Un dernier sprint pour une retraite confortable à 65 ans
Je comprends bien les grands principes que vous prônez: achat d'obligations de très grande qualité et d'actions de compagnies canadiennes solides payant des dividendes élevés. Voici ma situation. J'ai 55 ans (ma conjointe en a 53), je suis agent immobilier et j'aimerais travailler au plus tard jusqu'à 63-64 ans en diminuant la cadence à partir de 60 ans. Nous détenons une maison payée d'une valeur d'environ 200 000 $. Nos REER se détaillent ainsi: 21 000 $ dans le fonds FTQ; 5000 $ dans le Fonds équilibré Desjardins; 15 000 $ dans le Fonds équilibré Industriel; 10 000 $ d'obligations à taux progressifs du Gouvernement du Québec à 10 ans; 30 000 $ en obligations d'Hydro-Québec et de municipalités diverses; et deux fonds d'actions (10 000 $) achetés par mon nouveau courtier qui ont déjà perdu de la valeur (c'est pour cette raison que j'ai décidé de prendre mes affaires en mains).
Ma conjointe possède pour environ 150 000 $ de différents titres et obligations gérés prudemment par un courtier en qui elle a confiance. Notre salaire brut avant impôt est d'environ 75 000 $ chacun.
Je désire donc dorénavant gérer mon portefeuille moi-même. Toutefois, je ne sais pas exactement dans quelles proportions ni dans quelle séquence acheter les différentes obligations et actions de notre univers de placement. En outre, je n'ose pas acheter mes premières actions. Je sais que cela doit se faire sur faiblesse des cours, mais quand dois-je saisir ma première occasion? Dois-je les acheter hors REER ou dans mon REER? En somme, j'aurais besoin d'un plan (combien investir par année, et où?) pour les cinq prochaines années (auquel je pourrais faire adhérer ma conjointe par l'entremise de son propre courtier) afin d'optimiser mes placements tout en ne commettant pas de faute irréparable, compte tenu de la retraite assez proche. Pouvez-vous m'aider?
J. H.
Avant d'aborder la question de la gestion du portefeuille, parlons d'objectifs d'épargne. Votre actif totalise à 55 ans 414 000 $ après impôt. Cela comprend la valeur de vos REER, celle du portefeuille hors REER de votre conjointe et la valeur marchande de votre propriété. Pour prétendre à une retraite aisée à 65 ans, la valeur de l'actif requise actuellement après impôt est de 530 000 $ environ (cela tient compte du fait que vous et votre conjointe recevrez les rentes du Québec et la pension de la sécurité de la vieillesse du fédéral). C'est ici la valeur de l'actif requise en dollars d'aujourd'hui. Cette valeur excède de 116 000 $ la valeur actuelle de votre avoir (qui est de 414 000 $ après impôt). Ce montant de 116 000 $ constitue l'écart à combler d'ici à 65 ans pour atteindre l'objectif de richesse requis à la retraite.
Comment combler cet écart? En premier lieu, en épargnant bon an, mal an 16 % de votre revenu familial, qui s'élève à 150 000 $. Ensuite, en cotisant le maximum permis dans vos REER respectifs. Enfin, en prenant soin de conserver les reports d'impôt résultant de vos cotisations annuelles aux REER, qui viendront alimenter votre portefeuille hors REER.
Selon le plan d'épargne précédent, en supposant un rendement composé annuel de 6 % de vos placements, votre actif totalisera à 65 ans 1 016 000 $ et se composera comme suit: des REER d'une valeur de 568 500 $ (398 000 $ après impôt), un portefeuille hors REER de 362 000 $ et votre propriété d'une valeur de 256 000 $ (inflation annuelle de 2,5 %).
Vous amorcez votre dernier droit avant de prendre votre retraite. C'est le dernier sprint à effectuer pour franchir la ligne d'arrivée avec l'actif requis pour prétendre à une retraite aisée. Et vous êtes en bonne position pour relever ce défi.
Maintenant, abordons l'autre volet, celui de la gestion de votre portefeuille. La carence actuelle porte sur les actions de grandes compagnies qui font défaut dans vos portefeuilles. Idéalement, vos portefeuilles devraient être répartis également entre les obligations de grande qualité et les actions de grandes firmes. Pour le moment, les obligations semblent occuper la grosse part de vos portefeuilles. Pour corriger le tir, votre conjointe devra mettre davantage l'accent sur les actions. En fait, son portefeuille hors REER de 150 000 $ devrait se composer d'actions de grandes firmes versant de bons dividendes à hauteur de 100 000 $. Dans la seconde lettre de la présente chronique, j'explique comment s'y prendre pour construire la section actions de votre portefeuille.
Pour les années subséquentes, comme le gros de votre épargne annuelle sera canalisé dans le REER, vous verrez alors à investir celle-ci à parts égales entre les obligations de grande qualité et les actions. Cela implique que vous accumulerez au cours des années suivantes les actions à l'intérieur de vos REER respectifs.
