Retour à la case départ pour le textile et le vêtement
Photo : Agence France-Presse
Des employées vérifient la qualité du tissu produit dans une usine de la province chinoise de Hebei. Avec l’ouverture des marchés, le nombre d’emplois dans les secteurs du textile et du vêtement est passé au Canada de 123 000 en 1992 à 148 000
Le processus d'ouverture des marchés n'aura mis que deux ans pour enlever aux secteurs canadiens du textile et du vêtement tout le terrain qu'il leur avait permis de gagner durant les années 90.
Parti de 123 000 en 1992, le nombre total d'emplois dans les deux secteurs a d'abord grimpé au pays jusqu'à 148 000 en 2002 grâce aux accords de libre-échange qui leur ont permis de gagner plus de parts de marchés aux États-Unis qu'ils n'en ont cédé en retour, montre une étude de Statistique Canada dévoilée hier. La tendance allait toutefois s'inverser brutalement, avec l'ouverture grandissante aux exportations de la Chine, de l'Inde et d'autres pays du Sud, au point de ramener ce total à 121 400 emplois seulement deux ans plus tard.
Avant l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange canado-américain en 1989, poursuit StatCan, les importations étrangères ne comptaient que pour 30 % du marché canadien de textile et du vêtement. Trois ans plus tard, les importations en provenance des États-Unis avaient déjà fait passer cette proportion à 35 % dans le secteur du vêtement et à 43 % dans celui du textile. En 2004, les importations étrangères comptaient dans les deux cas pour plus de 60 %.
Cette augmentation des importations étrangères au pays a été compensée, durant les années 90, par une augmentation équivalente et même supérieure des exportations canadiennes aux États-Unis. La valeur totale des exportations de textile et de vêtement au sud de la frontière est ainsi passée de un milliard en 1992 à un sommet de 5,2 milliards en 2000, 2001, et 2002. Ces exportations se sont toutefois mises, depuis, à redescendre avec la fulgurante montée en force de la concurrence chinoise dont les exportations de textile aux États-Unis sont passées, de 1997 à 2004, d'une valeur totale de 1,5 milliard à cinq milliards, et les exportations de vêtements ont crû de sept milliards à 13 milliards.
Relativement stables de 1992 à 1999, les exportations chinoises au Canada ont crû de façon débridée particulièrement depuis l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2002 et l'élimination graduelle des tarifs et quotas en vertu de son Accord multifibres. Comptant en 1992 pour seulement 2,7 % de l'ensemble du marché canadien, les importations de textile chinois étaient rendues à 9,2 % en 2004. Ce phénomène se fait encore plus sentir dans le secteur du vêtement où la Chine compte désormais pour 22 % de la demande totale canadienne, comparativement à 7 % 12 ans plus tôt.
La Chine n'est toutefois pas la seule à gagner des parts de marchés. Les importations de textile et de vêtement en provenance de l'Inde ont en effet triplé de 1992 à 2004. Elles comptent désormais pour 2 % des importations canadiennes de textile et 7 % des importations de vêtements. Le Mexique a, quant à lui, multiplié par cinq ses exportations au Canada dans ces deux secteurs durant la même période et représente aujourd'hui 3 % des importations canadiennes de textile et 5 % des importations de vêtements.
Choc à venir
Tous ces chiffres ne tiennent pas compte de l'abolition, le 1er janvier dernier, des derniers quotas dans le domaine. Bien qu'il soit encore trop tôt pour avoir des données officielles, les estimations préliminaires qui circulent dans l'industrie canadienne parlent de hausse d'environ deux tiers dans certains segments de marché.
Statistique Canada n'a à offrir, pour le moment, pour tout indice, que le précédent établi par la levée, en 2003, par le Canada, des quotas et tarifs dans les secteurs du vêtement et du textile qui s'appliquaient aux pays les plus pauvres. Seul pays d'importance dans le secteur à faire partie du nombre, le Bangladesh a vu le montant de ses exportations au Canada pratiquement tripler, passant de 165 millions, en 2000, à 480 millions en 2004.
Souvent abordés conjointement, les secteurs du textile et du vêtement sont néanmoins très différents, rappelle StatCan, et ne seront pas nécessairement frappés de la même façon. Le développement des textiles techniques exige de plus en plus de cette industrie qu'elle investisse des capitaux importants dans l'achat de nouvelles machines et l'emploi de travailleurs hautement qualifiés qui ne sont généralement pas à la portée des pays du Sud. Le secteur du vêtement, au contraire, dépend encore bien souvent d'une main-d'oeuvre importante, mais relativement peu qualifiée, soit une ressource dont le tiers monde et les économies émergentes ne manquent généralement pas.
