Le FMI s'interroge sur sa stratégie en ces temps de mondialisation
20 septembre 2005
Actualités économiques
Washington — Le Fonds monétaire international, qui a fêté l'an dernier ses 60 ans, s'interroge sur sa stratégie face à la mondialisation, dans un rapport publié hier.
Le Fonds n'est plus uniquement le gardien de la stabilité du système financier mondial mais s'occupe de plus en plus de dossiers comme la lutte contre le terrorisme et la pauvreté, souligne le FMI. «Nous devons décider ce que nous voulons être», a souligné le directeur général de l'organisme, Rodrigo Rato, lors d'un point de presse. Le thème central du document est de trouver les moyens «d'apporter aux pays membres les outils utiles pour le problème le plus important à résoudre, à savoir l'intégration dans l'économie internationale», selon lui.
Commandé par M. Rato l'an dernier peu après son arrivée au FMI, ce rapport passe au crible le fonctionnement de ce mastodonte de 184 États membres et quelque 2700 employés issus de 141 pays, qui produisent plus de 90 000 pages de documents par an.
La crise financière asiatique des années 1990 et les prêts massifs accordés par le Fonds à l'Indonésie notamment, ont conduit le FMI à faire face à de nouveaux défis, tout comme plus tard les attentats du 11 septembre 2001 qui ont poussé l'institution à s'occuper de domaines nouveaux comme la lutte contre financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.
On préconise la concentration
Face à la mondialisation, et les ondes de choc qui peuvent se propager rapidement à travers toutes les économies de la planète, le rapport préconise «la concentration».
«Il nous faudra construire moins sur ce qui est évident pour tout le monde mais analyser de manière plus incisive les faiblesses et perturbations qui risquent d'entraîner des crises contagieuses ou d'empêcher l'adaptation à la mondialisation», selon les recommandations du document qui se veut plus «un document de stratégie qu'un plan quinquennal». Il suggère également davantage d'engagement de la part du FMI dans «les débats politiques qui forment l'opinion publique et les choix politiques».
Au-delà des prévisions économiques mondiales publiées chaque semestre — celles d'automne seront publiées demain — il faut «une analyse plus profonde des aspects à long terme de la mondialisation» par exemple les problèmes dus aux mouvements transfrontaliers des biens, des personnes et des capitaux.
Mais la multiplication des rapports ne servira à rien si les idées qu'ils veulent faire passer ne parviennent pas à l'opinion publique. Aussi le document préconise-t-il davantage de transparence avec plus de séminaires et événements médiatiques. «Un tel engagement avec la société civile comporte des risques évidents mais également la perspective de voir les conseils mieux adaptés à la situation spécifique de chaque État membre», estime-t-il.
Aide aux pays pauvres
Longtemps réservée à la Banque mondiale, l'aide aux pays pauvres est depuis quelques années également entrée dans les attributions du FMI. «La ligne de démarcation entre les sujets macroéconomiques et le développement est devenue plus floue avec des débordements importants dans des domaines comme la coordination des donateurs et le processus de stratégie de réduction de la pauvreté», selon le rapport qui invite au dialogue entre les deux pour «rationaliser la division des tâches».
Enfin, le rapport pointe du doigt les critiques sur la légitimité de l'institution dotée d'un système de vote dominé par les plus gros actionnaires comme les États-Unis, l'Union européenne ou le Japon. «Avec la volonté politique requise, il sera possible de trouver une solution qui donne plus de voix aux pays qui comptent pour une part bien plus grande dans l'économie mondiale (pays asiatiques) et plus de voix aux membres plus petits (pays africains) qui tiennent une place bien plus importante dans le travail du Fonds», conclut-il.
Le Fonds n'est plus uniquement le gardien de la stabilité du système financier mondial mais s'occupe de plus en plus de dossiers comme la lutte contre le terrorisme et la pauvreté, souligne le FMI. «Nous devons décider ce que nous voulons être», a souligné le directeur général de l'organisme, Rodrigo Rato, lors d'un point de presse. Le thème central du document est de trouver les moyens «d'apporter aux pays membres les outils utiles pour le problème le plus important à résoudre, à savoir l'intégration dans l'économie internationale», selon lui.
Commandé par M. Rato l'an dernier peu après son arrivée au FMI, ce rapport passe au crible le fonctionnement de ce mastodonte de 184 États membres et quelque 2700 employés issus de 141 pays, qui produisent plus de 90 000 pages de documents par an.
La crise financière asiatique des années 1990 et les prêts massifs accordés par le Fonds à l'Indonésie notamment, ont conduit le FMI à faire face à de nouveaux défis, tout comme plus tard les attentats du 11 septembre 2001 qui ont poussé l'institution à s'occuper de domaines nouveaux comme la lutte contre financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.
On préconise la concentration
Face à la mondialisation, et les ondes de choc qui peuvent se propager rapidement à travers toutes les économies de la planète, le rapport préconise «la concentration».
«Il nous faudra construire moins sur ce qui est évident pour tout le monde mais analyser de manière plus incisive les faiblesses et perturbations qui risquent d'entraîner des crises contagieuses ou d'empêcher l'adaptation à la mondialisation», selon les recommandations du document qui se veut plus «un document de stratégie qu'un plan quinquennal». Il suggère également davantage d'engagement de la part du FMI dans «les débats politiques qui forment l'opinion publique et les choix politiques».
Au-delà des prévisions économiques mondiales publiées chaque semestre — celles d'automne seront publiées demain — il faut «une analyse plus profonde des aspects à long terme de la mondialisation» par exemple les problèmes dus aux mouvements transfrontaliers des biens, des personnes et des capitaux.
Mais la multiplication des rapports ne servira à rien si les idées qu'ils veulent faire passer ne parviennent pas à l'opinion publique. Aussi le document préconise-t-il davantage de transparence avec plus de séminaires et événements médiatiques. «Un tel engagement avec la société civile comporte des risques évidents mais également la perspective de voir les conseils mieux adaptés à la situation spécifique de chaque État membre», estime-t-il.
Aide aux pays pauvres
Longtemps réservée à la Banque mondiale, l'aide aux pays pauvres est depuis quelques années également entrée dans les attributions du FMI. «La ligne de démarcation entre les sujets macroéconomiques et le développement est devenue plus floue avec des débordements importants dans des domaines comme la coordination des donateurs et le processus de stratégie de réduction de la pauvreté», selon le rapport qui invite au dialogue entre les deux pour «rationaliser la division des tâches».
Enfin, le rapport pointe du doigt les critiques sur la légitimité de l'institution dotée d'un système de vote dominé par les plus gros actionnaires comme les États-Unis, l'Union européenne ou le Japon. «Avec la volonté politique requise, il sera possible de trouver une solution qui donne plus de voix aux pays qui comptent pour une part bien plus grande dans l'économie mondiale (pays asiatiques) et plus de voix aux membres plus petits (pays africains) qui tiennent une place bien plus importante dans le travail du Fonds», conclut-il.
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