L'aéronautique cherche de la main-d'oeuvre
22 décembre 2005
Actualités économiques
Une usine d’assemblage de Bombardier. D’après une étude réalisée par le CAMAQ, il faudra pourvoir d’ici un an 3666 postes chez les grands maîtres d’oeuvre et équipementiers mais aussi dans les centaines de PME de l’industrie aéronautique
Il manque tellement de travailleurs qualifiés dans le domaine de l'aéronautique au Québec que le démarrage du projet de série C de Bombardier pourrait s'avérer problématique, ont soutenu hier des membres du Comité sectoriel de la main-d'oeuvre en aérospatiale (CAMAQ).
D'après une étude réalisée par l'organisme, il faudra pourvoir d'ici un an 3666 postes chez les grands maîtres d'oeuvre et équipementiers mais aussi dans les centaines de PME de l'industrie. Quelque 1900 de ces emplois sont déjà disponibles et ne trouvent pas preneurs, a insisté le directeur général, Serge Tremblay.
De l'avis de plusieurs entrepreneurs réunis à Montréal hier, le début de la production d'un nouvel appareil chez Bombardier viendrait compliquer la situation pour les plus petits sous-traitants qui n'ont pas les moyens de verser les mêmes salaires qu'une multinationale. Le projet, qui est toujours à l'étude, devrait entraîner la création de quelque 5000 emplois en quelques années. «On souhaite évidemment que ça débloque, mais ça va nous donner des maux de tête», a résumé le vice-président au développement des affaires de Mécachrome Canada, Gilles Demers.
Parmi les travailleurs les plus recherchés par les entreprises figurent les machinistes et monteurs, les techniciens, mécaniciens d'aéronefs et concepteurs-dessinateurs, de même que les ingénieurs en aérospatiale, en production automatisée et en génie électrique, entre autres. «On parle d'emplois très bien rémunérés», a insisté M. Tremblay. Selon lui, un monteur possédant un diplôme d'études professionnelles (DEP) et environ quatre ans d'expérience peut gagner jusqu'à 60 000 $ par an.
Mais même à ce tarif, les candidats sont rares. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les gens semblent croire que l'industrie vivote. Résultat: les établissements spécialisés qui tournaient à plein régime il y a cinq ans sont aujourd'hui à peu près vides. L'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM) ne compte actuellement que 400 étudiants, comparativement à 1200 en 2000. Selon sa directrice, chaque finissant s'est fait offrir trois emplois l'automne dernier.
Certaines entreprises, comme Les Industries aéronautiques Symphony, de Trois-Rivières, ont pris les choses en main et entrepris de former elles-mêmes leur main-d'oeuvre avec l'aide d'Emploi-Québec. La vice-présidente Administration, Martine Filiatreault, explique qu'elle a dû convaincre d'anciens mécaniciens d'automobile ou des électriciens d'apprendre les rudiments de l'aérospatiale.
Ailleurs, la pénurie est tellement grande que des compagnies se plaignent de devoir dire non à leurs clients. C'est le cas de Tecnickrome, une PME de l'est de Montréal qui fait la finition de composantes d'avions. «Nous en sommes à refuser des contrats qui vont aller aux États-Unis et ailleurs et que nous aurons du mal à aller rechercher», a souligné le président, Claude Gagliardi, lors d'un point de presse.
Même son de cloche chez Aero Mecachrome où le p.-d.g., Michel St-Denis, déplore la mauvaise perception qu'ont les gens de l'aérospatiale. «C'est dommage qu'on mesure la santé de l'industrie en ne se fiant qu'à Bombardier», a-t-il confié.
Après avoir atteint le creux qui a suivi les attentats terroristes du 11 septembre, l'industrie a en effet repris sa croissance et emploie désormais plus de personnes que jamais au Québec. Selon le CAMAQ, l'industrie compte 42 509 employés, ce qui représente un travailleur québécois sur 20.
D'après une étude réalisée par l'organisme, il faudra pourvoir d'ici un an 3666 postes chez les grands maîtres d'oeuvre et équipementiers mais aussi dans les centaines de PME de l'industrie. Quelque 1900 de ces emplois sont déjà disponibles et ne trouvent pas preneurs, a insisté le directeur général, Serge Tremblay.
De l'avis de plusieurs entrepreneurs réunis à Montréal hier, le début de la production d'un nouvel appareil chez Bombardier viendrait compliquer la situation pour les plus petits sous-traitants qui n'ont pas les moyens de verser les mêmes salaires qu'une multinationale. Le projet, qui est toujours à l'étude, devrait entraîner la création de quelque 5000 emplois en quelques années. «On souhaite évidemment que ça débloque, mais ça va nous donner des maux de tête», a résumé le vice-président au développement des affaires de Mécachrome Canada, Gilles Demers.
Parmi les travailleurs les plus recherchés par les entreprises figurent les machinistes et monteurs, les techniciens, mécaniciens d'aéronefs et concepteurs-dessinateurs, de même que les ingénieurs en aérospatiale, en production automatisée et en génie électrique, entre autres. «On parle d'emplois très bien rémunérés», a insisté M. Tremblay. Selon lui, un monteur possédant un diplôme d'études professionnelles (DEP) et environ quatre ans d'expérience peut gagner jusqu'à 60 000 $ par an.
Mais même à ce tarif, les candidats sont rares. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les gens semblent croire que l'industrie vivote. Résultat: les établissements spécialisés qui tournaient à plein régime il y a cinq ans sont aujourd'hui à peu près vides. L'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM) ne compte actuellement que 400 étudiants, comparativement à 1200 en 2000. Selon sa directrice, chaque finissant s'est fait offrir trois emplois l'automne dernier.
Certaines entreprises, comme Les Industries aéronautiques Symphony, de Trois-Rivières, ont pris les choses en main et entrepris de former elles-mêmes leur main-d'oeuvre avec l'aide d'Emploi-Québec. La vice-présidente Administration, Martine Filiatreault, explique qu'elle a dû convaincre d'anciens mécaniciens d'automobile ou des électriciens d'apprendre les rudiments de l'aérospatiale.
Ailleurs, la pénurie est tellement grande que des compagnies se plaignent de devoir dire non à leurs clients. C'est le cas de Tecnickrome, une PME de l'est de Montréal qui fait la finition de composantes d'avions. «Nous en sommes à refuser des contrats qui vont aller aux États-Unis et ailleurs et que nous aurons du mal à aller rechercher», a souligné le président, Claude Gagliardi, lors d'un point de presse.
Même son de cloche chez Aero Mecachrome où le p.-d.g., Michel St-Denis, déplore la mauvaise perception qu'ont les gens de l'aérospatiale. «C'est dommage qu'on mesure la santé de l'industrie en ne se fiant qu'à Bombardier», a-t-il confié.
Après avoir atteint le creux qui a suivi les attentats terroristes du 11 septembre, l'industrie a en effet repris sa croissance et emploie désormais plus de personnes que jamais au Québec. Selon le CAMAQ, l'industrie compte 42 509 employés, ce qui représente un travailleur québécois sur 20.
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