Northwest Airlines se déclare en faillite
15 septembre 2005
Actualités économiques
New York — La compagnie aérienne américaine Northwest Airlines, quatrième des États-Unis et partenaire d'Air France, s'est placée hier sous la protection de la loi américaine sur les faillites (Chapitre 11), a-t-elle indiqué dans un communiqué. La troisième compagnie des États-Unis, Delta Air Lines, également partenaire d'Air France dans l'alliance Skyteam, avait fait de même quelques minutes plus tôt.
En se plaçant ainsi en faillite — un régime très favorable aux entreprises aux États-Unis —, ces deux compagnies vont pouvoir continuer leurs opérations quasi normalement alors qu'elles avaient vu la flambée des prix du brut anéantir leurs efforts de restructuration et notamment les sacrifices financiers demandé à leurs employés.
«Northwest doit significativement abaisser ses coûts pour pouvoir rester concurrentiel avec d'autres transporteurs aériens», a souligné Doug Steenland, le p.-d.g. de Northwest, cité dans un communiqué. De fait, Northwest, comme Delta, est en concurrence avec des compagnies historiques comme United Airlines ou US Airways, qui sont déjà placées sous le régime des faillites et qui ont ainsi pu améliorer leur rentabilité.
Les compagnies à bas prix, comme Southwest Airlines et Jetblue, ajoutent encore à la concurrence sur les lignes intérieures américaines à cause de coûts d'exploitation bien moins élevés que les compagnies historiques.
Défauts de paiement
En ce qui concerne Northwest, d'après l'agence de notation Standard and Poor's (SP), l'aveu par ce transporteur de plusieurs défauts de paiement cette semaine était le signe de l'imminence du dépôt de bilan. Dans un document déposé auprès des autorités boursières (SEC), la compagnie a indiqué qu'elle était tenue à un versement de 65 millions de dollars à son fonds de retraite le 15 septembre. Elle a précisé qu'elle risquait de manquer l'échéance à moins d'être déjà ce jour-là protégée par le Chapitre 11, qui permet à l'entreprise de continuer à opérer quasi normalement en la soulageant du poids de son endettement.
Après la baisse de la fréquentation des lignes consécutive aux attentats du 11 septembre 2001, l'envolée des prix du pétrole depuis début 2004 a porté un autre coup très douloureux aux finances des compagnies américaines. Ces compagnies comptaient pour 32 des 36 milliards de pertes comptabilisées par l'Association du transport aérien international (IATA) pour la période 2001 à 2004. En 2005, il est prévu que la perte des transporteurs nord-américains dépasser les huit milliards, sous le poids de l'explosion de la facture de carburant.
Elle a réduit à néant les efforts de réduction des dépenses (qui se sont traduits par des milliers de suppressions d'emplois), d'autant qu'une véritable guerre sur les tarifs empêchait de profiter du redressement des ventes. Avant même le cyclone Katrina, la facture de kérosène des transporteurs pour 2005 s'affichait en hausse de plus de 50 % par rapport à la même période de l'an dernier.
Sacrifices
Pour Delta comme pour Northwest, le dépôt de bilan aura l'intérêt de faciliter le processus de restructuration, notamment parce que la justice pourra imposer les sacrifices salariaux que les directions n'auront pas obtenus par la négociation.
La direction de Delta a demandé cette semaine à ses 6500 pilotes de nouvelles concessions draconiennes sur les salaires et avantages sociaux, selon le syndicat ALPA. Les pilotes avaient pourtant déjà accepté de voir leurs salaires réduits d'un tiers à l'automne 2004. D'après des sources proches du dossier, il s'agit désormais de ramener leur feuille de paie au même niveau que dans les compagnies à bas prix Southwest ou JetBlue.
Pour les analystes, les coûts d'exploitation mais aussi le trop grand nombre du sièges proposés sur les lignes aériennes aux États-Unis expliquent les difficultés du secteur. Ainsi, selon S&P, la réorganisation de Northwest sous le régime des faillites ne se fera qu'au prix d'«une réduction de la flotte et de l'activité sur le marché national comme ce fut le cas pour United Airlines».
En se plaçant ainsi en faillite — un régime très favorable aux entreprises aux États-Unis —, ces deux compagnies vont pouvoir continuer leurs opérations quasi normalement alors qu'elles avaient vu la flambée des prix du brut anéantir leurs efforts de restructuration et notamment les sacrifices financiers demandé à leurs employés.
«Northwest doit significativement abaisser ses coûts pour pouvoir rester concurrentiel avec d'autres transporteurs aériens», a souligné Doug Steenland, le p.-d.g. de Northwest, cité dans un communiqué. De fait, Northwest, comme Delta, est en concurrence avec des compagnies historiques comme United Airlines ou US Airways, qui sont déjà placées sous le régime des faillites et qui ont ainsi pu améliorer leur rentabilité.
Les compagnies à bas prix, comme Southwest Airlines et Jetblue, ajoutent encore à la concurrence sur les lignes intérieures américaines à cause de coûts d'exploitation bien moins élevés que les compagnies historiques.
Défauts de paiement
En ce qui concerne Northwest, d'après l'agence de notation Standard and Poor's (SP), l'aveu par ce transporteur de plusieurs défauts de paiement cette semaine était le signe de l'imminence du dépôt de bilan. Dans un document déposé auprès des autorités boursières (SEC), la compagnie a indiqué qu'elle était tenue à un versement de 65 millions de dollars à son fonds de retraite le 15 septembre. Elle a précisé qu'elle risquait de manquer l'échéance à moins d'être déjà ce jour-là protégée par le Chapitre 11, qui permet à l'entreprise de continuer à opérer quasi normalement en la soulageant du poids de son endettement.
Après la baisse de la fréquentation des lignes consécutive aux attentats du 11 septembre 2001, l'envolée des prix du pétrole depuis début 2004 a porté un autre coup très douloureux aux finances des compagnies américaines. Ces compagnies comptaient pour 32 des 36 milliards de pertes comptabilisées par l'Association du transport aérien international (IATA) pour la période 2001 à 2004. En 2005, il est prévu que la perte des transporteurs nord-américains dépasser les huit milliards, sous le poids de l'explosion de la facture de carburant.
Elle a réduit à néant les efforts de réduction des dépenses (qui se sont traduits par des milliers de suppressions d'emplois), d'autant qu'une véritable guerre sur les tarifs empêchait de profiter du redressement des ventes. Avant même le cyclone Katrina, la facture de kérosène des transporteurs pour 2005 s'affichait en hausse de plus de 50 % par rapport à la même période de l'an dernier.
Sacrifices
Pour Delta comme pour Northwest, le dépôt de bilan aura l'intérêt de faciliter le processus de restructuration, notamment parce que la justice pourra imposer les sacrifices salariaux que les directions n'auront pas obtenus par la négociation.
La direction de Delta a demandé cette semaine à ses 6500 pilotes de nouvelles concessions draconiennes sur les salaires et avantages sociaux, selon le syndicat ALPA. Les pilotes avaient pourtant déjà accepté de voir leurs salaires réduits d'un tiers à l'automne 2004. D'après des sources proches du dossier, il s'agit désormais de ramener leur feuille de paie au même niveau que dans les compagnies à bas prix Southwest ou JetBlue.
Pour les analystes, les coûts d'exploitation mais aussi le trop grand nombre du sièges proposés sur les lignes aériennes aux États-Unis expliquent les difficultés du secteur. Ainsi, selon S&P, la réorganisation de Northwest sous le régime des faillites ne se fera qu'au prix d'«une réduction de la flotte et de l'activité sur le marché national comme ce fut le cas pour United Airlines».
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