Québec 2005, professions et PME - Développement des entreprises: Québec entend « jouer dorénavant un rôle complémentaire à celui du privé »
Le nerf de la guerre, c'est l'innovation, croit un fonctionnaire de haut rang
Au cours des prochaines années, le gouvernement du Québec compte marcher au même pas que les petites et les moyennes entreprises. C'est du moins ce que propose le Plan stratégique 2005-2008 du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE).
«Les PME [des entreprises de moins de 200 employés] sont responsables de la création d'emplois, de l'innovation, et donc de la richesse d'une société. Une économie dynamique, c'est une économie qui s'appuie sur des entrepreneurs qui prennent des risques et qui démarrent des entreprises», affirme Pierre Cléroux, sous-ministre adjoint à la direction générale des politiques et des sociétés d'État au MDEIE.
Selon les chiffres de ce ministère, les PME emploient 54 % de la main-d'oeuvre salariée au Québec, contre 46 % en Ontario. Aussi, les PME sont responsables de quelque 70 % des nouveaux emplois créés.
Le plan stratégique du MDEIE gravite autour de plusieurs enjeux, dont celui de l'exportation. À ce titre, le gouvernement du Québec compte soutenir le développement et l'aspect concurrentiel de nos entreprises par le renforcement de la «fonction exportation» à la faveur de 700 entreprises, à raison de 150 cette année, 250 l'année prochaine et 300 en 2007-2008; par la consolidation des marchés de 945 entreprises, à raison de 315 par année; et par la diversification des marchés de 390 entreprises.
Si Pierre Cléroux, ancien premier vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, admet que les objectifs visés par son ministère en matière d'exportation sont ambitieux, il n'en croit pas moins que «l'exportation est une priorité parce que le Québec est un petit marché de sept millions de personnes. Pour assurer la croissance de notre économie, il nous faut absolument exporter nos produits».
Au Québec, 94 % des entreprises exportatrices sont des PME. Celles-ci sont responsables de 40 % des exportations.
Les régions
Québec compte également favoriser l'accroissement de l'indice de diversité industrielle des régions. «Le gouvernement met diverses ressources à la disposition des régions de sorte qu'elles puissent diversifier leur économie, cibler des créneaux d'excellence, et ce avec la collaboration des gens du milieu. Ce qu'il faut faire, dit M. Cléroux, c'est de faciliter la transformation des économies en question, parce que l'économie en soi n'est pas statique. Les secteurs économiques bougent beaucoup. Certains secteurs sont en croissance tandis que d'autres sont en décroissance.»
Et les villes régionales qui sont liées au secteur du textile, des mines ou de la foresterie en savent quelque chose: pensons aux fermetures d'usines et de mines qui se sont succédé à un rythme effréné au cours des dernières années, et ce jusqu'à tout récemment, soit à New Richmond, Murdochville, Chandler, Huntingdon, La Baie (Saguenay), Matagami (Abitibi-Témiscamingue) ou encore Thetford Mines, pour ne nommer que celles-là.
Ces dernières années, tant les péquistes que les libéraux ont été sévèrement critiqués par les acteurs régionaux pour leur manque de vision en matière de développement régional, et surtout pour n'avoir pas su anticiper ou faire obstacle à la fermeture du principal employeur d'une ville: les cas de New Richmond et de Murdochville sont notables. L'actuel gouvernement libéral semble avoir pris bonne note des manquements du passé, et le mot d'ordre du gouvernement Charest est désormais la prévention ou mieux, l'anticipation.
«Nous avons une stratégie de veille. Ce qu'on veut faire, c'est tenter de repérer les villes monoindustrielles qui présentent le plus de risques. Il s'agit de prévenir avant que l'économie d'une ville soit en perte de vitesse», affirme Pierre Cléroux, qui ajoute que l'interventionnisme d'État passe par la recherche «de nouveaux projets d'entreprises, de manière à rendre une région moins vulnérable à une fermeture éventuelle».
