Airbus lance l'A350
Le transporteur tente de calmer le jeu sur les subventions
7 octobre 2005
Actualités économiques
Paris — Airbus a annoncé hier le lancement industriel de son nouvel avion A350, et s'est engagé à ne pas toucher provisoirement de subventions de la part des pays européens, pour tenter de calmer le jeu avec les États-Unis, sans vraiment les convaincre.
Les actionnaires d'Airbus, le groupe européen EADS (80 %) et le britannique BAE Systems (20 %), ont donné leur feu vert au lancement industriel de l'A350 qui doit rivaliser avec le futur 787 de l'américain Boeing.
EADS a annoncé simultanément qu'Airbus renonçait temporairement au versement d'aides publiques remboursables pour financer son programme, afin de laisser une chance aux négociations entre Washington et Bruxelles, en plein conflit à l'OMC sur les subventions à l'industrie aéronautique.
Washington a froidement réagi, en affirmant vouloir poursuivre sa bataille sur les aides à l'industrie aéronautique engagée contre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). «Il est clair que les pays de l'UE ne veulent pas cesser de subventionner Airbus et c'est pourquoi nous allons continuer à plaider notre dossier à l'OMC», a affirmé Christin Baker, porte-parole du Représentant américain pour le Commerce, Rob Portman.
«Nous voulons négocier la fin des subventions à la construction aéronautique mais l'engagement à verser des aides rend cela plus difficile», a-t-il ajouté.
«Les responsables d'Airbus ont indiqué qu'ils pouvaient se permettre de développer l'A350 avec leur propre argent, et nous pensons fermement qu'ils feraient bien de le faire», a renchéri hier un porte-parole de Boeing.
Crédits sollicités
Comme il l'avait fait pour développer l'A380, Airbus avait sollicité des crédits auprès de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France et du Royaume-Uni pour financer le programme A350 à hauteur de 33 %, sur un total de 4,35 milliards d'euros.
Or ces avances font l'objet depuis un an d'un tir de barrage américain, tant de la part de Washington que du constructeur aéronautique national Boeing, grand rival d'Airbus. «Les gouvernements européens ont répondu favorablement à cette demande de soutien», a indiqué EADS. Mais «Airbus, EADS et BAE Systems ont décidé qu'aucun versement ne devrait intervenir en 2006 tant que des possibilités de négociations existent», a souligné le groupe, en exigeant cependant que «Boeing se soumette aux mêmes restrictions».
«Ce geste confirme la volonté d'Airbus, EADS et BAE Systems de régler le contentieux commercial au travers de la négociation», a-t-il estimé.
L'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni «se sont mis d'accord pour ne pas accorder de subventions à Airbus tant qu'il y a une perspective crédible de négociation» avec les États-Unis, a affirmé hier le porte-parole du ministère britannique des Transports.
D'ici là, Airbus va devoir compter sur ses fonds propres pour financer la conception et la fabrication de l'A350. «Nous avons l'argent, de toute façon», avait assuré en juin dernier l'ex-président d'Airbus Noël Forgeard. EADS dispose d'une trésorerie estimée à quatre milliards d'euros. Le constructeur européen pourra également compter sur la participation de la Chine au programme, à hauteur de 5 %. L'industrie aéronautique russe y sera également associée.
L'Airbus A350, un dérivé de l'A330, a fait l'objet jusqu'à présent de 140 engagements d'achat de la part de neuf compagnies clientes. Il sera mis en service à la mi-2010.
Les actionnaires d'Airbus, le groupe européen EADS (80 %) et le britannique BAE Systems (20 %), ont donné leur feu vert au lancement industriel de l'A350 qui doit rivaliser avec le futur 787 de l'américain Boeing.
EADS a annoncé simultanément qu'Airbus renonçait temporairement au versement d'aides publiques remboursables pour financer son programme, afin de laisser une chance aux négociations entre Washington et Bruxelles, en plein conflit à l'OMC sur les subventions à l'industrie aéronautique.
Washington a froidement réagi, en affirmant vouloir poursuivre sa bataille sur les aides à l'industrie aéronautique engagée contre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC). «Il est clair que les pays de l'UE ne veulent pas cesser de subventionner Airbus et c'est pourquoi nous allons continuer à plaider notre dossier à l'OMC», a affirmé Christin Baker, porte-parole du Représentant américain pour le Commerce, Rob Portman.
«Nous voulons négocier la fin des subventions à la construction aéronautique mais l'engagement à verser des aides rend cela plus difficile», a-t-il ajouté.
«Les responsables d'Airbus ont indiqué qu'ils pouvaient se permettre de développer l'A350 avec leur propre argent, et nous pensons fermement qu'ils feraient bien de le faire», a renchéri hier un porte-parole de Boeing.
Crédits sollicités
Comme il l'avait fait pour développer l'A380, Airbus avait sollicité des crédits auprès de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France et du Royaume-Uni pour financer le programme A350 à hauteur de 33 %, sur un total de 4,35 milliards d'euros.
Or ces avances font l'objet depuis un an d'un tir de barrage américain, tant de la part de Washington que du constructeur aéronautique national Boeing, grand rival d'Airbus. «Les gouvernements européens ont répondu favorablement à cette demande de soutien», a indiqué EADS. Mais «Airbus, EADS et BAE Systems ont décidé qu'aucun versement ne devrait intervenir en 2006 tant que des possibilités de négociations existent», a souligné le groupe, en exigeant cependant que «Boeing se soumette aux mêmes restrictions».
«Ce geste confirme la volonté d'Airbus, EADS et BAE Systems de régler le contentieux commercial au travers de la négociation», a-t-il estimé.
L'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni «se sont mis d'accord pour ne pas accorder de subventions à Airbus tant qu'il y a une perspective crédible de négociation» avec les États-Unis, a affirmé hier le porte-parole du ministère britannique des Transports.
D'ici là, Airbus va devoir compter sur ses fonds propres pour financer la conception et la fabrication de l'A350. «Nous avons l'argent, de toute façon», avait assuré en juin dernier l'ex-président d'Airbus Noël Forgeard. EADS dispose d'une trésorerie estimée à quatre milliards d'euros. Le constructeur européen pourra également compter sur la participation de la Chine au programme, à hauteur de 5 %. L'industrie aéronautique russe y sera également associée.
L'Airbus A350, un dérivé de l'A330, a fait l'objet jusqu'à présent de 140 engagements d'achat de la part de neuf compagnies clientes. Il sera mis en service à la mi-2010.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

