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Légère baisse du taux de chômage au Canada et au Québec - La croissance de l'emploi ne se dément pas

Des pertes nettes d'emplois pour un second mois consécutif n'ont pas empêché le Québec de voir son taux de chômage baisser légèrement en août de 8,7 % à 8,5 %. Ce léger recul de l'emploi, après une impressionnante première moitié d'année, s'inscrit dans un contexte global canadien qui, quoique de façon moins spectaculaire, continue de faire remarquablement bien, notamment en comparaison avec son voisin américain.

Le pays comptait la semaine dernière 59 000 emplois de plus qu'à la fin du mois de juillet, a révélé hier Statistique Canada dans son plus récent portrait de la situation. Cela portait à 386 000 le nombre total d'emplois créés depuis le début de l'année, soit le taux de croissance sur une période de huit mois (2,6 %) le plus élevé depuis 1994. Cette croissance de l'emploi n'a toutefois pas permis de faire fléchir beaucoup le taux de chômage au Canada, qui n'a baissé que d'un dixième de point pour se fixer à 7,5 %, du fait du grand nombre de personnes qui ont intégré au même moment le marché du travail.

«La croissance économique au Canada est demeurée forte au deuxième trimestre, explique l'agence fédérale, stimulée par la demande intérieure et l'accroissement des stocks des fabricants, des grossistes et des détaillants. Le compte courant, qui est la mesure la plus étendue du commerce international au pays, est demeuré fort, tout comme les investissements dans la construction résidentielle.»

Le Québec aussi a continué de voir progresser son secteur de la construction (8000 emplois de plus). Ces gains ont toutefois été inférieurs aux pertes enregistrées, notamment dans le secteur de l'assistance sociale et des soins de santé où 12 000 emplois ont été perdus. Au bout du compte, le Québec s'est retrouvé avec 6000 emplois de moins à fin du mois d'août et un total de 21 000 emplois perdus en deux mois. Cela laisse cependant le Québec avec un gain net de 107 000 emplois depuis le début de l'année, soit un taux de croissance (3,1 %) qui reste supérieur à la moyenne canadienne (2,6 %).

Ontario

Du côté de l'Ontario, le taux de chômage est demeuré inchangé le mois dernier à 7,2 %, l'augmentation du nombre de personnes sur le marché du travail annulant la remarquable création d'emplois, particulièrement dans le domaine de la fabrication automobile et des produits électroniques. Le Manitoba a pour sa part affiché le plus bas taux de chômage au pays avec 5 %, suivi de près par ses voisins l'Alberta (5,1 %) et la Saskatchewan (5,4 %), alors que la Colombie-Britannique présentait un taux de 7,8 % et que Terre-Neuve fermait la marche avec 15,7 %.

En tout, 15 476 millions de Canadiens occupaient un emploi le mois dernier, soit 62 % de la population active. Près de 3,6 millions de Québécois étaient dans la même situation pour une proportion de 59,5 % de la population active, comparativement à un peu moins de 6 millions de personne et un taux d'emploi de 63,1 % en Ontario.

Les étudiants désireux de regarnir un peu leurs goussets durant la belle saison n'ont pas manqué de profiter de la situation. Le marché des emplois d'été leur étant destinés n'a, en effet, jamais été aussi bon depuis dix ans avec un taux d'emploi de 55 %, en hausse de 1,4 % par rapport aux mois de juin, juillet et août de l'année dernière.

Incontournable voisin américain

L'ensemble de ces résultats confirme une certaine vigueur de l'économie canadienne malgré le ralentissement observé chez son grand voisin du sud, remarque Statistique Canada. «Depuis le début de 2002, la croissance de l'emploi, tout comme celle de la population active, ont été très fortes au pays mais sont demeurées faibles aux États-Unis. Une grande partie de cette divergence peut être attribuable à la vigueur du secteur de la fabrication au Canada. Les livraisons dans le secteur manufacturier au Canada ont augmenté de 7 % depuis le début de 2002. Il s'agit d'une hausse considérable comparativement à la croissance de 1,4 % observée aux États-Unis. Ainsi, les fabricants canadiens ont embauché des employés à un rythme soutenu alors que l'emploi dans la fabrication aux États-Unis est demeuré inchangé.»

«Le Canada ne pourra continuer à faire cavalier seul bien longtemps, constate cependant Joëlle Noreau, économiste au Mouvement Desjardins. Les résultats des comptes économiques du deuxième trimestre présentent le portrait suivant: une demande intérieure vigoureuse moussée par l'enthousiasme des consommateurs à dépenser, des dépenses gouvernementales à la hausse et des entreprises qui reconstituent leurs stocks. En parallèle, on observe une hausse timide des exportations et une augmentation musclée des importations.» Pour maintenir un bon rythme de croissance qui se traduirait éventuellement en nouveaux emplois, poursuit-elle, il faudra fatalement augmenter nos exportations, ce qui serait grandement facilité par une amélioration du climat économique chez notre principal partenaire commercial, les États-Unis.
 
 
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