Innovation
Le document du MDEIE mentionne que les entreprises québécoises sont confrontées à des défis aux plans de la concurrence et de la productivité d'une ampleur et d'une complexité inégalées. Dans ce contexte, la maîtrise et l'utilisation des nouvelles technologies apparaissent comme des moyens privilégiés pour produire des biens et des services à valeur ajoutée. Toutefois, là où le bât blesse, note la documentation, c'est en matière de diffusion et de pénétration des résultats de la recherche et de l'innovation au sein des entreprises, particulièrement chez les PME.
Par conséquent, peut-on lire, il apparaît essentiel de renforcer encore davantage les liens entre les centres de production de l'innovation et les entreprises, et de mettre en oeuvre les moyens appropriés pour atteindre une rentabilisation optimale des efforts en la matière. Ce parti pris en faveur de l'innovation apparaît d'autant plus important que l'écart de productivité du travail entre le Québec, l'Ontario et les États-Unis continue à se creuser. Devant cet état de fait, M. Cléroux souligne que, si le Québec est dans le peloton de tête des pays industrialisés au plan de la recherche, «là où le Québec est moins bon, c'est au plan du transfert technologique», constate-t-il.
«On fait beaucoup de recherche, dit-il, mais on remarque aussi des lacunes en ce qui a trait à la commercialisation des nouveaux produits. On n'utilise pas tout le potentiel de la recherche. Le défi, c'est de vraiment créer un meilleur lien entre la recherche et les entreprises afin de s'assurer que les PME, entre autres, puissent innover davantage, car l'innovation sera le nerf de la guerre au cours des prochaines années.»
Capital de risque
Le plan stratégique 2005-2008 stipule que l'investissement constitue «le nerf de la guerre» au chapitre de la productivité et de l'aspect concurrentiel des entreprises. Et que le recours au capital de risque est largement reconnu comme constituant l'élément clé de l'innovation. Jusqu'à récemment au Québec, rappelle le document, l'investissement et le capital de risque provenaient principalement de sociétés d'État ou de fonds bénéficiant de mesures fiscales. Le rapport Brunet, chargé d'examiner le rôle de l'État québécois dans le capital de risque, mentionne qu'en 2002, 70 % des montants investis en capital de risque au Québec avaient un caractère «public». À titre de comparaison, l'investissement en Ontario provient à 30 % de sources gouvernementales; ce taux se situe à 8 % aux États-Unis, 9 % en Allemagne et 3 % au Japon. «C'est la raison pour laquelle, peut-on lire dans le plan du gouvernement, le MDEIE et les sociétés d'État entendent jouer dorénavant un rôle complémentaire à celui du privé et qu'ils limiteront de plus en plus leurs interventions aux domaines où le secteur privé ne peut à lui seul répondre aux besoins».
Qu'en pense M. Cléroux? «C'est un changement de cap [en regard d'un passé plutôt interventionniste de la part de l'appareil gouvernemental]. Mais le gouvernement ne disparaît pas, il contribue d'une façon importante en s'associant au secteur privé.»
La relève
De plus, le document du MDEIE soulève la problématique du vieillissement des dirigeants de nombreuses PME québécoises. «D'ici dix ans, un nombre croissant de chefs d'entreprise prendront leur retraite. Cette situation est d'autant plus préoccupante que des études démontrent que près de 70 % des entreprises ne survivent pas à un premier transfert.» Dès lors, poursuit le rapport, c'est de l'ensemble des maillons de la chaîne du secteur des entreprises qu'il faut s'occuper.
«Il existe, croit M. Cléroux, une culture entrepreneuriale chez les jeunes qui, eux, considèrent que le fait de démarrer une entreprise est un choix de carrière valable. Mais, nuance-t-il, il reste encore du travail à accomplir à ce chapitre, compte tenu du fait que beaucoup d'entrepreneurs vont prendre leur retraite.»