Détenir des actions de grandes compagnies est essentiel, surtout dans le contexte actuel où les rendements offerts par les titres à revenus fixes sont historiquement très faibles. Les seuls bons rendements se trouvent actuellement parmi les actions de grandes firmes, dont certaines accordent encore des taux de dividende annuels de 3 % et plus (c'est le cas notamment de nos grandes banques).
Le moment idéal pour amorcer la construction de son portefeuille
Monsieur,
Je suis un étudiant au secondaire et j'ai deux questions pour vous.
Premièrement, il y a un certain temps de cela, j'ai lu quelque part qu'il existerait un certain programme du gouvernement qui permet d'acheter des actions sur Internet, et ce, sans frais de courtage. Me tromperais-je?
Deuxièmement, j'aimerais savoir si vous pensez que c'est un bon moment pour investir. C'est que je comptais acheter un CPG à indice boursier (canadien) d'un terme de 3,5 ans. Cependant, je regarde les courbes du TSX depuis quelques semaines et je remarque qu'on est assez haut dans la courbe. Nous sommes sur le point de rejoindre le sommet des années 2000. Devrais-je attendre que la courbe baisse?
Avec ma gratitude,
H. M.
Quel est le moment idéal pour amorcer la construction de votre portefeuille d'actions? Dès que vous disposez de liquidités suffisantes pour investir (15 000 $ environ) et le plus tôt possible dans votre vie.
Oubliez les indices boursiers pour tenter de déterminer le moment idéal pour accumuler les actions. Laissez cela aux analystes techniques, qui se trompent la moitié du temps.
Et évitez de gérer votre portefeuille comme s'il s'agissait d'un indice. La marche à suivre est relativement simple pour construire tout portefeuille d'actions:
- choisir huit compagnies canadiennes et américaines (deux) permettant de participer à quatre secteurs stratégiques de notre économie;
- échelonner ses achats sur une période d'un an et demi ou au rythme de son épargne;
- accumuler les actions sur faiblesse des cours;
- parmi les huit entreprises choisies, s'attarder à celles dont le cours des titres a reculé de 10 % environ par rapport à son sommet des 52 dernières semaines;
- privilégier les actions de grandes compagnies dominant leur marché et générant d'importants flux de liquidité leur permettant de soutenir une politique à long terme de versement d'un dividende élevé et croissant;
- s'en tenir uniquement à la construction de ce que j'appelle le coeur (la partie solide) de votre portefeuille pour les premières années à la Bourse;
- bâtir votre portefeuille avec l'aide d'une bonne lettre financière 100 % objective.
Quant à votre première question, il n'existe pas à ma connaissance de programmes gouvernementaux permettant d'acquérir des actions sans frais. Par contre, il y a certaines grandes entreprises qui offrent à leurs actionnaires un programme d'achat d'actions et d'investissement des dividendes en actions sans aucuns frais de courtage.
cchiasson@proplacement.qc.ca
Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
Ma conjointe possède pour environ 150 000 $ de différents titres et obligations gérés prudemment par un courtier en qui elle a confiance. Notre salaire brut avant impôt est d'environ 75 000 $ chacun.
Je désire donc dorénavant gérer mon portefeuille moi-même. Toutefois, je ne sais pas exactement dans quelles proportions ni dans quelle séquence acheter les différentes obligations et actions de notre univers de placement. En outre, je n'ose pas acheter mes premières actions. Je sais que cela doit se faire sur faiblesse des cours, mais quand dois-je saisir ma première occasion? Dois-je les acheter hors REER ou dans mon REER? En somme, j'aurais besoin d'un plan (combien investir par année, et où?) pour les cinq prochaines années (auquel je pourrais faire adhérer ma conjointe par l'entremise de son propre courtier) afin d'optimiser mes placements tout en ne commettant pas de faute irréparable, compte tenu de la retraite assez proche. Pouvez-vous m'aider?
J. H.
Avant d'aborder la question de la gestion du portefeuille, parlons d'objectifs d'épargne. Votre actif totalise à 55 ans 414 000 $ après impôt. Cela comprend la valeur de vos REER, celle du portefeuille hors REER de votre conjointe et la valeur marchande de votre propriété. Pour prétendre à une retraite aisée à 65 ans, la valeur de l'actif requise actuellement après impôt est de 530 000 $ environ (cela tient compte du fait que vous et votre conjointe recevrez les rentes du Québec et la pension de la sécurité de la vieillesse du fédéral). C'est ici la valeur de l'actif requise en dollars d'aujourd'hui. Cette valeur excède de 116 000 $ la valeur actuelle de votre avoir (qui est de 414 000 $ après impôt). Ce montant de 116 000 $ constitue l'écart à combler d'ici à 65 ans pour atteindre l'objectif de richesse requis à la retraite.
