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    Portrait - La bosse de l'entrepreneurship

    Bernard Poulin est à la tête du Groupe S.M., qui compte 600 employés, totalise des revenus de 100 millions et rayonne dans plus de 20 pays. Âgé de 54 ans, M. Poulin est convaincu qu’il vaut mieux travailler le plus longtemps possible, mais en s’
    Photo: Jacques Grenier Bernard Poulin est à la tête du Groupe S.M., qui compte 600 employés, totalise des revenus de 100 millions et rayonne dans plus de 20 pays. Âgé de 54 ans, M. Poulin est convaincu qu’il vaut mieux travailler le plus longtemps possible, mais en s’
    «Si tu as l'esprit d'entrepreneur, tu es entrepreneur», laisse échapper au fil de la conversation Bernard Poulin, comme si cela était tout aussi naturel que respirer ou marcher. Venant de lui, ce ne sont pas des paroles en l'air. Il n'avait pas terminé son cours d'ingénieur à l'Université de Sherbrooke qu'il avait déjà mis sur pied un laboratoire de sols et matériaux, point de départ de ce qui est devenu le Groupe S.M., qui compte aujourd'hui 600 employés, totalise des revenus de 100 millions et rayonne dans plus de 20 pays.

    Comme étudiant en génie, il a eu à faire des stages dans le cadre de travaux de construction d'autoroute. C'est là que l'idée d'un laboratoire de sols et matériaux a germé. Il a vu un besoin à combler. Ce sens de la débrouillardise, il l'a hérité sans doute de son père, natif d'une famille de 16 enfants en Beauce, qui fut d'abord bûcheron avant d'apprendre le métier de barbier et de se présenter ensuite au Séminaire de Sherbrooke pour y offrir ses services comme coiffeur en échange d'y faire son cours classique, après quoi il est devenu avocat, en plus de suivre des cours en science politique. Fils unique, Bernard Poulin a suivi très jeune son père dans les milieux qu'il fréquentait et a connu au moins un premier ministre.

    «Cela m'a permis de démystifier le monde politique», confie Bernard Poulin, qui très tôt a été attiré par les grands travaux, les barrages, d'où son inscription en génie. À 22 ans, il avait obtenu son baccalauréat. Par la suite, avec des cours à temps partiel, il a fait une maîtrise avec une spécialité en organisation du travail. Puis il a fait un stage à la Harvard University Graduate School of Business Administration où, pour être admis, il fallait avoir déjà fondé son entreprise. Il s'est enfin initié à la gestion des affaires internationales à l'université George Washington. Cette fréquentation de grandes institutions américaines lui a permis de développer très tôt un réseau de contacts à l'étranger qu'il n'a jamais cessé de cultiver.

    Le Québec est toutefois demeuré jusqu'à maintenant sa principale base d'affaires. Aujourd'hui, 50 % des revenus du Groupe S.M. proviennent d'activités québécoises. Après Sherbrooke en 1972, M. Poulin ouvrait un laboratoire à Longueuil en 1974 et commençait à frapper à la porte d'Hydro-Québec, qui lui accorda en 1976 un contrat pour un projet de route au poste Menisko à la baie James. «Il s'agissait de déterminer quels sols il fallait prendre pour construire la route et de trouver où prendre ces sols. Nous devions veiller aussi à la conformité d'usage et nous avons eu le mandat de surveillance du projet. Nous avons fait économiser plusieurs millions à Hydro», raconte l'entrepreneur, qui a obtenu par la suite divers autres mandats à la baie James, en précisant que tout cela s'est fait sans intervention politique. «Je cognais, cognais à la porte d'Hydro, qui a fini par nous accorder des mandats seulement pour combler ses besoins.»

    Plusieurs fronts

    Pendant les années 1980, M. Poulin a d'ailleurs été actif sur plusieurs fronts. Il a ouvert un service d'environnement qui s'est intéressé d'abord à la qualité de l'eau, puis ensuite à la durée de vie des cosmétiques et à la salubrité dans les processus de fabrication des aliments. Il a fait aussi des acquisitions, dont Pelletier Engineering, qui avait des contrats à la baie James et des mandats au Vietnam et au Sri Lanka. «Nous avons acquis alors des cheveux gris pour travailler avec nous», dit-il.

    En 2005, le Groupe S.M. International se définit comme un réseau pluridisciplinaire de firmes spécialisées. La moitié de ses revenus proviennent d'honoraires et le reste est généré par les profits de filiales. Il y a toujours les activités traditionnelles de génie-conseil dans les infrastructures municipales, les ponts, les routes et les viaducs, les structures mécaniques et électriques des bâtiments, les automatismes et contrôles dans le domaine électrique et de haute tension.

    Il y a une division pour l'environnement avec les plans directeurs environnementaux et en particulier sur les études d'aménagement de barrages en sols et non pas en béton; il y a les plans d'urbanisme et d'autres plans très techniques, par exemple sur le choix des endroits où l'on devrait installer les usines de traitement des eaux dans la région de Guilin en Chine, ou encore des études sur la baie de Rio.

    Dans les activités non traditionnelles, le Groupe S. M. s'intéresse notamment à l'implantation de nouvelles technologies dans le secteur des communications sans fil. Il a fait des efforts importants en recherche et développement pour trouver des solutions au purin de porc; il a fondé du reste une entreprise, Bio-Terre Systèmes, qui a pour mission le traitement et la commercialisation de produits découlant de «la digestion du lisier», comme un bio-gaz très riche en méthane. Le procédé a aussi pour effet de chasser les odeurs et de récupérer le phosphore. On est en train d'installer cette technologie sur deux importantes fermes porcines au Québec et une autre à Winnipeg en vue d'une commercialisation. Cette technologie bénéficie déjà de la prime verte du ministère de l'Agriculture. À l'une des fermes québécoises à Saint-Odilon, on installe aussi une micro-turbine qui pourra fonctionner au méthane provenant du purin.

    Par ailleurs, les actes terroristes de septembre 2001 ont donné l'idée à M. Poulin de s'intéresser très sérieusement à ce qu'il appelle la sécurité du territoire. Il pense à la mise en place de systèmes de détection et de caméras très sophistiquées. Âgé de 54 ans, M. Poulin, qui a déjà eu une maison en Floride, confie y avoir vu «des retraités malheureux», ce qui l'a convaincu qu'il valait mieux travailler le plus longtemps possible, mais en s'intéressant à des projets novateurs. Sans trop donner d'indications sur les idées d'avenir qu'il mijote, il rappelle d'abord que «les ingénieurs sont les bonnes personnes pour faire aboutir des projets». Il propose donc de puiser dans les hautes technologies pour innover dans le domaine du génie civil. Un exemple? Des censeurs qu'on installerait dans les sols pour surveiller l'environnement.

    M. Poulin est actionnaire majoritaire du Groupe S.M. et il n'y a qu'un seul autre actionnaire, Gérard Laganière, un collaborateur qui est là depuis les premières années. Le groupe compte sept bureaux au Québec et vient d'en ouvrir un en Europe, au Luxembourg, pour se rapprocher de fournisseurs français, allemands et anglais. Au Québec, il y a présentement une dizaine de firmes de génie-conseil qui font de la consolidation et le Groupe S.M. en fait partie. M. Poulin affirme que sa compagnie n'a pas besoin de devenir publique pour aller chercher des capitaux et que la fusion n'est pas indispensable. Il mise plutôt sur la formation de consortiums pour participer à des projets spécifiques de grande envergure.












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