La réussite économique de la Chine a de fortes limites sociales
19 janvier 2005
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Amartya Sen, Prix Nobel d’économie en 1998.
Paris — La réussite économique de la Chine s'accompagne de graves limites en termes de santé publique et d'aggravation des inégalités, affirme Amartya Sen, Prix Nobel d'économie en 1998, dans un entretien au journal français Le Monde daté d'aujourd'hui.
«La Chine est passée d'un extrême à un autre, de modèle social à modèle économique, sans parvenir à concilier les deux. Elle a été, pendant l'époque maoïste, le pays qui a mené la politique de santé et d'éducation la plus ambitieuse alors que ses performances économiques étaient médiocres», souligne cet économiste indien. «Puis à la fin des années 1970, elle a entrepris des réformes et a transformé notre vision du monde en prouvant qu'un pays pauvre, pour peu qu'il introduise les bonnes incitations, pouvait s'intégrer avec succès à l'économie mondiale», poursuit-il.
«Cette réussite a cependant ses limites. Le niveau de santé publique recule et les inégalités se sont creusées à une rapidité que je n'ai observée nulle part ailleurs», souligne-t-il.
Dans ce contexte, «l'absence de démocratie joue un rôle important car, dans un pays fondé sur le multipartisme, aucun gouvernement n'aurait survécu à une privatisation aussi brutale du système d'assurance-santé ou à une distribution aussi inégale des bénéfices de la croissance. Il aurait perdu les élections», note-t-il.
En Inde, à l'inverse, le nouveau gouvernement, à peine élu, «s'est déclaré en faveur de la globalisation, mais avec un partage des richesses équitable», souligne-t-il.
La situation en Chine, selon lui est «triste» et traduit une «pauvreté». «Ce n'est certainement pas une leçon pour les autres pays car nous savons que le monde a besoin de davantage d'éducation, de santé, et d'une vision du développement qui fasse davantage de place à l'équité sociale», conclut-il.
«La Chine est passée d'un extrême à un autre, de modèle social à modèle économique, sans parvenir à concilier les deux. Elle a été, pendant l'époque maoïste, le pays qui a mené la politique de santé et d'éducation la plus ambitieuse alors que ses performances économiques étaient médiocres», souligne cet économiste indien. «Puis à la fin des années 1970, elle a entrepris des réformes et a transformé notre vision du monde en prouvant qu'un pays pauvre, pour peu qu'il introduise les bonnes incitations, pouvait s'intégrer avec succès à l'économie mondiale», poursuit-il.
«Cette réussite a cependant ses limites. Le niveau de santé publique recule et les inégalités se sont creusées à une rapidité que je n'ai observée nulle part ailleurs», souligne-t-il.
Dans ce contexte, «l'absence de démocratie joue un rôle important car, dans un pays fondé sur le multipartisme, aucun gouvernement n'aurait survécu à une privatisation aussi brutale du système d'assurance-santé ou à une distribution aussi inégale des bénéfices de la croissance. Il aurait perdu les élections», note-t-il.
En Inde, à l'inverse, le nouveau gouvernement, à peine élu, «s'est déclaré en faveur de la globalisation, mais avec un partage des richesses équitable», souligne-t-il.
La situation en Chine, selon lui est «triste» et traduit une «pauvreté». «Ce n'est certainement pas une leçon pour les autres pays car nous savons que le monde a besoin de davantage d'éducation, de santé, et d'une vision du développement qui fasse davantage de place à l'équité sociale», conclut-il.
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