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L'ex-p.-d.g. de Tyco est condamné à 25 ans de prison

20 septembre 2005  Actualités économiques
Dennis Kozlowski à sa sortie du tribunal hier. L’homme a été reconnu coupable d’avoir détourné des centaines de millions de dollars des caisses de Tyco, dont une grande partie pour soutenir son train de vie extravagant.
Photo : Agence Reuters
Dennis Kozlowski à sa sortie du tribunal hier. L’homme a été reconnu coupable d’avoir détourné des centaines de millions de dollars des caisses de Tyco, dont une grande partie pour soutenir son train de vie extravagant.
New York — L'ex-p.-d.g. du conglomérat industriel Tyco, Dennis Kozlowski, accusé d'avoir détourné des centaines de millions de dollars des caisses de l'entreprise, a été condamné hier à New York à 25 ans de prison, avec une période incompressible de huit ans.

Cette décision intervient après la condamnation de plusieurs p.-d.g. dans des affaires de délinquance en col blanc, qu'il s'agisse de l'ex-patron de WorldCom, Bernie Ebbers (condamné à 25 ans en juillet), ou du fondateur du câblo-opérateur Adelphia, John Rigas (condamné à 15 ans en juin).

M. Kozlowski, 58 ans, et son ex-directeur financier Mark Swartz, 44 ans, ont tous deux été condamnés hier par un tribunal de l'État de New York à une peine de 25 ans de détention. Ils pourront commencer à réclamer une remise en liberté conditionnelle au bout de huit ans et quatre mois, soit un tiers de leur peine. Ce sera alors à une commission chargée de statuer sur les libérations conditionnelles de décider de leur sort en fonction des critères usuels: comportement en prison, type de crime, risque pour la société, etc.

Avant le prononcé de la peine, le procureur chargé du dossier avait réclamé la peine maximum, soit 30 ans avec une peine de sûreté de 15 ans.

Les deux hommes ont aussi été condamnés à verser un total de 134 millions $US en dédommagements et restitutions à Tyco. M. Kozlowski devra en outre s'acquitter d'une amende de 70 millions, et M. Swartz, de 35 millions.

Accusés d'avoir détourné jusqu'à 600 millions des caisses du conglomérat entre 1999 et 2001, dont une bonne part à des fins personnelles, ils avaient été reconnus coupables en juin d'une vingtaine de chefs d'accusation dont vol, fraude et complot, par un jury populaire.

À la sortie du tribunal en juin, les avocats des deux hommes avaient déjà indiqué qu'ils comptaient faire appel.

Train de vie extravagant

En pleine vague de scandales déclenchée fin 2001 par la faillite d'Enron, Dennis Kozlowski et Mark Swartz avaient incarné le personnage du dirigeant vénal finançant son train de vie extravagant avec l'argent de l'entreprise, sans égard pour les employés ou les actionnaires. Selon l'accusation, ils se sont servis de Tyco comme d'une banque personnelle, au nez et à la barbe du comité de rémunération du conseil d'administration, pour s'octroyer des bonus indus et s'acheter appartements de luxe à New York, villégiatures dans les Rocheuses et yachts.

Lors du procès, les jurés avaient pu visionner des images d'une soirée d'anniversaire donnée en Sardaigne en l'honneur de la femme de Kozlowski, sur le thème de la Rome antique avec un faux David de glace urinant de la vodka. Le coût de la soirée avait été estimé à deux millions $US, dont la moitié puisée dans les caisses du conglomérat.

La condamnation de M. Kozlowski est la dernière d'une série. Même si le procès de l'affaire Enron n'a pas encore eu lieu (il est prévu en janvier au Texas), plusieurs scandales des années 2001-02 ont connu cet été leur dénouement judiciaire.

En juillet, Bernard Ebbers, l'ex-p.-d.g. de l'opérateur télécoms américain WorldCom, a lui aussi écopé de 25 ans de prison pour fraude et complot dans l'affaire de la plus grande faillite de l'histoire des États-Unis en 2002. En juin, le fondateur du câblo américain Adelphia, John Rigas, 80 ans, a été condamné à 15 ans de prison. Inculpés en 2002, John Rigas et son fils Timothy étaient accusés par le ministère de la Justice d'avoir «pillé massivement Adelphia, se servant de la trésorerie de la compagnie comme d'une tirelire pour leur famille, aux dépens des investisseurs».
 
 
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