La transition devrait se faire en douceur
31 octobre 2005
Actualités économiques
Washington — La politique de Ben Bernanke, successeur désigné d'Alan Greenspan à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed), devrait se placer dans la continuité de celle de son prédécesseur mais va coïncider avec une période de turbulences pour l'économie américaine.
La transition entre les deux présidents est attendue avec une certaine appréhension par les milieux financiers après 18 années de présidence d'Alan Greenspan.
Elle devrait pourtant se faire sans heurt, anticipent les économistes. «Bernanke devrait suivre un chemin très similaire à celui qu'aurait suivi Greenspan. Il a apporté un solide soutien au président Greenspan lorsqu'il était au conseil des gouverneurs de la Fed, de 2002 à 2005, et épousait ses points de vue sur la plupart des questions de politique monétaire», rappelle David Wyss, chef économiste chez Standard and Poor's. «Il partage avec les autres membres de la Fed le même fort attachement au respect du double mandat assigné par le Congrès à la Fed: la stabilité des prix et une croissance durable maximale», soulignent les analystes de Morgan Stanley.
Les économistes relativisent pour l'instant ses prises de position antérieures en faveur de l'établissement d'un objectif chiffré de l'inflation. M. Bernanke, s'il est confirmé par le Sénat comme président, pourrait attendre plusieurs mois avant de formaliser cet objectif dont la réalisation pourrait se faire au détriment de l'emploi et de la croissance.
Ensuite, «établir un objectif d'inflation chiffré ne signifie pas nécessairement être plus dur en matière de politique monétaire», soulignent les analystes de Wachovia. «Dans la situation actuelle, cela pourrait aussi vouloir dire être plus proactif», précisent-ils.
L'économie américaine est confrontée à une montée des risques inflationnistes après le passage des cyclones sur le sud des États-Unis à la fin de l'été, et les déclarations des membres de la Fed ces dernières semaines ont focalisé toute l'attention des investisseurs.
La bulle sur le marché immobilier fait d'autre part craindre le pire pour les revenus des ménages en cas d'éclatement, un thème évoqué de plus en plus souvent dans les interventions des gouverneurs de la Fed.
Résultat, la Banque centrale est aujourd'hui engagée dans un mouvement de resserrement monétaire progressif qui s'est traduit par le relèvement de son taux directeur de 25 points de base à chacune de ses réunions depuis juin 2004. Ce taux est aujourd'hui à 3,75 %.
Évolution des taux
Face à tous ces risques, l'évolution future des taux sera «le point le plus inquiétant» pour le nouveau président, estime Robert Bruscan, de FAO Economics. La transition sur ce point «sera plus ou moins facile selon le niveau qu'auront atteint les taux au moment du départ de Greenspan», explique-t-il. «Si la Fed a pressé le bouton "pause" avant l'arrivée de Bernanke, il sera dans une meilleure position» que si la décision de marquer une pause lui revient, fait-il remarquer.
Pour les analystes de Wachovia, nul doute que Ben Bernanke sera aussi testé sur le terrain du déficit budgétaire. «Le point de vue de Greenspan est que, s'il y a un déficit budgétaire important, cela peut pousser la Fed à maintenir ses taux à un bas niveau pour aider à financer ce déficit. Mais cela veut aussi dire émettre beaucoup de liquidités, ce qui peut conduire à alimenter l'inflation à long terme», résument-ils.
Lors du vote du Sénat, outre la question de l'objectif d'inflation, «Bernanke sera certainement interrogé par des sénateurs démocrates sur ce point», anticipent-ils.
La transition entre les deux présidents est attendue avec une certaine appréhension par les milieux financiers après 18 années de présidence d'Alan Greenspan.
Elle devrait pourtant se faire sans heurt, anticipent les économistes. «Bernanke devrait suivre un chemin très similaire à celui qu'aurait suivi Greenspan. Il a apporté un solide soutien au président Greenspan lorsqu'il était au conseil des gouverneurs de la Fed, de 2002 à 2005, et épousait ses points de vue sur la plupart des questions de politique monétaire», rappelle David Wyss, chef économiste chez Standard and Poor's. «Il partage avec les autres membres de la Fed le même fort attachement au respect du double mandat assigné par le Congrès à la Fed: la stabilité des prix et une croissance durable maximale», soulignent les analystes de Morgan Stanley.
Les économistes relativisent pour l'instant ses prises de position antérieures en faveur de l'établissement d'un objectif chiffré de l'inflation. M. Bernanke, s'il est confirmé par le Sénat comme président, pourrait attendre plusieurs mois avant de formaliser cet objectif dont la réalisation pourrait se faire au détriment de l'emploi et de la croissance.
Ensuite, «établir un objectif d'inflation chiffré ne signifie pas nécessairement être plus dur en matière de politique monétaire», soulignent les analystes de Wachovia. «Dans la situation actuelle, cela pourrait aussi vouloir dire être plus proactif», précisent-ils.
L'économie américaine est confrontée à une montée des risques inflationnistes après le passage des cyclones sur le sud des États-Unis à la fin de l'été, et les déclarations des membres de la Fed ces dernières semaines ont focalisé toute l'attention des investisseurs.
La bulle sur le marché immobilier fait d'autre part craindre le pire pour les revenus des ménages en cas d'éclatement, un thème évoqué de plus en plus souvent dans les interventions des gouverneurs de la Fed.
Résultat, la Banque centrale est aujourd'hui engagée dans un mouvement de resserrement monétaire progressif qui s'est traduit par le relèvement de son taux directeur de 25 points de base à chacune de ses réunions depuis juin 2004. Ce taux est aujourd'hui à 3,75 %.
Évolution des taux
Face à tous ces risques, l'évolution future des taux sera «le point le plus inquiétant» pour le nouveau président, estime Robert Bruscan, de FAO Economics. La transition sur ce point «sera plus ou moins facile selon le niveau qu'auront atteint les taux au moment du départ de Greenspan», explique-t-il. «Si la Fed a pressé le bouton "pause" avant l'arrivée de Bernanke, il sera dans une meilleure position» que si la décision de marquer une pause lui revient, fait-il remarquer.
Pour les analystes de Wachovia, nul doute que Ben Bernanke sera aussi testé sur le terrain du déficit budgétaire. «Le point de vue de Greenspan est que, s'il y a un déficit budgétaire important, cela peut pousser la Fed à maintenir ses taux à un bas niveau pour aider à financer ce déficit. Mais cela veut aussi dire émettre beaucoup de liquidités, ce qui peut conduire à alimenter l'inflation à long terme», résument-ils.
Lors du vote du Sénat, outre la question de l'objectif d'inflation, «Bernanke sera certainement interrogé par des sénateurs démocrates sur ce point», anticipent-ils.
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