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Steve Case solde son passé avec AOL

Il quitte son poste chez Time Warner pour relancer sa carrière d'entrepreneur avec Revolution

1 novembre 2005  Actualités économiques
New York — Le principal fondateur d'AOL, Steve Case, a quitté le groupe Time Warner par la petite porte, soldant son passé avec le fournisseur d'accès Internet jadis brillant mais aujourd'hui terni par ses déboires financiers.

Steve Case a annoncé hier matin quitter son poste d'administrateur au sein du géant américain des médias, poste qu'il occupait depuis le mariage dispendieux d'AOL et de Time Warner en 2000 pour 106 milliards de dollars. Il entend relancer sa carrière d'entrepreneur avec sa société d'investissements Revolution.

Time Warner et Steve Case ont toutefois indiqué, dans des communiqués séparés, que M. Case continuera de conseiller le groupe en tant qu'actionnaire individuel parmi les plus importants.

Cette démission sonne comme un solde de tout compte discret du dossier AOL pour Steve Case, qui avait précédemment franchi une première étape en ce sens en démissionnant de son poste de p.-d.g. du fournisseur d'accès en janvier 2003.

Âgé de 47 ans, Steve Case a indiqué que bien que «difficile», sa démission était animée par sa volonté de développer Revolution. Créée en avril dernier avec un capital de départ de 500 millions $US que Steve Case a puisé dans sa fortune personnelle — évaluée à 825 millions de dollars — Revolution est consacrée aux secteurs de la santé, du tourisme et du bien-être.

Case souhaiterait, selon certains observateurs, éloigner son image de l'histoire récente d'AOL, dont les infortunes ont éclaboussé non seulement sa réputation mais ont causé du tort à Time Warner et à sa direction.

Né en 1991 de la transformation de Quantum, sous la houlette du p.-d.g. de l'époque, Jim Kimsey, et de son homme de confiance, Steve Case, AOL a connu une ascension fulgurante les dix premières années de son existence. La réussite de celui qui était le premier fournisseur d'accès à Internet au monde a coïncidé avec les sommets en Bourse des valeurs technologiques, débouchant sur la mégafusion avec Time Warner en janvier 2000.

Mais à la suite de l'éclatement de la bulle Internet cette même année, AOL a vu fuir bon nombre de petites sociétés clientes trimestre après trimestre. Pour tenter d'enrayer la chute du titre, moteur de la fusion, ses comptes ont été artificiellement gonflés. Le dossier a lourdement pesé sur Time Warner: AOL a dû être déprécié dans les comptes du conglomérat des médias, qui a frôlé la faillite avec une perte nette record d'environ 100 milliards en 2002.

En mars dernier, Time Warner a implicitement reconnu ses fautes en acceptant de verser 300 millions pour solder une enquête des autorités boursières (SEC).

Au deuxième trimestre, Time Warner a également provisionné trois milliards pour solder une plainte en nom collectif de petits porteurs s'estimant lésés par la fusion. L'action a en effet perdu 75 % de sa valeur, à 18 $US aujourd'hui

AOL est par ailleurs à l'origine d'un lobbying intensif de l'influent investisseur Carl Icahn sur la direction de Time Warner. Ce dernier, épaulé par plusieurs actionnaires, fait pression pour demander une autonomisation de l'activité câble et solder «le désastre AOL». Le fournisseur d'accès, dépassé par la concurrence d'Internet par câble, a perdu près de neuf millions d'abonnés en quatre ans, même s'il a toujours aujourd'hui 27 millions d'abonnés dans le monde.

Time Warner, qui compte évoluer vers les médias et le câble, a récemment indiqué qu'il plaçait parmi ses «priorités immédiates» la transition d'AOL vers un portail offrant de plus en plus de services gratuits, ce qui drainerait des revenus publicitaires.

Une transformation qui attise les convoitises du géant des logiciels Microsoft, du moteur de recherche Google et du câblo-opérateur Comcast.
 
 
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