Diminuer le risque
À l'occasion de cette chronique, nous avons déjà présenté et évalué certains outils qui aident à mesurer le risque d'un fonds commun de placement. Cependant, il importe de bien distinguer la mesure du risque des façons possibles de diminuer le risque. À moins d'acheter des produits offrant des garanties sur le capital tel les fonds monétaires, le risque est toujours là, mais il existe des moyens efficaces de diminuer ce facteur, et c'est à ce tour d'horizon que je vous convie.
La règle prioritaire que chaque investisseur devrait respecter, que ce soit pour les fonds ou pour d'autres produits financiers, concerne la détention à long terme: on doit en être conscient lorsqu'on élabore une stratégie de placement. Si le long terme ne fait pas disparaître le risque, il est prouvé qu'il le réduit pour toutes les classes d'actif.
Jeremy Siegel a publié en 1998 un livre dont le titre est fort éloquent : Stocks in the Long Run (traduction libre : Les actions à long terme). La thèse de Siegel est simple: à long terme, les actions dominent les autres classes d'actif, puisque le rendement est supérieur et que le risque à long terme est inférieur au risque à court terme. On peut résumer le tout en disant qu'il y a davantage de bonnes périodes que de mauvaises périodes. Si vous êtes patient, vous serez récompensé.
Lorsque l'on consulte les données sur les rendements des fonds communs de placement, on constate que la volatilité diminue à mesure que l'on allonge l'horizon de placement. Les données montrent que la volatilité pour une période de cinq ans est inférieure à la volatilité pour une période de trois ans. Le professeur de finance Moshe A.Milevsky, de l'Université York, évalue à 40 % la probabilité de perdre de l'argent lorsque l'on investit le gros de son portefeuille en actions pour un horizon de 1 an. Cette probabilité tombe à 25 % pour cinq ans, à 15 % pour 10 ans et à moins de 5 % pour 35 ans. L'idée est fort simple: plus votre horizon de placement est long, plus le pourcentage de votre actif en actions ou en fonds d'actions devrait être élevé. En fait, le risque, c'est de se retrouver avec un rendement plus faible à long terme si l'on n'a pas ou peu de fonds d'actions dans son portefeuille.
Même s'il existe plusieurs techniques qui permettront de diminuer le risque d'un portefeuille, il reste que le plus gros risque se situe toujours entre les deux oreilles de l'investisseur. Un exemple: l'un des meilleurs fonds de la petite histoire des fonds communs de placement a été le Magellan Funds de Fidelity géré par Peter Lynch. Pendant plus de 20 ans, ce fonds a produit, en moyenne, un rendement d'un peu plus de 20 %. Par contre, durant cette période, plus de 60 % des détenteurs de parts de ce fonds ont perdu de l'argent. Pourquoi? Parce que la grande majorité des investisseurs achètent leurs fonds au moment où le marché est au plafond d'une hausse boursière et les revendent quand le marché est au plus bas. Rappelez-vous octobre 1987 et les premiers mois de la présente année.
Dix règles
L'observation du comportement d'investisseurs sages m'a amené à formuler 10 règles pour diminuer le risque de votre portefeuille:
1. Faites vos achats et agissez comme si vous étiez sur une île déserte pendant 10 ans. De cette façon, vous serez certain de ne pas céder à la panique au moment d'une baisse de marché.
2. Lorsque vous composez votre portefeuille, choisissez des fonds qui ont des qualités différentes et complémentaires.
3. Constituez votre portefeuille en faisant la répartition par catégorie d'actif, par secteur géographique et par secteur d'activités.
4. Assurez-vous d'une bonne répartition de votre actif en choisissant des gestionnaires qui ont des styles de gestion différents.
5. Profitez de la stratégie de la moyenne d'achat.
6. Profitez des baisses du marché.
7. Procédez à un rééquilibrage de votre portefeuille chaque année.
8. Ne tentez jamais de prévoir le marché. Selon la firme de recherche Dalbar, les investisseurs perdent, en moyenne, de 4,5 % à 5 % annuellement parce qu'ils prennent des décisions fondées sur les prévisions du marché. Rappelez-vous l'histoire du fonds Magellan.
9. Ne vous préoccupez jamais du marché; de toute façon vous ne pouvez rien faire pour le modifier.
10. Trouvez-vous un conseiller compétent avec lequel vous vous sentez en confiance. Écoutez ses conseils, mais n'oubliez pas de faire votre travail d'investisseur avec minutie.
question@avantages.com
Jeremy Siegel, Stocks in the Long Run, 2e édition, New York, MacGraw-Hill, 1998, 301p.