Au cours de la dernière décennie, plus de 340 000 nouvelles entreprises ont été créées au Québec, pour un renouvellement moyen annuel de plus de 14 % du parc total d'entreprises.
«Les PME [des entreprises de moins de 200 employés] sont responsables de la création d'emplois, de l'innovation, et donc de la richesse d'une société. Une économie dynamique, c'est une économie qui s'appuie sur des entrepreneurs qui prennent des risques et qui démarrent des entreprises», affirme Pierre Cléroux, sous-ministre adjoint à la direction générale des politiques et des sociétés d'État au MDEIE.
Selon les chiffres de ce ministère, les PME emploient 54 % de la main-d'oeuvre salariée au Québec, contre 46 % en Ontario. Aussi, les PME sont responsables de quelque 70 % des nouveaux emplois créés.
Le plan stratégique du MDEIE gravite autour de plusieurs enjeux, dont celui de l'exportation. À ce titre, le gouvernement du Québec compte soutenir le développement et l'aspect concurrentiel de nos entreprises par le renforcement de la «fonction exportation» à la faveur de 700 entreprises, à raison de 150 cette année, 250 l'année prochaine et 300 en 2007-2008; par la consolidation des marchés de 945 entreprises, à raison de 315 par année; et par la diversification des marchés de 390 entreprises.
Si Pierre Cléroux, ancien premier vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, admet que les objectifs visés par son ministère en matière d'exportation sont ambitieux, il n'en croit pas moins que «l'exportation est une priorité parce que le Québec est un petit marché de sept millions de personnes. Pour assurer la croissance de notre économie, il nous faut absolument exporter nos produits».
Au Québec, 94 % des entreprises exportatrices sont des PME. Celles-ci sont responsables de 40 % des exportations.
Les régions
Québec compte également favoriser l'accroissement de l'indice de diversité industrielle des régions. «Le gouvernement met diverses ressources à la disposition des régions de sorte qu'elles puissent diversifier leur économie, cibler des créneaux d'excellence, et ce avec la collaboration des gens du milieu. Ce qu'il faut faire, dit M. Cléroux, c'est de faciliter la transformation des économies en question, parce que l'économie en soi n'est pas statique. Les secteurs économiques bougent beaucoup. Certains secteurs sont en croissance tandis que d'autres sont en décroissance.»
Et les villes régionales qui sont liées au secteur du textile, des mines ou de la foresterie en savent quelque chose: pensons aux fermetures d'usines et de mines qui se sont succédé à un rythme effréné au cours des dernières années, et ce jusqu'à tout récemment, soit à New Richmond, Murdochville, Chandler, Huntingdon, La Baie (Saguenay), Matagami (Abitibi-Témiscamingue) ou encore Thetford Mines, pour ne nommer que celles-là.
Ces dernières années, tant les péquistes que les libéraux ont été sévèrement critiqués par les acteurs régionaux pour leur manque de vision en matière de développement régional, et surtout pour n'avoir pas su anticiper ou faire obstacle à la fermeture du principal employeur d'une ville: les cas de New Richmond et de Murdochville sont notables. L'actuel gouvernement libéral semble avoir pris bonne note des manquements du passé, et le mot d'ordre du gouvernement Charest est désormais la prévention ou mieux, l'anticipation.
«Nous avons une stratégie de veille. Ce qu'on veut faire, c'est tenter de repérer les villes monoindustrielles qui présentent le plus de risques. Il s'agit de prévenir avant que l'économie d'une ville soit en perte de vitesse», affirme Pierre Cléroux, qui ajoute que l'interventionnisme d'État passe par la recherche «de nouveaux projets d'entreprises, de manière à rendre une région moins vulnérable à une fermeture éventuelle».
