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Merck supprime 7000 emplois

L'usine de Kirkland ferme, 235 emplois sont perdus au Canada

29 novembre 2005  Actualités économiques
Les installations de Merck au New Jersey. L’entreprise a fait savoir qu’elle entendait mettre à pied 7000 employés et fermer ou vendre cinq de ses 31 établissements dans l’espoir d’économiser environ quatre milliards $US par an d’ici 2010.
Photo : Agence Reuters
Les installations de Merck au New Jersey. L’entreprise a fait savoir qu’elle entendait mettre à pied 7000 employés et fermer ou vendre cinq de ses 31 établissements dans l’espoir d’économiser environ quatre milliards $US par an d’ici 2010.
L'entreprise pharmaceutique Merck cesse ses activités de fabrication au Canada, ce qui entraînera la mise à pied de 235 personnes, la plupart à ses installations de Kirkland, dans l'ouest de l'île de Montréal. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un vaste plan de restructuration international annoncé hier, avant l'ouverture des marchés, par le p.-d.g. de l'entreprise américaine, Richard Clark.

Merck, durement éprouvée depuis le retrait volontaire de son anti-inflammatoire Vioxx, a déclaré qu'elle entendait mettre à pied 7000 employés et fermer ou vendre cinq de ses 31 installations afin d'économiser environ quatre milliards $US par an d'ici 2010. Les licenciements devraient avoir lieu d'ici 2008, à mesure que Merck revoit sa chaîne d'approvisionnement et confie la production de certains médicaments à des sous-traitants.

Merck Frosst, sa filiale canadienne qui compte actuellement 1812 employés à travers le pays, licenciera 235 travailleurs non syndiqués affectés à la fabrication de médicaments et à d'autres tâches, a déclaré la porte-parole de l'entreprise, Marlène Gauthier. La majorité, au siège social de Kirkland, seront mis à pied d'ici la fin de l'année 2005, a-t-elle précisé.

Merck Frosst mettra ainsi un terme à sa production de médicaments au Canada. Le Prinivil, le Prinzide, le Vasotec, le Vasoretic et le Mevacor, des médicaments traitant l'hypertension et les maladies cardiaques, étaient fabriqués à Kirkland, a affirmé Mme Gauthier. Il n'est pas question pour l'instant de confier cette production à des sous-traitants au Québec, a-t-elle indiqué.

L'entreprise conservera un peu plus de 1000 personnes dans l'ouest de Montréal, dont 300 chercheurs travaillant dans ses laboratoires de recherche et développement. Elle maintiendra aussi ses activités de mise en marché et d'éducation médicale à Kirkland.

Certains des 235 licenciements annoncés hier seront aussi effectués dans les bureaux dont dispose Merck Frosst à Vancouver, Edmonton, Toronto et Ottawa, a dit Mme Gauthier.

L'objectif de la restructuration est d'améliorer la compétitivité de Merck, qui est passée ces dernières années du troisième au cinquième rang au classement mondial des sociétés pharmaceutiques.

Le titre de Merck, qui a perdu la moitié de sa valeur depuis le retrait du Vioxx, a enregistré un recul d'environ 60 % au cours des cinq dernières années.

«Les mesures que nous annonçons aujourd'hui constituent la première étape du repositionnement de Merck afin d'affronter les défis actuels et à venir», a déclaré hier le p.-d.g. Richard Clark, lors d'une conférence téléphonique à Trenton, au New Jersey. «Nous croyons qu'elles gonfleront notre bénéfice par action et augmenteront la valeur pour nos actionnaires.»

L'essentiel des mises à pied annoncées hier devrait toucher les États-Unis, où travaillent plus de la moitié des quelque 63 000 employés de Merck.

Cette annonce survient à la veille de l'ouverture, à Houston, au Texas, du premier procès fédéral lié à l'utilisation Vioxx qui, selon la poursuite, aurait entraîné le décès d'un Américain de 53 ans. D'après les analystes, Merck pourrait faire face à des poursuites totalisant 50 milliards $US.
 
 
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