impreza, mais la SX4 est moins chère. Qui plus est, le rouage intégral peut se désactiver. Le conducteur peut donc choisir entre deux ou quatre roues motrices et, en cas d’enlisement, il peut aussi verrouiller le différentiel.
Qualités sportives
Suzuki a choisi la SX4 pour faire son entrée dans le Championnat du monde des rallyes. Or, pour briller dans cette discipline, il faut d’abord et avant tout un bon châssis. De ce côté, c’est franchement réussi. La SX4 est à son summum sur un parcours sinueux. Son format compact la sert bien, car elle lui confère une remarquable agilité, qu’une excellente direction et un court rayon de braquage permettent d’exploiter au maximum.
La qualité du châssis se vérifie par une très bonne tenue de route, encore meilleure avec le rouage intégral en raison d’une motricité accrue. Il faut se rendre à la limite pour sentir un début de sous-virage, et le roulis est fort bien maîtrisé, dans les virages serrés comme dans les grandes courbes. La tenue de cap est elle aussi impeccable, de sorte que la SX4 se montre rassurante à conduire en toute situation. Le freinage mérite également une bonne note. Malgré une pédale un peu légère, la SX4 freine vite et bien; en situation d’urgence, elle ne pique pas du nez et garde bien sa trajectoire lorsqu’on freine brusquement.
Conclusion
Résumons: la SX4 est plus compacte que ses rivales, donc moins spacieuse. Mais elle est aussi moins chère, et ce, qu’il s’agisse des versions à deux ou quatre roues motrices. En fait, c’est la voiture à traction intégrale la moins chère à l’heure actuelle. De plus, Suzuki a considérablement raffiné ces véhicules au cours des dernières années, et la SX4 continue dans cette voie. Sinon, les Suzuki ont les mêmes qualités que les autres marques japonaises, à commencer par une fiabilité supérieure. Voilà un constructeur qu’il faudra surveiller de près au cours des prochaines années, car ses automobiles sont désormais dignes d’intérêt, pas seulement ses véhicules utilitaires.
***
FICHE TECHNIQUE SUZUKI SX4
- Moteur: 4 cyl. 2,0 L
- Puissance: 143 chevaux
- 0-100 km/h: 10 s (man.)
- Vitesse maximale: 165 km/h
- Consommation: 9,5 L/100 km
- Échelle de prix: 15 995 $ à 23 595 $
En Amérique, ses voitures n’obtiennent cependant pas le même succès que ses véhicules utilitaires. Les petites Swift et leurs clones vendus sous les bannières Chevrolet et Pontiac ont bien réussi au Canada, mais elles ont été boudées chez nos voisins du sud, qui ne prisent guère les sous-compactes. Un cran plus haut, dans le segment des compactes, ce fut encore moins convaincant: l’Esteem et sa remplaçante, l’Aerio, n’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Le vent pourrait bien tourner avec la SX4, un nouveau modèle qui a fait ses débuts à l’automne.
La SX4 succède à la défunte — mais pas regrettée — Aerio, dont la carrière se terminera sous peu. Comme sa devancière, la SX4 est offerte dans des configurations bicorps (hatchback) à cinq portes et berline (quatre portes), l’arrivée de cette dernière étant prévue pour l’automne.
Petite mais pratique
Avec son hayon arrière et son rouage intégral, la SX4 joue dans le même carré de sable que les Subaru Impreza et Dodge Caliber. (On aurait pu ajouter la Toyota Matrix et sa jumelle, la Pontiac Vibe, mais les versions à traction intégrale ne sont plus offertes.) Ses dimensions inférieures la pénalisent cependant au chapitre de l’habitabilité. Plus haute que ses rivales, elle offre beaucoup de dégagement pour la tête; mais elle est aussi plus courte, ce qui se traduit par moins d’espace pour les jambes à l’arrière. L’Impreza familiale, la Caliber et la Matrix ont également un volume de chargement supérieur. Cela dit, l’aspect pratique de la SX4 n’est pas négligeable: le dossier de la banquette arrière s’incline en deux sections, tandis que la hauteur du véhicule et le hayon arrière facilitent le transport de gros objets. La grande surface vitrée de ce véhicule au demeurant fort joliment tourné lui procure aussi une excellente visibilité.
On retrouve des espaces de rangement là où il en faut (vide-poches dans les portières et la console) et les commandes sont à la fois simples, accessibles et intuitives. À l’avant, les sièges sont confortables: bien rembourrés, ils offrent également un bon soutien. La banquette arrière est correcte, sans plus; on aurait apprécié la présence d’un appuie-bras.
Si les Suzuki n’obtiennent pas le même succès que les autres petites voitures japonaises, c’est en partie à cause de leur finition. On sait que les constructeurs de ce pays ont une solide réputation dans ce domaine et les Suzuki n’étaient pas à la hauteur. À l’intérieur de la SX4, on constate un net progrès. La qualité de certains plastiques laisse encore à désirer, mais l’assemblage est rigoureux. J’ai pu conduire quatre exemplaires de la SX4, dans toutes ses déclinaisons, et chaque fois, je n’ai entendu aucun craquement ni bruit de caisse.
