Multimédia - Tisser sa toile entre le Vieux Continent et la Belle Province
L'Université d'été de la communication de Hourtin réunit 3000 personnes pour débattre des mille et un secrets de la communication, tout cela en français
Hourtin, France — Le décor a de quoi surprendre. Un petit village-vacances situé tout près d'une petite ville du Médoc en bordure de l'Atlantique qui fait office d'université. Y défileront cette semaine plus de 3000 personnes pour discuter et débattre des 1001 secrets de la communication.
Et dans le lot, une délégation d'une douzaine de jeunes entrepreneurs et consultants du multimédia tenteront de tisser une toile entre le Vieux Continent et la province. «Nous avons comme mandat d'aller au-devant des choses», souligne Michel Leduc, secrétaire général de l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) au Québec. L'organisme est responsable de cette mission. «On a la charge d'innover et de créer des liens dans des domaines d'avenir comme le multimédia.»
De fait, il s'agit de la deuxième visite à Hourtin d'un groupe de Québécois composé uniquement de gens du multimédia. M. Leduc en parle toujours comme d'une expérience-pilote et précise que son organisme participe à plusieurs événements du genre dont des forums sur le patrimoine, le droit européen et le développement durable.
L'Université d'été de la communication (UEC) est née en 1980 et met en scène annuellement une centaine de débats et rencontres professionnelles. «Hourtin est une sorte de rendez-vous des communications, reprend M. Leduc. Et comme les communications sont de plus en plus mobiles et teintées par les nouvelles technologies, ces dernières occupent de plus en plus de place dans le programme.»
Avec cette idée en tête, l'OFQJ a proposé l'an dernier aux organisateurs de l'événement d'introduire des ateliers sur les nouvelles technologies destinés aux membres de la francophonie. «On nous a fait une place. Ce n'est pas impossible que ces rencontres fassent boule de neige et qu'il y ait encore plus de membres de la francophonie qui y participent dans l'avenir, précise Michel Leduc. L'an dernier, les discussions avec les jeunes Africains ont donné des résultats intéressants. Cela nous a permis de nous ouvrir sur les réalités que vivent les pays du tiers monde.»
Francophonie
En plus du groupe de Français et de Québécois, quatre Africains participeront encore une fois aux échanges. Les discussions porteront sur l'apprentissage et le matériel éducatif multimédia, sur les liens entre la production en art visuel et l'ouverture des frontières virtuelles, sur l'exportation des biens culturels numériques et sur la pertinence des partenariats internationaux dans la création et la diffusion de contenu numérique.
De plus, les Québécois tiendront un stand où ils pourront parler de leur entreprise et montrer leur produit. Ces présentations se nomment des coups de projecteur. «Chacun aura l'occasion de montrer qui il est et ce qu'il fait», souligne M. Leduc.
«À moyen terme, notre objectif est d'arriver à créer un réseau de coopération dans ce secteur, ajoute-t-il. Et on veut que ces liens profitent à la carrière de ceux qui font un séjour en France. Si on prend Scholastique Kenko Tchoumbou, par exemple, elle est médecin au Mali et elle vient ici pour voir ce qui se fait dans le domaine de la télé-médecine. Hourtin, ce n'est pas un marché où les gens vont sortir avec dix contrats en poche. C'est un lieu de rencontre convivial, un lieu de réseautage.»
Et l'un des avantages selon lui est que les idées s'échangent en français. «C'est important de voir comment les autres communautés abordent les nouvelles technologies, poursuit le secrétaire général. Les gens sont de plus en plus branchés. On doit voir ce qui se fait ailleurs et comment cela se fait ailleurs. La mondialisation s'apprivoise par la base.»
Comme l'OFQJ n'est pas spécialisée en communication multimédia, on fait appel à l'aide extérieure pour monter le projet. Cette année, la tâche a été confiée à Synap6, une entreprise spécialisée dans le production de contenu en sciences et en technologie. Des gens de la boîte ont donc eu pour tâche d'arrêter les sujets qui seront abordés en atelier et de sélectionner les candidats.
«Hourtin, c'est le contraire des Milias et de E3 [deux foires commerciales dans le domaine du multimédia et du jeu]», lance Marc Levasseur, l'un des deux patrons de Synap6. «À Hourtin, il y a un mélange de gens du pouvoir politique, décisionnel et commercial, des responsables du développement régional français et des entrepreneurs.» Et c'est ce mélange qui permettra — du moins c'est ce que souhaitent les organisateurs de cette mission — aux participants de se développer un réseau intéressant.
Marc Levasseur donne Hélène Béchard en exemple. Celle-ci a créé un livre de jeux interactifs pour les enfants de quatre à neuf ans. Elle veut commercialiser son projet et cherche donc du financement. Elle est allée aux deux foires commerciales mentionnées ci-dessus avant de se retrouver à Hourtin. «Si elle ne trouve pas de sous, on espère qu'elle va établir des contacts qui vont lui servir pour le reste de sa carrière», insiste-t-il.