Innovation
Le document du MDEIE mentionne que les entreprises québécoises sont confrontées à des défis aux plans de la concurrence et de la productivité d'une ampleur et d'une complexité inégalées. Dans ce contexte, la maîtrise et l'utilisation des nouvelles technologies apparaissent comme des moyens privilégiés pour produire des biens et des services à valeur ajoutée. Toutefois, là où le bât blesse, note la documentation, c'est en matière de diffusion et de pénétration des résultats de la recherche et de l'innovation au sein des entreprises, particulièrement chez les PME.
Par conséquent, peut-on lire, il apparaît essentiel de renforcer encore davantage les liens entre les centres de production de l'innovation et les entreprises, et de mettre en oeuvre les moyens appropriés pour atteindre une rentabilisation optimale des efforts en la matière. Ce parti pris en faveur de l'innovation apparaît d'autant plus important que l'écart de productivité du travail entre le Québec, l'Ontario et les États-Unis continue à se creuser. Devant cet état de fait, M. Cléroux souligne que, si le Québec est dans le peloton de tête des pays industrialisés au plan de la recherche, «là où le Québec est moins bon, c'est au plan du transfert technologique», constate-t-il.
«On fait beaucoup de recherche, dit-il, mais on remarque aussi des lacunes en ce qui a trait à la commercialisation des nouveaux produits. On n'utilise pas tout le potentiel de la recherche. Le défi, c'est de vraiment créer un meilleur lien entre la recherche et les entreprises afin de s'assurer que les PME, entre autres, puissent innover davantage, car l'innovation sera le nerf de la guerre au cours des prochaines années.»
Capital de risque
Le plan stratégique 2005-2008 stipule que l'investissement constitue «le nerf de la guerre» au chapitre de la productivité et de l'aspect concurrentiel des entreprises. Et que le recours au capital de risque est largement reconnu comme constituant l'élément clé de l'innovation. Jusqu'à récemment au Québec, rappelle le document, l'investissement et le capital de risque provenaient principalement de sociétés d'État ou de fonds bénéficiant de mesures fiscales. Le rapport Brunet, chargé d'examiner le rôle de l'État québécois dans le capital de risque, mentionne qu'en 2002, 70 % des montants investis en capital de risque au Québec avaient un caractère «public». À titre de comparaison, l'investissement en Ontario provient à 30 % de sources gouvernementales; ce taux se situe à 8 % aux États-Unis, 9 % en Allemagne et 3 % au Japon. «C'est la raison pour laquelle, peut-on lire dans le plan du gouvernement, le MDEIE et les sociétés d'État entendent jouer dorénavant un rôle complémentaire à celui du privé et qu'ils limiteront de plus en plus leurs interventions aux domaines où le secteur privé ne peut à lui seul répondre aux besoins».
Qu'en pense M. Cléroux? «C'est un changement de cap [en regard d'un passé plutôt interventionniste de la part de l'appareil gouvernemental]. Mais le gouvernement ne disparaît pas, il contribue d'une façon importante en s'associant au secteur privé.»
La relève
De plus, le document du MDEIE soulève la problématique du vieillissement des dirigeants de nombreuses PME québécoises. «D'ici dix ans, un nombre croissant de chefs d'entreprise prendront leur retraite. Cette situation est d'autant plus préoccupante que des études démontrent que près de 70 % des entreprises ne survivent pas à un premier transfert.» Dès lors, poursuit le rapport, c'est de l'ensemble des maillons de la chaîne du secteur des entreprises qu'il faut s'occuper.
«Il existe, croit M. Cléroux, une culture entrepreneuriale chez les jeunes qui, eux, considèrent que le fait de démarrer une entreprise est un choix de carrière valable. Mais, nuance-t-il, il reste encore du travail à accomplir à ce chapitre, compte tenu du fait que beaucoup d'entrepreneurs vont prendre leur retraite.»
Au cours de la dernière décennie, plus de 340 000 nouvelles entreprises ont été créées au Québec, pour un renouvellement moyen annuel de plus de 14 % du parc total d'entreprises.
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