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L'industrie forestière canadienne ne peut pas aller plus mal en 2006

Les pertes d'emploi se chiffreraient à 10 000 pour 2005 seulement

28 décembre 2005  Actualités économiques
Dans l'industrie forestière canadienne, peu de gens croient que 2006 sera l'année de la reprise. Ou plutôt, certains le croient parce qu'à leurs yeux, la situation ne peut plus empirer.

D'un bout à l'autre du pays, des scieries de même que des usines de pâtes et papiers ont fermé leurs portes temporairement ou définitivement au cours des derniers mois, ce qui a entraîné des milliers de licenciements.

Selon un représentant du Syndicat des communications de l'énergie et du papier du Canada, les pertes d'emploi dans l'industrie se chiffreraient à 10 000 pour 2005 seulement. Dans toutes les provinces, les compagnies sont éprouvées. Elles doivent en effet toutes composer avec un dollar canadien plus fort, une demande en baisse, et les droits compensateurs imposés par les États-Unis.

Elles doivent aussi s'habituer à la concurrence de plus en plus vive des producteurs de pays d'Asie et d'Amérique du Sud, où les arbres poussent plus vite et où la main-d'oeuvre est moins chère.

La situation est peut-être plus difficile au Québec qu'ailleurs en raison de la réduction de 20 % de la capacité décrétée par le gouvernement dans l'espoir de donner un coup de pouce à la forêt boréale malmenée par des décennies de surexploitation.

Selon les analystes, le bois coûte plus cher ici que partout ailleurs au monde à cause des frais, des grandes distances à parcourir et de la taille des arbres. Cette année, 3800 postes ont été supprimés dans la province.

Il y a eu beaucoup de réductions d'effectifs en Ontario aussi. Les sociétés qui y sont installées se plaignent entre autres de la hausse constante des tarifs d'électricité.

Les Maritimes ont été frappées de plein fouet par la fermeture d'usines d'Abitibi à Terre-Neuve-et-Labrador tandis que la Saskatchewan a dû composer avec l'annonce de la cessation prochaine des activités à l'établissement de Weyerhaeuser à Prince-Albert.

Seule la Colombie-Britannique semble avoir réussi à tenir le coup parce que son secteur forestier est plus efficace et parce qu'une importante consolidation a été faite, avec l'accord du gouvernement provincial.

Selon la firme PricewaterhouseCoopers, les profits totaux de l'industrie canadienne des pâtes et papiers n'ont totalisé que 71 millions au troisième trimestre, comparativement à 883 millions à la période correspondante en 2004.

Selon l'économiste en chef du Conseil des produits des pâtes et papiers (CPPP), Paul Leclair, plusieurs facteurs nuisent à l'industrie et une éclaircie est peu probable à court terme. «Je serais très surpris de voir des profits», a-t-il indiqué à la Presse canadienne.

Son confrère Louis Thériault, qui a réalisé une étude pour le Conference Board du Canada, est un peu plus optimiste à moyen terme. Pour l'instant, «nous sommes en plein désastre. Il y a de la surcapacité partout en Amérique du Nord».

Selon lui, les efforts de réorganisation des derniers mois devraient toutefois commencer à donner les résultats escomptés, à condition que le dollar se stabilise aux environs de 0,81 $US. «Ce sera mieux en 2006, mais on sera tout de même loin du Klondike», dit-il.

Et si l'on en croit les experts, toutes les provinces ne bénéficieront pas de la reprise tant attendue. D'après Michel Vincent, du Conseil québécois de l'industrie forestière, d'autres fermetures d'usine sont inévitables.

À son avis, le gouvernement devra modifier la loi pour faciliter la création de grands établissements efficaces. Il faudrait entre autres modifier les règles liant l'octroi de contrats d'aménagement et d'approvisionnement forestier (CAAF) et l'exploitation de certaines scieries.

Ces règles visent à protéger les communautés mono-industrielles. Mais selon M. Vincent, la crise actuelle est tellement grave qu'on ne peut se permettre de les reconduire.
 
 
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