Guerre de prix dans une industrie aérienne en crise
La guerre de prix qu'a lancé Delta cette semaine prend l'allure d'une tentative empruntant au désespoir dans une industrie en crise. Déja malmenées par les transporteurs à escompte, les compagnies aériennes dites traditionnelles ne voient pas la fin de ces pressions s'exerçant sur elles, amplifiées depuis les événements du 11 septembre 2001.
Flambée du prix du carburant, négociations ardues avec les employés afin d'obtenir les concessions requises en matière de coûts, obligations croissante associée aux régimes de pension... La liste de contraintes était déjà lourde dans une industrie aux prises à une surcapacité chronique. Voilà qu'American Airlines, la première compagnie aérienne américaine, n'aura attendu qu'un peu plus de 24 heures pour imiter sa concurrente Delta Air Lines et annoncer une baisse drastique de ses tarifs aux États-Unis. American a également simplifié sa grille tarifaire. En guise d'exemple, American Airlines a indiqué qu'un aller simple en classe éco de DallasFort Worth à Seattle a vu son prix baisser de 55 % à 499 $US.
Auparavant, Northwest et US Airways avaient déjà aligné leurs tarifs sur Delta.
L'annonce de la décision de Delta a créé une onde de choc qui a secoué toutes les compagnies aériennes historiques, qui pourtant ont a déjà bien assez de problèmes. Delta a de fait lancé une guerre des prix entre des entreprises qui pour l'heure perdent quasiment toutes de l'argent depuis les attentats du 11 septembre et qui avaient déjà fort à faire contre les compagnies à bas coûts.
La compagnie partenaire d'Air France dans Skyteam, qui a évité la faillite en novembre dernier à l'issue d'un accord de réduction des coûts trouvé avec son personnel, a annoncé mercredi une «simplification» de ses tarifs sous la forme d'une baisse pouvant atteindre 50 % des prix de tous ses vols intérieurs.
Ainsi un aller simple en classe économique, aux États-Unis, ne pourra pas coûter plus de 499 $US. Une mesure qui fait partie des efforts de restructuration et d'amélioration de la qualité de service annoncés en septembre par le groupe.
L'objectif est de fidéliser une clientèle qui peut être attirée par les compagnies à bas prix (low-cost) comme Southwest et JetBlue, qui connaissent une popularité croissante aux États-Unis et sont les seules à enregistrer des bénéfices dans le secteur, face aux compagnies traditionnelles qui luttent pour leur rentabilité et ont perdu depuis trois ans des milliards de dollars. Cette baisse des prix fait écho à celle annoncée récemment par American Airlines, qui a modifié ses offres pour le sud de la Floride, afin de défendre sa position sur Miami.
Selon plusieurs analystes, la baisse tarifaire sur tous les vols domestiques décidée par Delta risque de relancer une guerre des prix du secteur, forçant les compagnies traditionnelles à se rapprocher des tarifs des low-cost. Ce qui fait planer des inquiétudes pour les compagnies traditionnelles, sachant que celles ci doivent déjà faire face à la pression des prix du pétrole, un marché américain difficile et des coûts de fonctionnement trop élevés.
Si Delta a récemment évité la faillite, Continental est aujourd'hui dans une situation critique, tandis qu'US Airways tente de s'extraire de la faillite dans laquelle il est tombé pour la deuxième fois depuis 2001.
La fin d'US Airways
La banque d'affaires Merrill Lynch, qui a abaissé mercredi ses recommandations sur American Airlines, Northwest et Delta, juge «probable» l'adoption par les autres compagnies traditionnelles d'offres tarifaires similaires. Un scénario «qui pourrait signifier une baisse annuelle de deux à trois milliards de dollars du chiffre d'affaires sur la base d'un chiffre d'affaires des vols domestiques de 70 milliards en 2004».
Conséquence directe et probable de la nouvelle offre de Delta Air Lines, «la fin d'US Airways qui recoupe 60 % du marché domestique de Delta», avertit la banque dans une note d'analyse, ce qui pourrait par ailleurs «être positif pour le secteur».
Selon l'agence de notation Standard and Poor's, la nouvelle offre tarifaire de Delta, qui «n'évolue pas du tout vers la structure de prix» des low-cost, est une décision «importante» qui «risque de stimuler d'autres changements tarifaires chez les concurrents».
