Flambée des prix de l'essence - Gilles Duceppe invite le gouvernement à confronter les pétrolières
Photo : Jacques Grenier
Les détaillants indépendants se placent au rang des victimes au même titre que les consommateurs.
Le Bloc québécois n'entend pas lâcher prise face aux pétrolières. Même si les gouvernements admettent leur impuissance face à la flambée des prix de l'essence, l'opposition exige tout de même des explications de la part des grandes intégrées devant l'explosion des marges bénéficiaires. On souhaite, pour ce faire, exiger rapidement des comptes devant le comité de l'industrie.
À la veille d'une réunion de deux jours des parlementaires bloquistes à Saguenay, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a précisé hier qu'il souhaitait, de concert avec les autres leaders de l'opposition, forcer le gouvernement libéral à confronter les pétrolières. Du moins, on pense pouvoir les convoquer devant le comité de l'industrie avant la reprise des travaux de la Chambre, le 26 septembre, pour qu'elles rendent des comptes. «Le profit ne se fait pas à la pompe, mais sur la marge de raffinage. La semaine dernière, la marge de profit au raffinage était de 47 ¢, alors qu'une marge de 7 ¢ assure de gros profits. Imaginez! C'est inacceptable. Ça nous semble "questionnable", et le mot est faible», a-t-il martelé, tout en alléguant que si Paul Martin n'est pas encore intervenu auprès de cette industrie, c'est qu'il est tenu mains liées par les pétrolières de l'ouest du pays.
Un peu plus tôt, l'Association québécoise des indépendants du pétrole avait également pointé en direction du raffinage. Elle allait de ses explications face aux récentes hausses des prix à la pompe, sans commenter plus à fond la flambée continue des cours pétroliers, qui ont triplé depuis 2002. «Depuis le passage de Katrina, la valeur du pétrole brut n'a pas fluctué de façon significative; ce sont les marges exigées par les raffineurs qui ont bondi et provoqué les augmentations du prix de l'essence qui accablent les consommateurs», a soutenu Sonia Marcotte, p.-d.g. de l'Association.
Qualifiant de non excessives des marges de raffinage autour de 10 ¢ le litre, «voilà qu'elles se situent aujourd'hui autour de 39 ¢ par litre et constituent un abus inqualifiable», a-t-elle commenté, plaçant le tout au sein d'une «stratégie minutieuse» visant à profiter d'une «rareté artificielle». Elle a souligné qu'aux États-Unis, au début des années 1980, 189 firmes possédaient un total de 324 raffineries. En 2001, on ne dénombrait que 65 firmes retenant 155 raffineries. «Cela représente une diminution de 65 % du nombre de firmes et de 52 % du nombre de raffineries sur le territoire des États-Unis. Au surplus, les 15 plus importantes firmes contrôlent à elles seules 79,3 % de la production.»
Dans la foulée, elle place les détaillants indépendants au rang des victimes, au même titre que les consommateurs. «À titre d'exemple, ils [les détaillants] paient aujourd'hui à Montréal 1,32 $ pour se procurer un litre d'essence qu'ils revendent avec quelques sous de marge permettant à peine de couvrir leurs coûts d'exploitation», a soutenu Mme Marcotte.
Pour sa part, le ministre des Finances, M. Michel Audet, est revenu à la charge hier pour réaffirmer l'impuissance du gouvernement Charest face à l'évolution des prix à la pompe. «La flambée des prix observée récemment est due à la hausse du prix du brut et des marges de raffinage et de commercialisation. Par ailleurs, les taxes québécoises représentaient 26,5 % du prix du litre en 2004, alors qu'elles en représentent moins de 20 % actuellement.» Il a rappelé que pour le gouvernement, grand consommateur de carburant, «chaque hausse de 5 ¢ le litre représente, au net, une perte de 22 millions par année».
Ce qui a fait dire à Omar Aktouf, professeur à l'École des Hautes Études Commerciales et candidat dans Outremont de l'Union des forces progressistes, qu'il fallait créer un impôt provincial spécial sur les profits réalisés par les pétrolières au Québec.
À la veille d'une réunion de deux jours des parlementaires bloquistes à Saguenay, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a précisé hier qu'il souhaitait, de concert avec les autres leaders de l'opposition, forcer le gouvernement libéral à confronter les pétrolières. Du moins, on pense pouvoir les convoquer devant le comité de l'industrie avant la reprise des travaux de la Chambre, le 26 septembre, pour qu'elles rendent des comptes. «Le profit ne se fait pas à la pompe, mais sur la marge de raffinage. La semaine dernière, la marge de profit au raffinage était de 47 ¢, alors qu'une marge de 7 ¢ assure de gros profits. Imaginez! C'est inacceptable. Ça nous semble "questionnable", et le mot est faible», a-t-il martelé, tout en alléguant que si Paul Martin n'est pas encore intervenu auprès de cette industrie, c'est qu'il est tenu mains liées par les pétrolières de l'ouest du pays.
Un peu plus tôt, l'Association québécoise des indépendants du pétrole avait également pointé en direction du raffinage. Elle allait de ses explications face aux récentes hausses des prix à la pompe, sans commenter plus à fond la flambée continue des cours pétroliers, qui ont triplé depuis 2002. «Depuis le passage de Katrina, la valeur du pétrole brut n'a pas fluctué de façon significative; ce sont les marges exigées par les raffineurs qui ont bondi et provoqué les augmentations du prix de l'essence qui accablent les consommateurs», a soutenu Sonia Marcotte, p.-d.g. de l'Association.
Qualifiant de non excessives des marges de raffinage autour de 10 ¢ le litre, «voilà qu'elles se situent aujourd'hui autour de 39 ¢ par litre et constituent un abus inqualifiable», a-t-elle commenté, plaçant le tout au sein d'une «stratégie minutieuse» visant à profiter d'une «rareté artificielle». Elle a souligné qu'aux États-Unis, au début des années 1980, 189 firmes possédaient un total de 324 raffineries. En 2001, on ne dénombrait que 65 firmes retenant 155 raffineries. «Cela représente une diminution de 65 % du nombre de firmes et de 52 % du nombre de raffineries sur le territoire des États-Unis. Au surplus, les 15 plus importantes firmes contrôlent à elles seules 79,3 % de la production.»
Dans la foulée, elle place les détaillants indépendants au rang des victimes, au même titre que les consommateurs. «À titre d'exemple, ils [les détaillants] paient aujourd'hui à Montréal 1,32 $ pour se procurer un litre d'essence qu'ils revendent avec quelques sous de marge permettant à peine de couvrir leurs coûts d'exploitation», a soutenu Mme Marcotte.
Pour sa part, le ministre des Finances, M. Michel Audet, est revenu à la charge hier pour réaffirmer l'impuissance du gouvernement Charest face à l'évolution des prix à la pompe. «La flambée des prix observée récemment est due à la hausse du prix du brut et des marges de raffinage et de commercialisation. Par ailleurs, les taxes québécoises représentaient 26,5 % du prix du litre en 2004, alors qu'elles en représentent moins de 20 % actuellement.» Il a rappelé que pour le gouvernement, grand consommateur de carburant, «chaque hausse de 5 ¢ le litre représente, au net, une perte de 22 millions par année».
Ce qui a fait dire à Omar Aktouf, professeur à l'École des Hautes Études Commerciales et candidat dans Outremont de l'Union des forces progressistes, qu'il fallait créer un impôt provincial spécial sur les profits réalisés par les pétrolières au Québec.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

