Le président de la Chine en visite au Canada - Importations de textile: Ottawa minimise le problème
Photo : Agence Reuters
Le président chinois, Hu Jintao, est arrivé hier à Ottawa en compagnie de son épouse, Liu Yongqing.
Européens et Américains ont beau l'avoir fait, le Canada résiste toujours à l'idée de rétablir des quotas à l'importation de vêtements et de textiles en provenance de la Chine.
Se disant en mode d'écoute active des besoins de l'industrie canadienne, Ottawa précise ne pas avoir renoncé définitivement à ce recours permis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il note toutefois que le pays ne semble pas être aussi affecté que certains le disent.
«Ça va dépendre des discussions avec l'industrie», a déclaré hier au Devoir le ministre canadien du Commerce international, Jim Peterson, au premier jour de la visite au Canada du président de la Chine, Hu Jintao. «Vous savez, la hausse des importations de textiles et de vêtements cette année n'est que de 8 %. Ce n'est pas aussi grave que dans d'autres pays du monde.»
Le ministre ne cache pas non plus ses doutes quant aux bienfaits que pourrait avoir le rétablissement de barrières commerciales dans le secteur. «Comme vous avez pu le remarquer, il y a eu beaucoup de problèmes en Europe avec ça, a-t-il noté. Mais on verra, nous sommes en pleine discussion.»
Les derniers contingents à l'importation dans les secteurs du vêtement et du textile ont été abolis au début de l'année au terme d'un processus étalé sur dix ans. Les règles de l'OMC permettent cependant à ses pays membres de les rétablir pour une période de trois ans à titre de mesure de sauvegarde s'ils estiment leurs industries en grave danger. Une telle mesure permettrait de limiter à 7,5 % l'augmentation annuelle des importations chinoises.
L'Union européenne n'a pas tardé à menacer la Chine de se prévaloir de cette disposition avant de conclure avec elle, en mai dernier, un accord à l'amiable de limitation volontaire de ses exportations. Une nouvelle entente a toutefois dû être conclue la semaine dernière après que plusieurs dizaines de millions de chandails, de pantalons et de soutiens-gorges, commandés avant l'établissement des nouvelles règles, ont été bloqués sur les quais des ports européens parce que les quotas étaient atteints.
Jusqu'à présent incapables d'en arriver au même type d'entente que les Européens, les États-Unis ont quant à eux rétabli, au début du mois, des quotas à l'importation de vêtements en fibre synthétique et de lingerie en provenance de la Chine et se sont accordé jusqu'au 1er octobre pour prendre des décisions en ce qui concerne quatre autres types de vêtements.
Au Canada, le syndicat du vêtement UNITE HERE a fait le pari, au mois de juillet, de se prévaloir d'un recours habituellement réservé aux entreprises et à porter plainte devant le Tribunal canadien du commerce extérieur afin que soient rétablis les quotas contre les importations chinoises. La requête fait valoir que, contrairement au dire du ministre Peterson, celles-ci auraient bondi de 40 % au cours des quatre premiers mois de l'année seulement. Au gouvernement, on rétorque que des mesures d'aide ont été mises en place et qu'aucune entreprise n'a encore porté plainte.
Cela s'expliquerait, disent des experts, par le peu d'efficacité que les milieux d'affaires prêtent aux quotas ainsi que par le fait que les entreprises canadiennes ont déjà trop recours aux importations chinoises pour pouvoir s'en passer.
De la grande visite
Arrivé hier au Canada avec une centaine de gens d'affaires de son pays, le président Hu Jintao passera aujourd'hui la matinée avec le premier ministre Paul Martin. Les deux hommes, annonce-t-on, discuteront «d'une variété de sujets d'intérêt bilatéral et international tels que l'environnement et les changements climatiques, l'énergie, l'investissement, le commerce, les droits de l'homme et le tourisme». Ils s'adonneront aussi à l'habituelle séance de signature d'ententes.
Le troisième président chinois à fouler la terre canadienne depuis 1970 se lancera ensuite dans une tournée de huit jours qui le mènera des chutes du Niagara au siège des Nations unies à New York en passant par le Mexique et Vancouver.