Northwest, compagnie qui a dû — comme ses concurrentes américaines — négocier avec ses personnels en vue de réduire ses coûts, a pour sa part averti mercredi que «l'initiative» de Delta, si elle se généralise, aura immédiatement un effet «significatif et défavorable sur le chiffre d'affaires du secteur», à commencer par le sien.
Flambée du prix du carburant, négociations ardues avec les employés afin d'obtenir les concessions requises en matière de coûts, obligations croissante associée aux régimes de pension... La liste de contraintes était déjà lourde dans une industrie aux prises à une surcapacité chronique. Voilà qu'American Airlines, la première compagnie aérienne américaine, n'aura attendu qu'un peu plus de 24 heures pour imiter sa concurrente Delta Air Lines et annoncer une baisse drastique de ses tarifs aux États-Unis. American a également simplifié sa grille tarifaire. En guise d'exemple, American Airlines a indiqué qu'un aller simple en classe éco de DallasFort Worth à Seattle a vu son prix baisser de 55 % à 499 $US.
Auparavant, Northwest et US Airways avaient déjà aligné leurs tarifs sur Delta.
L'annonce de la décision de Delta a créé une onde de choc qui a secoué toutes les compagnies aériennes historiques, qui pourtant ont a déjà bien assez de problèmes. Delta a de fait lancé une guerre des prix entre des entreprises qui pour l'heure perdent quasiment toutes de l'argent depuis les attentats du 11 septembre et qui avaient déjà fort à faire contre les compagnies à bas coûts.
La compagnie partenaire d'Air France dans Skyteam, qui a évité la faillite en novembre dernier à l'issue d'un accord de réduction des coûts trouvé avec son personnel, a annoncé mercredi une «simplification» de ses tarifs sous la forme d'une baisse pouvant atteindre 50 % des prix de tous ses vols intérieurs.
Ainsi un aller simple en classe économique, aux États-Unis, ne pourra pas coûter plus de 499 $US. Une mesure qui fait partie des efforts de restructuration et d'amélioration de la qualité de service annoncés en septembre par le groupe.
L'objectif est de fidéliser une clientèle qui peut être attirée par les compagnies à bas prix (low-cost) comme Southwest et JetBlue, qui connaissent une popularité croissante aux États-Unis et sont les seules à enregistrer des bénéfices dans le secteur, face aux compagnies traditionnelles qui luttent pour leur rentabilité et ont perdu depuis trois ans des milliards de dollars. Cette baisse des prix fait écho à celle annoncée récemment par American Airlines, qui a modifié ses offres pour le sud de la Floride, afin de défendre sa position sur Miami.
Selon plusieurs analystes, la baisse tarifaire sur tous les vols domestiques décidée par Delta risque de relancer une guerre des prix du secteur, forçant les compagnies traditionnelles à se rapprocher des tarifs des low-cost. Ce qui fait planer des inquiétudes pour les compagnies traditionnelles, sachant que celles ci doivent déjà faire face à la pression des prix du pétrole, un marché américain difficile et des coûts de fonctionnement trop élevés.
Si Delta a récemment évité la faillite, Continental est aujourd'hui dans une situation critique, tandis qu'US Airways tente de s'extraire de la faillite dans laquelle il est tombé pour la deuxième fois depuis 2001.
La fin d'US Airways
La banque d'affaires Merrill Lynch, qui a abaissé mercredi ses recommandations sur American Airlines, Northwest et Delta, juge «probable» l'adoption par les autres compagnies traditionnelles d'offres tarifaires similaires. Un scénario «qui pourrait signifier une baisse annuelle de deux à trois milliards de dollars du chiffre d'affaires sur la base d'un chiffre d'affaires des vols domestiques de 70 milliards en 2004».
Conséquence directe et probable de la nouvelle offre de Delta Air Lines, «la fin d'US Airways qui recoupe 60 % du marché domestique de Delta», avertit la banque dans une note d'analyse, ce qui pourrait par ailleurs «être positif pour le secteur».
Selon l'agence de notation Standard and Poor's, la nouvelle offre tarifaire de Delta, qui «n'évolue pas du tout vers la structure de prix» des low-cost, est une décision «importante» qui «risque de stimuler d'autres changements tarifaires chez les concurrents».
Northwest, compagnie qui a dû — comme ses concurrentes américaines — négocier avec ses personnels en vue de réduire ses coûts, a pour sa part averti mercredi que «l'initiative» de Delta, si elle se généralise, aura immédiatement un effet «significatif et défavorable sur le chiffre d'affaires du secteur», à commencer par le sien.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