«La grosse différence cette année par rapport à l'an dernier, c'est qu'on a choisi des gens déjà établis, des entrepreneurs affirmés, souligne Marc Levasseur. Nos participants sont capables de retirer beaucoup de cette expérience. En tout cas, c'est notre objectif premier.»
Convialité
Michel Leduc revient sur l'importance de la convivialité. «Hourtin est un milieu culturellement riche. On est loin de la malbouffe. On y sert du bon vin et des repas gastronomiques. Ça facilite les rapprochements d'autant plus que tout se déroule dans un seul site. Si l'événement se tenait à Paris, les gens se disperseraient. Ici, les circonstances font qu'on finit toujours par repérer des gens avec qui on a des affinités professionnelles.»
Et qui dit affinités, dit potentiel d'affaires. «On veut aider les jeunes à développer leur entreprise en établissant des contacts, explique Michel Leduc. Être jeune entrepreneur veut aussi dire se prendre en main. Et cette prise en main veut autant dire pour grossir ses rangs qu'en apprenant comment se font les relations avec les médias.»
La variable «affaires» du séjour à Hourtin sera soumise bientôt à l'évaluation, promet Michel Leduc. «Il faut trouver un moyen de mesurer les retombées concrètes du projet pour ceux qui y participent. On doit voir si cela débouche sur d'autres rencontres, sur des partenariats, sur un échange d'expertise ou même sur une visite au Québec de gens rencontrés ici. [...] Il est évident que les jeunes professionnels ne veulent pas attendre dix ans avant de voir les résultats de leurs démarches. [...] Et je pense que c'est sain et très intéressant de s'ouvrir au plus gros marché francophone au monde.»
En plus de la question purement économique, il y a un aspect plus philosophique associé à la participation à cette université d'été. «En débattant sur des sujets qui préoccupent tout le monde, on invite les participants à réfléchir sur le rôle qu'ils occupent dans la société et à l'importance de ne pas vivre en vase clos», croit Michel Leduc.
L'OFQJ estime à 5000 dollars le coût de cette mission en France. Cette année, le ministère de la Culture et la SODEC financent également le projet. Le ministère québécois participera cette semaine à un vaste débat sur la diversité culturelle. Dans le cas de la SODEC, l'organisme gouvernemental assume le coût de l'installation du stand québécois, soit quelque 10 000 dollars.
Notre journaliste effectue un séjour à l'Université d'été de la communication de Hourtin à l'invitation de l'OFPJ.
Et dans le lot, une délégation d'une douzaine de jeunes entrepreneurs et consultants du multimédia tenteront de tisser une toile entre le Vieux Continent et la province. «Nous avons comme mandat d'aller au-devant des choses», souligne Michel Leduc, secrétaire général de l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) au Québec. L'organisme est responsable de cette mission. «On a la charge d'innover et de créer des liens dans des domaines d'avenir comme le multimédia.»
De fait, il s'agit de la deuxième visite à Hourtin d'un groupe de Québécois composé uniquement de gens du multimédia. M. Leduc en parle toujours comme d'une expérience-pilote et précise que son organisme participe à plusieurs événements du genre dont des forums sur le patrimoine, le droit européen et le développement durable.
L'Université d'été de la communication (UEC) est née en 1980 et met en scène annuellement une centaine de débats et rencontres professionnelles. «Hourtin est une sorte de rendez-vous des communications, reprend M. Leduc. Et comme les communications sont de plus en plus mobiles et teintées par les nouvelles technologies, ces dernières occupent de plus en plus de place dans le programme.»
Avec cette idée en tête, l'OFQJ a proposé l'an dernier aux organisateurs de l'événement d'introduire des ateliers sur les nouvelles technologies destinés aux membres de la francophonie. «On nous a fait une place. Ce n'est pas impossible que ces rencontres fassent boule de neige et qu'il y ait encore plus de membres de la francophonie qui y participent dans l'avenir, précise Michel Leduc. L'an dernier, les discussions avec les jeunes Africains ont donné des résultats intéressants. Cela nous a permis de nous ouvrir sur les réalités que vivent les pays du tiers monde.»
Francophonie
En plus du groupe de Français et de Québécois, quatre Africains participeront encore une fois aux échanges. Les discussions porteront sur l'apprentissage et le matériel éducatif multimédia, sur les liens entre la production en art visuel et l'ouverture des frontières virtuelles, sur l'exportation des biens culturels numériques et sur la pertinence des partenariats internationaux dans la création et la diffusion de contenu numérique.
