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Katrina enflamme le cours du pétrole

Le baril clôture à 67,20 $ après être monté à plus de 70 $

30 août 2005  Actualités économiques
La hausse du prix du baril de pétrole s’est répercutée jusqu’en Indonésie, hier, où un détaillant remplissait à la main ses contenants. Certains pays d’Asie ont commencé à souffrir grandement des effets de l’augmentation du prix du pétr
Photo : Agence France-Presse
La hausse du prix du baril de pétrole s’est répercutée jusqu’en Indonésie, hier, où un détaillant remplissait à la main ses contenants. Certains pays d’Asie ont commencé à souffrir grandement des effets de l’augmentation du prix du pétr
New York — Le baril de pétrole a clôturé en nette hausse hier à New York en raison des craintes pour les installations pétrolières du Golfe du Mexique causées par le cyclone Katrina, mais a toutefois largement réduit ses gains par rapport à son record de la journée à plus de 70 $US.

Le baril de brut de qualité «light sweet crude» pour livraison en octobre a clôturé à 67,20 $US en hausse de 1,07 $US par rapport à la clôture de vendredi soir. Il était monté à 70,80 $US, nouveau record historique, lors des échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance officielle à New York.

Le sentiment du marché s'est apaisé «après que le département de l'Énergie a déclaré que le gouvernement pourrait puiser dans les réserves stratégiques de pétrole comme il l'ont fait pour Ivan», souligne Marshall Steeves, analyste de Refco, pour expliquer le fort repli des cours pétroliers depuis le début de la séance. La question du recours aux réserves stratégiques de pétrole «est sur la table et c'est certainement une possibilité, mais il n'y a pas encore eu de demandes jusque-là», a indiqué à l'AFP, Craig Stevens, porte-parole du département américain de l'Énergie. «Nous sommes en contact avec les raffineries pétrolières et nous avons des gens sur le terrain», a déclaré le porte-parole du département de l'Énergie à l'AFP.

Par ailleurs, remarque Marshall Steeves, «nous ne connaîtrons pas l'impact final de l'ouragan Katrina avant des jours voire des semaines», donc la hausse à 70 $US le baril était peut-être exagérée. Le cyclone Katrina a été retrogradé en catégorie 1 alors qu'il était encore classé en catégorie 5 dans la nuit de dimanche à hier.

Seth Kleinman, analyste de PFC Energy, note pour sa part que l'envolée des cours s'est un peu apaisée car «les gens avaient prévu une catastrophe, il ne semble pas que ce soit le cas pour le moment». L'an dernier, le passage du cyclone Ivan avait plombé la production du Golfe du Mexique pendant des semaines, provoquant une envolée des cours.

Environ 91,7 % de la production quotidienne de la région, soit 1,38 million de barils par jour, a été interrompue. L'arrivée de Katrina a contraint les compagnies pétrolières à fermer un grand nombre d'installations du Golfe du Mexique, où se concentrent un quart des infrastructures pétrolières des États-Unis.

Au moins 21 puits et plate-formes pétroliers ont été évacués dans la région, et sept raffineries situées en Louisiane ont été fermées dès samedi. L'un des principaux ports de cet État du Sud, le Louisiana Offshore Oil Port, est également fermé depuis samedi. Par ce terminal transitent normalement 11 % des importations pétrolières du pays. «L'activité des raffineries de la région est suspendue, c'est quelque chose qui met de l'huile sur le feu alors que le marché est déjà très nerveux», a commenté Seth Kleinman, analyste de PFC Energy. Le cours du brut ne cesse de grimper depuis près de trois ans mais l'approche d'un ouragan aussi puissant que Katrina, conjuguée à une chute inattendue des stocks d'essence aux États-Unis cette semaine, a provoqué une envolée de 5 $US en une semaine.

Selon les analystes, les cours pourraient maintenant se diriger vers le seuil des 80 $US le baril, d'autant que le ratio offre/demande est extrêmement tendu, notamment en raison du manque d'investissement ces dernières années dans le raffinage et d'une demande très soutenue. Les économistes n'hésitent plus à qualifier la hausse connue depuis début 2002 de «troisième choc pétrolier», mais reconnaissent qu'il affecte beaucoup moins l'économie mondiale que les deux précédents (1973 et 1979/80), notamment parce qu'il lui épargne une spirale inflationniste.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui fournit environ 40 % du pétrole brut mondial, a voulu rassurer le marché ce week-end en répétant qu'il n'y a pas de pénurie en vue. Mais l'inquiétude et le mécontentement montent chez les consommateurs, qui commencent à souffrir de la flambée de l'essence et du fioul de chauffage. Quant aux entreprises, elles voient leurs marges diminuées d'autant.
 
 
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