«Nous avons gravement négligé, au fil des années, nos relations commerciales avec les économies émergentes comme la Chine et l'Inde», a déclaré Jim Peterson hier à la Presse canadienne. «Nous faisons donc de grands efforts pour y augmenter notre présence. [...] Nous voulons une plus grosse part de ce marché énorme, qui représente 38 % de la population mondiale.»
Se disant en mode d'écoute active des besoins de l'industrie canadienne, Ottawa précise ne pas avoir renoncé définitivement à ce recours permis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il note toutefois que le pays ne semble pas être aussi affecté que certains le disent.
«Ça va dépendre des discussions avec l'industrie», a déclaré hier au Devoir le ministre canadien du Commerce international, Jim Peterson, au premier jour de la visite au Canada du président de la Chine, Hu Jintao. «Vous savez, la hausse des importations de textiles et de vêtements cette année n'est que de 8 %. Ce n'est pas aussi grave que dans d'autres pays du monde.»
Le ministre ne cache pas non plus ses doutes quant aux bienfaits que pourrait avoir le rétablissement de barrières commerciales dans le secteur. «Comme vous avez pu le remarquer, il y a eu beaucoup de problèmes en Europe avec ça, a-t-il noté. Mais on verra, nous sommes en pleine discussion.»
Les derniers contingents à l'importation dans les secteurs du vêtement et du textile ont été abolis au début de l'année au terme d'un processus étalé sur dix ans. Les règles de l'OMC permettent cependant à ses pays membres de les rétablir pour une période de trois ans à titre de mesure de sauvegarde s'ils estiment leurs industries en grave danger. Une telle mesure permettrait de limiter à 7,5 % l'augmentation annuelle des importations chinoises.
L'Union européenne n'a pas tardé à menacer la Chine de se prévaloir de cette disposition avant de conclure avec elle, en mai dernier, un accord à l'amiable de limitation volontaire de ses exportations. Une nouvelle entente a toutefois dû être conclue la semaine dernière après que plusieurs dizaines de millions de chandails, de pantalons et de soutiens-gorges, commandés avant l'établissement des nouvelles règles, ont été bloqués sur les quais des ports européens parce que les quotas étaient atteints.
Jusqu'à présent incapables d'en arriver au même type d'entente que les Européens, les États-Unis ont quant à eux rétabli, au début du mois, des quotas à l'importation de vêtements en fibre synthétique et de lingerie en provenance de la Chine et se sont accordé jusqu'au 1er octobre pour prendre des décisions en ce qui concerne quatre autres types de vêtements.
Au Canada, le syndicat du vêtement UNITE HERE a fait le pari, au mois de juillet, de se prévaloir d'un recours habituellement réservé aux entreprises et à porter plainte devant le Tribunal canadien du commerce extérieur afin que soient rétablis les quotas contre les importations chinoises. La requête fait valoir que, contrairement au dire du ministre Peterson, celles-ci auraient bondi de 40 % au cours des quatre premiers mois de l'année seulement. Au gouvernement, on rétorque que des mesures d'aide ont été mises en place et qu'aucune entreprise n'a encore porté plainte.
Cela s'expliquerait, disent des experts, par le peu d'efficacité que les milieux d'affaires prêtent aux quotas ainsi que par le fait que les entreprises canadiennes ont déjà trop recours aux importations chinoises pour pouvoir s'en passer.
De la grande visite
Arrivé hier au Canada avec une centaine de gens d'affaires de son pays, le président Hu Jintao passera aujourd'hui la matinée avec le premier ministre Paul Martin. Les deux hommes, annonce-t-on, discuteront «d'une variété de sujets d'intérêt bilatéral et international tels que l'environnement et les changements climatiques, l'énergie, l'investissement, le commerce, les droits de l'homme et le tourisme». Ils s'adonneront aussi à l'habituelle séance de signature d'ententes.
Le troisième président chinois à fouler la terre canadienne depuis 1970 se lancera ensuite dans une tournée de huit jours qui le mènera des chutes du Niagara au siège des Nations unies à New York en passant par le Mexique et Vancouver.
«Nous avons gravement négligé, au fil des années, nos relations commerciales avec les économies émergentes comme la Chine et l'Inde», a déclaré Jim Peterson hier à la Presse canadienne. «Nous faisons donc de grands efforts pour y augmenter notre présence. [...] Nous voulons une plus grosse part de ce marché énorme, qui représente 38 % de la population mondiale.»
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