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Qwest abandonne la bataille pour MCI

Verizon reste seul en course

Washington — Après des mois de bataille acharnée et de surenchères, l'opérateur américain de télécoms Qwest a renoncé à acheter son homologue MCI, dont la direction a systématiquement favorisé une offre concurrente mais moins élevée du numéro un du secteur, Verizon.

«Il n'est plus dans l'intérêt des actionnaires, des clients et des employés de continuer dans un processus qui semble être systématiquement biaisé en défaveur de Qwest», a écrit l'entreprise hier dans un communiqué en jetant l'éponge.

Depuis le 14 février, date d'un accord de principe entre MCI — ex-WorldCom sorti de la faillite au printemps 2004 — et Verizon, Qwest, quatrième opérateur américain, n'a eu de cesse de surenchérir pour tenter de remporter quand même l'affaire. «Nous avons cherché à acheter MCI avec beaucoup de ténacité et de discipline et nous sommes certains que notre offre aurait été plus avantageuse pour les actionnaires», a tenu à préciser Qwest.

Verizon refusait tout commentaire hier.

Au départ, le rachat par Verizon devait se chiffrer à quelque 6,75 milliards, dont 5,3 milliards en liquide et en actions. S'y ajoutait un dividende spécial de 4,50 $US par action qui devait être versé par MCI. Au final, le premier opérateur américain devrait remporter le groupe tant convoité pour 8,44 milliards, soit 1,3 milliard de moins que la dernière offre de Qwest formulée le 21 avril.

Là où Qwest avait offert 30 $US par action, Verizon devrait donc payer quelque 26 $US par titre MCI, dont 5,60 $US en liquide.

Le conseil d'administration de MCI, qui n'a jamais caché sa préférence pour le numéro un américain, avait déjà endossé dimanche la dernière offre Verizon, pourtant inférieure à celle du rival. Mais Verizon offrait de reprendre également des dettes de 4,8 milliards.

Cependant les actionnaires auront le dernier mot, appelés à donner leur aval en assemblée générale à une date non encore déterminée, ainsi que les autorités de réglementation américaines. Le tout pourrait prendre pratiquement un an, selon les experts de l'agence de notation Standard and Poors qui maintiennent pour l'instant une perspective négative sur les notes de Verizon.

Un jeu faussé

Amers, les responsables de Qwest ne se sont pas privés d'accuser leurs rivaux d'avoir faussé le jeu. «En acceptant une offre plus basse, sans même contacter Qwest, il n'est d'autre alternative que de constater que MCI est plus intéressé à se plier à la volonté de Verizon qu'à servir ses actionnaires», ont-ils souligné. Une accusation qui pourrait pousser des actionnaires de MCI à poursuivre leur conseil d'administration en justice.

Pour MCI, à la reprise fragile après la faillite entraînée par l'un des plus gros scandales financiers de l'histoire, une rupture de l'accord de principe avec Verizon risquait de coûter environ 250 millions de dollars de dédommagements et remboursement de frais engagés par son racheteur potentiel.

Pour Qwest, issu du démantèlement d'AT&T en 1984, fortement endetté et seulement quatrième opérateur américain, l'alliance avec MCI lui garantissait de rester dans la course dans un secteur où la consolidation fait rage.

Depuis janvier, le nouvel ensemble SBC-AT&T après le rachat du second par le premier pour 16 milliards talonne Verizon en termes de chiffre d'affaires cumulés, incluant la téléphonie mobile, pourtant l'un de ses segments les plus florissants.

Mais Verizon, surtout présent chez les clients résidentiels, lorgnait le créneau porteur des services internet très en vogue dans les entreprises et domaine dans lequel MCI a beaucoup investi. Et puis MCI ne compte pas moins de 286 multinationales parmi ses clients et a conclu quelque 75 contrats avec des agences gouvernementales aux États-Unis dont les ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure.
 
 
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