Moshe A.Milevsky, Space-Time Diversification, advisors, juin 1998, pp. 44-46.
Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
La règle prioritaire que chaque investisseur devrait respecter, que ce soit pour les fonds ou pour d'autres produits financiers, concerne la détention à long terme: on doit en être conscient lorsqu'on élabore une stratégie de placement. Si le long terme ne fait pas disparaître le risque, il est prouvé qu'il le réduit pour toutes les classes d'actif.
Jeremy Siegel a publié en 1998 un livre dont le titre est fort éloquent : Stocks in the Long Run (traduction libre : Les actions à long terme). La thèse de Siegel est simple: à long terme, les actions dominent les autres classes d'actif, puisque le rendement est supérieur et que le risque à long terme est inférieur au risque à court terme. On peut résumer le tout en disant qu'il y a davantage de bonnes périodes que de mauvaises périodes. Si vous êtes patient, vous serez récompensé.
Lorsque l'on consulte les données sur les rendements des fonds communs de placement, on constate que la volatilité diminue à mesure que l'on allonge l'horizon de placement. Les données montrent que la volatilité pour une période de cinq ans est inférieure à la volatilité pour une période de trois ans. Le professeur de finance Moshe A.Milevsky, de l'Université York, évalue à 40 % la probabilité de perdre de l'argent lorsque l'on investit le gros de son portefeuille en actions pour un horizon de 1 an. Cette probabilité tombe à 25 % pour cinq ans, à 15 % pour 10 ans et à moins de 5 % pour 35 ans. L'idée est fort simple: plus votre horizon de placement est long, plus le pourcentage de votre actif en actions ou en fonds d'actions devrait être élevé. En fait, le risque, c'est de se retrouver avec un rendement plus faible à long terme si l'on n'a pas ou peu de fonds d'actions dans son portefeuille.
Même s'il existe plusieurs techniques qui permettront de diminuer le risque d'un portefeuille, il reste que le plus gros risque se situe toujours entre les deux oreilles de l'investisseur. Un exemple: l'un des meilleurs fonds de la petite histoire des fonds communs de placement a été le Magellan Funds de Fidelity géré par Peter Lynch. Pendant plus de 20 ans, ce fonds a produit, en moyenne, un rendement d'un peu plus de 20 %. Par contre, durant cette période, plus de 60 % des détenteurs de parts de ce fonds ont perdu de l'argent. Pourquoi? Parce que la grande majorité des investisseurs achètent leurs fonds au moment où le marché est au plafond d'une hausse boursière et les revendent quand le marché est au plus bas. Rappelez-vous octobre 1987 et les premiers mois de la présente année.
Dix règles
L'observation du comportement d'investisseurs sages m'a amené à formuler 10 règles pour diminuer le risque de votre portefeuille:
1. Faites vos achats et agissez comme si vous étiez sur une île déserte pendant 10 ans. De cette façon, vous serez certain de ne pas céder à la panique au moment d'une baisse de marché.
2. Lorsque vous composez votre portefeuille, choisissez des fonds qui ont des qualités différentes et complémentaires.
3. Constituez votre portefeuille en faisant la répartition par catégorie d'actif, par secteur géographique et par secteur d'activités.
4. Assurez-vous d'une bonne répartition de votre actif en choisissant des gestionnaires qui ont des styles de gestion différents.
5. Profitez de la stratégie de la moyenne d'achat.
6. Profitez des baisses du marché.
7. Procédez à un rééquilibrage de votre portefeuille chaque année.
8. Ne tentez jamais de prévoir le marché. Selon la firme de recherche Dalbar, les investisseurs perdent, en moyenne, de 4,5 % à 5 % annuellement parce qu'ils prennent des décisions fondées sur les prévisions du marché. Rappelez-vous l'histoire du fonds Magellan.
9. Ne vous préoccupez jamais du marché; de toute façon vous ne pouvez rien faire pour le modifier.
10. Trouvez-vous un conseiller compétent avec lequel vous vous sentez en confiance. Écoutez ses conseils, mais n'oubliez pas de faire votre travail d'investisseur avec minutie.
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Jeremy Siegel, Stocks in the Long Run, 2e édition, New York, MacGraw-Hill, 1998, 301p.
Moshe A.Milevsky, Space-Time Diversification, advisors, juin 1998, pp. 44-46.
Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
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