De plus, les Québécois tiendront un stand où ils pourront parler de leur entreprise et montrer leur produit. Ces présentations se nomment des coups de projecteur. «Chacun aura l'occasion de montrer qui il est et ce qu'il fait», souligne M. Leduc.
«À moyen terme, notre objectif est d'arriver à créer un réseau de coopération dans ce secteur, ajoute-t-il. Et on veut que ces liens profitent à la carrière de ceux qui font un séjour en France. Si on prend Scholastique Kenko Tchoumbou, par exemple, elle est médecin au Mali et elle vient ici pour voir ce qui se fait dans le domaine de la télé-médecine. Hourtin, ce n'est pas un marché où les gens vont sortir avec dix contrats en poche. C'est un lieu de rencontre convivial, un lieu de réseautage.»
Et l'un des avantages selon lui est que les idées s'échangent en français. «C'est important de voir comment les autres communautés abordent les nouvelles technologies, poursuit le secrétaire général. Les gens sont de plus en plus branchés. On doit voir ce qui se fait ailleurs et comment cela se fait ailleurs. La mondialisation s'apprivoise par la base.»
Comme l'OFQJ n'est pas spécialisée en communication multimédia, on fait appel à l'aide extérieure pour monter le projet. Cette année, la tâche a été confiée à Synap6, une entreprise spécialisée dans le production de contenu en sciences et en technologie. Des gens de la boîte ont donc eu pour tâche d'arrêter les sujets qui seront abordés en atelier et de sélectionner les candidats.
«Hourtin, c'est le contraire des Milias et de E3 [deux foires commerciales dans le domaine du multimédia et du jeu]», lance Marc Levasseur, l'un des deux patrons de Synap6. «À Hourtin, il y a un mélange de gens du pouvoir politique, décisionnel et commercial, des responsables du développement régional français et des entrepreneurs.» Et c'est ce mélange qui permettra — du moins c'est ce que souhaitent les organisateurs de cette mission — aux participants de se développer un réseau intéressant.
Marc Levasseur donne Hélène Béchard en exemple. Celle-ci a créé un livre de jeux interactifs pour les enfants de quatre à neuf ans. Elle veut commercialiser son projet et cherche donc du financement. Elle est allée aux deux foires commerciales mentionnées ci-dessus avant de se retrouver à Hourtin. «Si elle ne trouve pas de sous, on espère qu'elle va établir des contacts qui vont lui servir pour le reste de sa carrière», insiste-t-il.
«La grosse différence cette année par rapport à l'an dernier, c'est qu'on a choisi des gens déjà établis, des entrepreneurs affirmés, souligne Marc Levasseur. Nos participants sont capables de retirer beaucoup de cette expérience. En tout cas, c'est notre objectif premier.»
Convialité
Michel Leduc revient sur l'importance de la convivialité. «Hourtin est un milieu culturellement riche. On est loin de la malbouffe. On y sert du bon vin et des repas gastronomiques. Ça facilite les rapprochements d'autant plus que tout se déroule dans un seul site. Si l'événement se tenait à Paris, les gens se disperseraient. Ici, les circonstances font qu'on finit toujours par repérer des gens avec qui on a des affinités professionnelles.»
Et qui dit affinités, dit potentiel d'affaires. «On veut aider les jeunes à développer leur entreprise en établissant des contacts, explique Michel Leduc. Être jeune entrepreneur veut aussi dire se prendre en main. Et cette prise en main veut autant dire pour grossir ses rangs qu'en apprenant comment se font les relations avec les médias.»
La variable «affaires» du séjour à Hourtin sera soumise bientôt à l'évaluation, promet Michel Leduc. «Il faut trouver un moyen de mesurer les retombées concrètes du projet pour ceux qui y participent. On doit voir si cela débouche sur d'autres rencontres, sur des partenariats, sur un échange d'expertise ou même sur une visite au Québec de gens rencontrés ici. [...] Il est évident que les jeunes professionnels ne veulent pas attendre dix ans avant de voir les résultats de leurs démarches. [...] Et je pense que c'est sain et très intéressant de s'ouvrir au plus gros marché francophone au monde.»
En plus de la question purement économique, il y a un aspect plus philosophique associé à la participation à cette université d'été. «En débattant sur des sujets qui préoccupent tout le monde, on invite les participants à réfléchir sur le rôle qu'ils occupent dans la société et à l'importance de ne pas vivre en vase clos», croit Michel Leduc.
L'OFQJ estime à 5000 dollars le coût de cette mission en France. Cette année, le ministère de la Culture et la SODEC financent également le projet. Le ministère québécois participera cette semaine à un vaste débat sur la diversité culturelle. Dans le cas de la SODEC, l'organisme gouvernemental assume le coût de l'installation du stand québécois, soit quelque 10 000 dollars.
Notre journaliste effectue un séjour à l'Université d'été de la communication de Hourtin à l'invitation de l'OFPJ.
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