De toutes les régions au Canada, rappelons que c'est au Québec que l'on trouve le plus de travailleurs dans ces deux secteurs. Leur nombre total serait aujourd'hui, à 62 100, à peine plus élevé qu'il ne l'était en 1992 alors que l'on en comptait 61 000. L'agence rappelle, toutefois, que ce total était encore de 72 400 pas plus tard qu'en 2003.
Parti de 123 000 en 1992, le nombre total d'emplois dans les deux secteurs a d'abord grimpé au pays jusqu'à 148 000 en 2002 grâce aux accords de libre-échange qui leur ont permis de gagner plus de parts de marchés aux États-Unis qu'ils n'en ont cédé en retour, montre une étude de Statistique Canada dévoilée hier. La tendance allait toutefois s'inverser brutalement, avec l'ouverture grandissante aux exportations de la Chine, de l'Inde et d'autres pays du Sud, au point de ramener ce total à 121 400 emplois seulement deux ans plus tard.
Avant l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange canado-américain en 1989, poursuit StatCan, les importations étrangères ne comptaient que pour 30 % du marché canadien de textile et du vêtement. Trois ans plus tard, les importations en provenance des États-Unis avaient déjà fait passer cette proportion à 35 % dans le secteur du vêtement et à 43 % dans celui du textile. En 2004, les importations étrangères comptaient dans les deux cas pour plus de 60 %.
Cette augmentation des importations étrangères au pays a été compensée, durant les années 90, par une augmentation équivalente et même supérieure des exportations canadiennes aux États-Unis. La valeur totale des exportations de textile et de vêtement au sud de la frontière est ainsi passée de un milliard en 1992 à un sommet de 5,2 milliards en 2000, 2001, et 2002. Ces exportations se sont toutefois mises, depuis, à redescendre avec la fulgurante montée en force de la concurrence chinoise dont les exportations de textile aux États-Unis sont passées, de 1997 à 2004, d'une valeur totale de 1,5 milliard à cinq milliards, et les exportations de vêtements ont crû de sept milliards à 13 milliards.
Relativement stables de 1992 à 1999, les exportations chinoises au Canada ont crû de façon débridée particulièrement depuis l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2002 et l'élimination graduelle des tarifs et quotas en vertu de son Accord multifibres. Comptant en 1992 pour seulement 2,7 % de l'ensemble du marché canadien, les importations de textile chinois étaient rendues à 9,2 % en 2004. Ce phénomène se fait encore plus sentir dans le secteur du vêtement où la Chine compte désormais pour 22 % de la demande totale canadienne, comparativement à 7 % 12 ans plus tôt.
La Chine n'est toutefois pas la seule à gagner des parts de marchés. Les importations de textile et de vêtement en provenance de l'Inde ont en effet triplé de 1992 à 2004. Elles comptent désormais pour 2 % des importations canadiennes de textile et 7 % des importations de vêtements. Le Mexique a, quant à lui, multiplié par cinq ses exportations au Canada dans ces deux secteurs durant la même période et représente aujourd'hui 3 % des importations canadiennes de textile et 5 % des importations de vêtements.
Choc à venir
Tous ces chiffres ne tiennent pas compte de l'abolition, le 1er janvier dernier, des derniers quotas dans le domaine. Bien qu'il soit encore trop tôt pour avoir des données officielles, les estimations préliminaires qui circulent dans l'industrie canadienne parlent de hausse d'environ deux tiers dans certains segments de marché.
Statistique Canada n'a à offrir, pour le moment, pour tout indice, que le précédent établi par la levée, en 2003, par le Canada, des quotas et tarifs dans les secteurs du vêtement et du textile qui s'appliquaient aux pays les plus pauvres. Seul pays d'importance dans le secteur à faire partie du nombre, le Bangladesh a vu le montant de ses exportations au Canada pratiquement tripler, passant de 165 millions, en 2000, à 480 millions en 2004.
Souvent abordés conjointement, les secteurs du textile et du vêtement sont néanmoins très différents, rappelle StatCan, et ne seront pas nécessairement frappés de la même façon. Le développement des textiles techniques exige de plus en plus de cette industrie qu'elle investisse des capitaux importants dans l'achat de nouvelles machines et l'emploi de travailleurs hautement qualifiés qui ne sont généralement pas à la portée des pays du Sud. Le secteur du vêtement, au contraire, dépend encore bien souvent d'une main-d'oeuvre importante, mais relativement peu qualifiée, soit une ressource dont le tiers monde et les économies émergentes ne manquent généralement pas.
De toutes les régions au Canada, rappelons que c'est au Québec que l'on trouve le plus de travailleurs dans ces deux secteurs. Leur nombre total serait aujourd'hui, à 62 100, à peine plus élevé qu'il ne l'était en 1992 alors que l'on en comptait 61 000. L'agence rappelle, toutefois, que ce total était encore de 72 400 pas plus tard qu'en 2003.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

