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Le pétrole atteint de nouveaux records

Le brut a clôturé à 63,94 $US, poussé par les incertitudes en Arabie Saoudite

9 août 2005  Actualités économiques
Selon la maison de courtage Sucden, les stocks d’essence américains, qui ont chuté de quatre millions de barils lors de la dernière semaine de juillet, «sont désormais plus maigres qu’ils ne l’ont été pendant trois des quatre dernières ann
Photo : Agence France-Presse
Selon la maison de courtage Sucden, les stocks d’essence américains, qui ont chuté de quatre millions de barils lors de la dernière semaine de juillet, «sont désormais plus maigres qu’ils ne l’ont été pendant trois des quatre dernières ann
Londres — Le baril de pétrole brut a enregistré un nouveau sommet historique à 64 $US en toute fin de séance hier à New York puis a clôturé à 63,94 $US, après avoir battu record sur record toute la journée, notamment en raison de menaces d'attentats en Arabie Saoudite.

«C'est une combinaison de facteurs qui est à l'origine des nouveaux sommets», a commenté John Kilduff, analyste de Fimat, citant la forte demande énergétique entraînée par les fortes chaleurs aux Etats-Unis, des problèmes dans des raffineries d'ExxonMobil et BP dans le pays, «la fermeture des ambassades en Arabie Saoudite et la situation en Iran à propos de son programme nucléaire».

Seth Kleinman, analyste de PFC Energy, cite les mêmes facteurs mais aussi une intense saison des cyclones dans le sud des États-Unis et des fondamentaux qui se resserrent sur le marché de l'essence. «La dynamique haussière reste très forte», insiste-t-il.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en septembre a bondi à 63,94 $US, en hausse de 1,63 $US par rapport à vendredi. Il s'agit d'un nouveau record depuis le début de cotation de ce pétrole en 1983. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a également battu un nouveau record, à 62,70 $US pour l'échéance de septembre, en hausse de 1,63 $US par rapport à vendredi.

Les prix du pétrole sont supérieurs de plus de 40 % à leur niveau d'il y a un an. Mais ajustés à l'inflation, ils demeurent en-dessous des niveaux atteints après la révolution iranienne de 1979, soit plus de 80 $US en valeur d'aujourd'hui.

«L'élan d'aujourd'hui vient d'inquiétudes sur la sécurité au Proche-Orient, mais aussi du marché de l'essence qui pousse le brut à la hausse», explique Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays Capital. «Il y a en plus de la marge pour davantage d'achats spéculatifs de pétrole brut», relève-t-il.

En Arabie Saoudite, des informations sur une «menace» contre les bâtiments officiels américains ont conduit les états-Unis à fermer hier leur ambassade ainsi que leurs consulats à Djeddah et à Dhahran. Citant des «informations crédibles», Londres a averti hier que «des terroristes sont au stade final de préparation d'attaques» en Arabie Saoudite.

Cette nouvelle intervient moins d'une semaine après que le décés du roi Fahd d'Arabie saoudite eut dopé les prix et fait craindre un changement de la politique pétrolière dans le royaume. L'Arabie est le premier producteur mondial d'or noir, avec 9,5 millions de barils par jour (mbj), et le seul pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à avoir des capacités résiduelles de production, de l'ordre de 1,5 mbj.

«Il y a de l'incertitude sur le marché. Les gens craignent un acte terroriste ou une perturbation de la production pétrolière en Arabie saoudite, et peut-être que l'Arabie saoudite, avec son nouveau roi (Abdallah), est un peu vulnérable en ce moment», souligne un opérateur à la maison de courtage Bache Financial, ayant souhaité rester anonyme.

En outre, l'Iran a repris hier des activités nucléaires ultra-sensibles dans son usine de conversion d'uranium d'Ispahan, au risque d'une crise internationale. L'Iran est le deuxième membre le plus influent de l'OPEP après l'Arabie saoudite, avec une production d'environ 3,9 mbj.

Par ailleurs, les prix restent poussés à la hausse par les problèmes survenus récemment dans plusieurs raffineries américaines, détenues par ExxonMobil, BP, ConocoPhilips et Valero Energy. «Les problèmes dans les raffineries américaines continuent de limiter la capacité du réseau à produire assez d'essence pour satisfaire une demande en forte progression», explique Kevin Norrish. «Les raffineries ont tourné à plein régime depuis tellement longtemps que cela a accru le risque d'accidents», remarque pour sa part Sam Tilley, analyste à la maison de courtage Sucden.

Les stocks d'essence américains, qui ont chuté de quatre millions de barils lors de la dernière semaine de juillet, «sont désormais plus maigres qu'ils ne l'ont été pendant trois des quatre dernières années, alors que la demande progresse, et les problèmes survenus dans plusieurs raffineries ne font qu'accroître les craintes d'un approvisionnement encore plus serré», souligne-t-il.
 
 
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