À ne pas confondre
La SX4 reprend la plateforme de la Swift, plateforme qu’elle partage avec son clone, la Fiat Seidici, vendue sur le marché européen. À ne pas confondre: la Swift et la Swift +. La première est une Suzuki pur jus, commercialisée partout sauf en Amérique du Nord, où on nous propose plutôt la deuxième. Or, dans les faits, la Swift + est une Daewoo Kalos. Il se trouve que GM a racheté la branche automobile du géant coréen, après une retentissante faillite. Les Chevrolet Aveo, Pontiac Wave et Suzuki Swift + sont donc des Daewoo vendues sous un autre nom chez nous, afin de faire oublier la mauvaise réputation de cette marque coréenne.
«Mais si GM a racheté Daewoo, que vient faire Suzuki là-dedans?», demanderez-vous. Simple: les deux constructeurs ont déjà collaboré par le passé, plusieurs modèles Suzuki ayant été commercialisés par GM sous différents noms (Chevrolet Sprint et Tracker, Pontiac Firefly, Geo Metro…). C’est donc en vertu d’un partenariat que Suzuki vend la Swift + au Canada. Mais cette dernière ne connaît pas un succès fulgurant et les commentaires dans la presse sont rarement flatteurs. Attendez-vous donc à voir la Swift japonaise «100 % Suzuki» débarquer chez nous sous peu, peut-être même l’automne prochain.
Je suis timide, mais je me soigne
Ces précisions faites, revenons à la SX4. En Amérique du Nord, la seule motorisation offerte est un 4-cylindres de deux litres, qui peut être jumelé à une boîte manuelle à cinq rapports ou une boîte automatique à quatre rapports. La première est fortement suggérée, parce qu’elle permet de tirer le maximum du moteur. Malgré les 143 chevaux annoncés, la puissance semble un peu juste et la boîte automatique «tue» littéralement le moteur: au chronomètre comme à l’usage, l’écart de performances est notable. Cela dit, le rendement des deux boîtes de vitesses est à l’abri des reproches.
Ce moteur est bruyant en accélération, comme quoi Suzuki n’a pas encore atteint le niveau de raffinement de Honda, Mazda ou Toyota avec ses motorisations à quatre cylindres. À vitesse de croisière, il se fait toutefois plus discret. Son appétit en carburant est raisonnable, mais il faut préciser deux choses: la première, c’est que le rouage intégral augmente la consommation d’essence et la deuxième, c’est que ladite consommation grimpe d’un autre cran lorsqu’il fait très froid. Lors de mon dernier essai, en janvier, cela oscillait entre 10 et 11 litres aux 100 kilomètres, ce qui est élevé pour une voiture de petite cylindrée.
La meilleure façon de contourner ce problème, c’est d’opter pour la version à deux roues motrices. Mais pour bien des acheteurs, le principal attrait de la SX4 réside justement dans la traction intégrale. Dans cette fourchette de prix, il n’y a que la Caliber et l’Impreza, mais la SX4 est moins chère. Qui plus est, le rouage intégral peut se désactiver. Le conducteur peut donc choisir entre deux ou quatre roues motrices et, en cas d’enlisement, il peut aussi verrouiller le différentiel.
Qualités sportives
Suzuki a choisi la SX4 pour faire son entrée dans le Championnat du monde des rallyes. Or, pour briller dans cette discipline, il faut d’abord et avant tout un bon châssis. De ce côté, c’est franchement réussi. La SX4 est à son summum sur un parcours sinueux. Son format compact la sert bien, car elle lui confère une remarquable agilité, qu’une excellente direction et un court rayon de braquage permettent d’exploiter au maximum.
La qualité du châssis se vérifie par une très bonne tenue de route, encore meilleure avec le rouage intégral en raison d’une motricité accrue. Il faut se rendre à la limite pour sentir un début de sous-virage, et le roulis est fort bien maîtrisé, dans les virages serrés comme dans les grandes courbes. La tenue de cap est elle aussi impeccable, de sorte que la SX4 se montre rassurante à conduire en toute situation. Le freinage mérite également une bonne note. Malgré une pédale un peu légère, la SX4 freine vite et bien; en situation d’urgence, elle ne pique pas du nez et garde bien sa trajectoire lorsqu’on freine brusquement.
Conclusion
Résumons: la SX4 est plus compacte que ses rivales, donc moins spacieuse. Mais elle est aussi moins chère, et ce, qu’il s’agisse des versions à deux ou quatre roues motrices. En fait, c’est la voiture à traction intégrale la moins chère à l’heure actuelle. De plus, Suzuki a considérablement raffiné ces véhicules au cours des dernières années, et la SX4 continue dans cette voie. Sinon, les Suzuki ont les mêmes qualités que les autres marques japonaises, à commencer par une fiabilité supérieure. Voilà un constructeur qu’il faudra surveiller de près au cours des prochaines années, car ses automobiles sont désormais dignes d’intérêt, pas seulement ses véhicules utilitaires.
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FICHE TECHNIQUE SUZUKI SX4
- Moteur: 4 cyl. 2,0 L
- Puissance: 143 chevaux
- 0-100 km/h: 10 s (man.)
- Vitesse maximale: 165 km/h
- Consommation: 9,5 L/100 km
- Échelle de prix: 15 995 $ à 23 595 $
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