La capitale américaine du chocolat respire - Hershey restera indépendant
La fondation qui est actionnaire majoritaire de l'usine renonce à céder ses parts à une multinationale
19 septembre 2002
Actualités économiques
Washington — Hershey, la capitale américaine du chocolat, respire: le premier chocolatier des États-Unis, qui fait vivre depuis un siècle cette petite ville de la Pennsylvanie, ne sera pas vendu à une multinationale.
Les chocolats Hershey ont annoncé, dans la nuit de mardi à hier, que la fondation qui est leur actionnaire majoritaire renonçait à céder ses parts, au grand soulagement des 20 000 habitants de la bourgade d'Hershey, qui redoutaient de perdre leur usine ou au moins de connaître une vague de licenciements. Dans un communiqué laconique de quelques lignes, la société Hershey Foods a indiqué que le conseil d'administration de la fondation Hershey Trust Company avait décidé de «mettre un terme au processus de vente» ouvert en juillet dernier, sans donner la moindre explication.
Au moins quatre multinationales étaient sur les rangs afin d'acheter, pour plus de dix milliards de dollars, Hershey: le suisse Nestlé, le britannique Cadbury-Schweppes ainsi que les géants américains Kraft Foods et Wrigley.
Hershey Foods domine largement le marché du chocolat aux États-Unis avec une part de 43 %, devant Mars (27 %) et Nestlé (12 %). Le groupe emploie 14 000 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de 4,5 milliards de dollars.
Enfance défavorisée
La fondation Hershey, qui détient 31 % du capital d'Hershey Foods et 77 % des droits de vote, voulait vendre sa participation pour financer ses activités d'aide à l'enfance défavorisée. Elle gère notamment une école où sont accueillis gratuitement un millier d'enfants en difficulté.
Même si le but de l'opération était louable, l'annonce de cette vente avait provoqué une levée de boucliers au sein de la population d'Hershey, localité qui doit jusqu'à son nom au chocolatier, mais aussi parmi les cadres de l'entreprise et la classe politique locale. Le procureur de la Pennsylvanie, Mike Fisher, qui brigue le poste de gouverneur de cet État aux élections de novembre prochain, avait fait du maintien de l'indépendance d'Hershey son principal argument de campagne. Il avait récemment obtenu que la justice bloque temporairement la vente dans l'attente d'études sur son impact, notamment social.
Les habitants d'Hershey s'étaient également fortement mobilisés. Sur la plupart des pelouses entourant les maisons de la localité, des pancartes appellent depuis des semaines à «faire échouer la vente».
«Même en cherchant bien, je ne sais pas si on trouverait en ville cinq personnes pensant que [la vente] est une bonne idée», expliquait récemment Kathleen Lewis, présidente de la société historique locale. Cette société vient de fêter le 145e anniversaire de la naissance de Milton Hershey, fondateur des chocolats Hershey comme de la ville.
Patron paternaliste
Ce patron autocrate avait lui-même dressé les plans de la bourgade, donnant aux rues des noms comme Chocolate Avenue — dont les réverbères sont aujourd'hui tous en forme de Hershey's Kisses (les «baisers d'Hershey»), l'une des friandises les plus prisées des Américains — ou des lieux de production de cacao (Bahia, Caracas, Para... ).
La population locale se souvient aussi et surtout du caractère «social» ou paternaliste de Milton Hershey. Fortuné et sans enfant, il vendait à ses employés des maisons à des prix avantageux, offrait des églises aux différentes congrégations religieuses et construisait des écoles, un réseau de tramway permettant d'aller à l'usine, un théâtre ou des terrains de sport.
Les chocolats Hershey ont annoncé, dans la nuit de mardi à hier, que la fondation qui est leur actionnaire majoritaire renonçait à céder ses parts, au grand soulagement des 20 000 habitants de la bourgade d'Hershey, qui redoutaient de perdre leur usine ou au moins de connaître une vague de licenciements. Dans un communiqué laconique de quelques lignes, la société Hershey Foods a indiqué que le conseil d'administration de la fondation Hershey Trust Company avait décidé de «mettre un terme au processus de vente» ouvert en juillet dernier, sans donner la moindre explication.
Au moins quatre multinationales étaient sur les rangs afin d'acheter, pour plus de dix milliards de dollars, Hershey: le suisse Nestlé, le britannique Cadbury-Schweppes ainsi que les géants américains Kraft Foods et Wrigley.
Hershey Foods domine largement le marché du chocolat aux États-Unis avec une part de 43 %, devant Mars (27 %) et Nestlé (12 %). Le groupe emploie 14 000 salariés et réalise un chiffre d'affaires annuel de 4,5 milliards de dollars.
Enfance défavorisée
La fondation Hershey, qui détient 31 % du capital d'Hershey Foods et 77 % des droits de vote, voulait vendre sa participation pour financer ses activités d'aide à l'enfance défavorisée. Elle gère notamment une école où sont accueillis gratuitement un millier d'enfants en difficulté.
Même si le but de l'opération était louable, l'annonce de cette vente avait provoqué une levée de boucliers au sein de la population d'Hershey, localité qui doit jusqu'à son nom au chocolatier, mais aussi parmi les cadres de l'entreprise et la classe politique locale. Le procureur de la Pennsylvanie, Mike Fisher, qui brigue le poste de gouverneur de cet État aux élections de novembre prochain, avait fait du maintien de l'indépendance d'Hershey son principal argument de campagne. Il avait récemment obtenu que la justice bloque temporairement la vente dans l'attente d'études sur son impact, notamment social.
Les habitants d'Hershey s'étaient également fortement mobilisés. Sur la plupart des pelouses entourant les maisons de la localité, des pancartes appellent depuis des semaines à «faire échouer la vente».
«Même en cherchant bien, je ne sais pas si on trouverait en ville cinq personnes pensant que [la vente] est une bonne idée», expliquait récemment Kathleen Lewis, présidente de la société historique locale. Cette société vient de fêter le 145e anniversaire de la naissance de Milton Hershey, fondateur des chocolats Hershey comme de la ville.
Patron paternaliste
Ce patron autocrate avait lui-même dressé les plans de la bourgade, donnant aux rues des noms comme Chocolate Avenue — dont les réverbères sont aujourd'hui tous en forme de Hershey's Kisses (les «baisers d'Hershey»), l'une des friandises les plus prisées des Américains — ou des lieux de production de cacao (Bahia, Caracas, Para... ).
La population locale se souvient aussi et surtout du caractère «social» ou paternaliste de Milton Hershey. Fortuné et sans enfant, il vendait à ses employés des maisons à des prix avantageux, offrait des églises aux différentes congrégations religieuses et construisait des écoles, un réseau de tramway permettant d'aller à l'usine, un théâtre ou des terrains de sport.
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