Comment combler cet écart? En premier lieu, en épargnant bon an, mal an 16 % de votre revenu familial, qui s'élève à 150 000 $. Ensuite, en cotisant le maximum permis dans vos REER respectifs. Enfin, en prenant soin de conserver les reports d'impôt résultant de vos cotisations annuelles aux REER, qui viendront alimenter votre portefeuille hors REER.
Selon le plan d'épargne précédent, en supposant un rendement composé annuel de 6 % de vos placements, votre actif totalisera à 65 ans 1 016 000 $ et se composera comme suit: des REER d'une valeur de 568 500 $ (398 000 $ après impôt), un portefeuille hors REER de 362 000 $ et votre propriété d'une valeur de 256 000 $ (inflation annuelle de 2,5 %).
Vous amorcez votre dernier droit avant de prendre votre retraite. C'est le dernier sprint à effectuer pour franchir la ligne d'arrivée avec l'actif requis pour prétendre à une retraite aisée. Et vous êtes en bonne position pour relever ce défi.
Maintenant, abordons l'autre volet, celui de la gestion de votre portefeuille. La carence actuelle porte sur les actions de grandes compagnies qui font défaut dans vos portefeuilles. Idéalement, vos portefeuilles devraient être répartis également entre les obligations de grande qualité et les actions de grandes firmes. Pour le moment, les obligations semblent occuper la grosse part de vos portefeuilles. Pour corriger le tir, votre conjointe devra mettre davantage l'accent sur les actions. En fait, son portefeuille hors REER de 150 000 $ devrait se composer d'actions de grandes firmes versant de bons dividendes à hauteur de 100 000 $. Dans la seconde lettre de la présente chronique, j'explique comment s'y prendre pour construire la section actions de votre portefeuille.
Pour les années subséquentes, comme le gros de votre épargne annuelle sera canalisé dans le REER, vous verrez alors à investir celle-ci à parts égales entre les obligations de grande qualité et les actions. Cela implique que vous accumulerez au cours des années suivantes les actions à l'intérieur de vos REER respectifs.
Détenir des actions de grandes compagnies est essentiel, surtout dans le contexte actuel où les rendements offerts par les titres à revenus fixes sont historiquement très faibles. Les seuls bons rendements se trouvent actuellement parmi les actions de grandes firmes, dont certaines accordent encore des taux de dividende annuels de 3 % et plus (c'est le cas notamment de nos grandes banques).
Le moment idéal pour amorcer la construction de son portefeuille
Monsieur,
Je suis un étudiant au secondaire et j'ai deux questions pour vous.
Premièrement, il y a un certain temps de cela, j'ai lu quelque part qu'il existerait un certain programme du gouvernement qui permet d'acheter des actions sur Internet, et ce, sans frais de courtage. Me tromperais-je?
Deuxièmement, j'aimerais savoir si vous pensez que c'est un bon moment pour investir. C'est que je comptais acheter un CPG à indice boursier (canadien) d'un terme de 3,5 ans. Cependant, je regarde les courbes du TSX depuis quelques semaines et je remarque qu'on est assez haut dans la courbe. Nous sommes sur le point de rejoindre le sommet des années 2000. Devrais-je attendre que la courbe baisse?
Avec ma gratitude,
H. M.
Quel est le moment idéal pour amorcer la construction de votre portefeuille d'actions? Dès que vous disposez de liquidités suffisantes pour investir (15 000 $ environ) et le plus tôt possible dans votre vie.
Oubliez les indices boursiers pour tenter de déterminer le moment idéal pour accumuler les actions. Laissez cela aux analystes techniques, qui se trompent la moitié du temps.
Et évitez de gérer votre portefeuille comme s'il s'agissait d'un indice. La marche à suivre est relativement simple pour construire tout portefeuille d'actions:
- choisir huit compagnies canadiennes et américaines (deux) permettant de participer à quatre secteurs stratégiques de notre économie;
- échelonner ses achats sur une période d'un an et demi ou au rythme de son épargne;
- accumuler les actions sur faiblesse des cours;
- parmi les huit entreprises choisies, s'attarder à celles dont le cours des titres a reculé de 10 % environ par rapport à son sommet des 52 dernières semaines;
- privilégier les actions de grandes compagnies dominant leur marché et générant d'importants flux de liquidité leur permettant de soutenir une politique à long terme de versement d'un dividende élevé et croissant;
- s'en tenir uniquement à la construction de ce que j'appelle le coeur (la partie solide) de votre portefeuille pour les premières années à la Bourse;
- bâtir votre portefeuille avec l'aide d'une bonne lettre financière 100 % objective.
Quant à votre première question, il n'existe pas à ma connaissance de programmes gouvernementaux permettant d'acquérir des actions sans frais. Par contre, il y a certaines grandes entreprises qui offrent à leurs actionnaires un programme d'achat d'actions et d'investissement des dividendes en actions sans aucuns frais de courtage.
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