La chute du dollar américain devrait se poursuivre
20 novembre 2004
Actualités économiques
New York — La baisse du dollar américain devrait se poursuivre au cours des prochains mois, les économistes tablant en majorité sur un euro à 1,35 $US début 2005 en raison de la réélection de George W. Bush, dont la politique est jugée favorable à l'affaiblissement du billet vert.
Le marché ne croit plus le gouvernement américain lorsqu'il répète que la politique du dollar fort est toujours d'actualité, explique John Silvia, principal économiste de Wachovia, qui s'attend à ce que l'euro atteigne 1,35 $US début 2005. Une analyse partagée par John Rothfield, de Bank of America, Dennis Heidt, économiste de BNP-Paribas et David Gilmore, de FX Analytics. «Les commentaires récents du secrétaire au Trésor, John Snow, ont été interprétés comme un feu vert pour vendre du dollar», selon John Silvia.
En estimant qu'une intervention concertée des banques centrales pour faire remonter le dollar n'était pas souhaitable, M. Snow a signifié son opposition à toute action volontariste pour soutenir le billet vert et éloigné la perspective d'une action concertée entre les grandes banques centrales dans ce but, précise-t-il. Des propos qui ont propulsé l'euro à un nouveau record, à 1,3074 $US, jeudi.
Réduire le déficit des comptes courants
De fait la baisse du dollar dope les exportations américaines et réduit la facture de leurs importations, aidant ainsi à la réduction du déficit des comptes courants américains, qui a atteint le record de 166,2 milliards au deuxième trimestre 2004.
Cette politique fait le bonheur des industriels américains, qui martèlent que l'affaiblissement du dollar est souhaitable. «Le dollar n'est pas devenu trop faible, il est même toujours trop élevé», déclarait ainsi mercredi Frank Vargo, de l'association américaine des industriels (NAM), dans un communiqué. «La baisse ordonnée du dollar sur les marchés mondiaux fait sens pour les entreprises américaines et aide à diminuer l'énorme déficit commercial de 600 milliards des États-Unis», ajoute-t-il.
En outre, le président Bush doit encore convaincre que son plan de réduction de moitié de l'énorme déficit budgétaire (413 milliards en 2004) en cinq ans est crédible. Tant que le doute subsistera, le dollar souffrira.
Toutefois, s'ils s'accordent pour leurs prévisions du début 2005, les experts divergent sur la tendance que pourrait adopter le dollar par la suite.
John Rothfield, de Bank of America, table sur un euro à 1,27 $US à la fin 2005, tout comme Sophia Drossos, stratège de Morgan Stanley. «Nous pensons que les conditions économiques sont très bonnes pour 2005. [...] La demande devrait continuer à croître», explique M. Rothfield. «La Chine semble être prête à introduire une plus grande flexibilité dans sa monnaie», souligne pour sa part Sophia Drossos, ce qui devrait transférer une partie du poids de la dévaluation du dollar de l'euro vers les monnaies asiatiques.
Toutefois, d'autres économistes jugent au contraire que les déséquilibres structurels de l'économie américaine vont l'emporter sur sa vigueur. David Gilmore s'attend à ce que l'euro se stabilise à 1,35 $US à la fin 2005, tout comme Greg Anderson, d'ABN-Amro, mais John Silva, le plus pessimiste pour le billet vert, s'attend à ce que le dollar chute jusqu'à 1,47 $US pour un euro d'ici décembre prochain.
Les économistes écartent malgré tout l'éventualité d'une véritable «crise du dollar» «à moins que quelqu'un à Washington dise quelque chose de vraiment stupide, comme "un dollar plus faible est dans notre intérêt national", ou qu'il y ait aux États-Unis une nouvelle attaque terroriste majeure», affirme M. Silvia.
Le marché ne croit plus le gouvernement américain lorsqu'il répète que la politique du dollar fort est toujours d'actualité, explique John Silvia, principal économiste de Wachovia, qui s'attend à ce que l'euro atteigne 1,35 $US début 2005. Une analyse partagée par John Rothfield, de Bank of America, Dennis Heidt, économiste de BNP-Paribas et David Gilmore, de FX Analytics. «Les commentaires récents du secrétaire au Trésor, John Snow, ont été interprétés comme un feu vert pour vendre du dollar», selon John Silvia.
En estimant qu'une intervention concertée des banques centrales pour faire remonter le dollar n'était pas souhaitable, M. Snow a signifié son opposition à toute action volontariste pour soutenir le billet vert et éloigné la perspective d'une action concertée entre les grandes banques centrales dans ce but, précise-t-il. Des propos qui ont propulsé l'euro à un nouveau record, à 1,3074 $US, jeudi.
Réduire le déficit des comptes courants
De fait la baisse du dollar dope les exportations américaines et réduit la facture de leurs importations, aidant ainsi à la réduction du déficit des comptes courants américains, qui a atteint le record de 166,2 milliards au deuxième trimestre 2004.
Cette politique fait le bonheur des industriels américains, qui martèlent que l'affaiblissement du dollar est souhaitable. «Le dollar n'est pas devenu trop faible, il est même toujours trop élevé», déclarait ainsi mercredi Frank Vargo, de l'association américaine des industriels (NAM), dans un communiqué. «La baisse ordonnée du dollar sur les marchés mondiaux fait sens pour les entreprises américaines et aide à diminuer l'énorme déficit commercial de 600 milliards des États-Unis», ajoute-t-il.
En outre, le président Bush doit encore convaincre que son plan de réduction de moitié de l'énorme déficit budgétaire (413 milliards en 2004) en cinq ans est crédible. Tant que le doute subsistera, le dollar souffrira.
Toutefois, s'ils s'accordent pour leurs prévisions du début 2005, les experts divergent sur la tendance que pourrait adopter le dollar par la suite.
John Rothfield, de Bank of America, table sur un euro à 1,27 $US à la fin 2005, tout comme Sophia Drossos, stratège de Morgan Stanley. «Nous pensons que les conditions économiques sont très bonnes pour 2005. [...] La demande devrait continuer à croître», explique M. Rothfield. «La Chine semble être prête à introduire une plus grande flexibilité dans sa monnaie», souligne pour sa part Sophia Drossos, ce qui devrait transférer une partie du poids de la dévaluation du dollar de l'euro vers les monnaies asiatiques.
Toutefois, d'autres économistes jugent au contraire que les déséquilibres structurels de l'économie américaine vont l'emporter sur sa vigueur. David Gilmore s'attend à ce que l'euro se stabilise à 1,35 $US à la fin 2005, tout comme Greg Anderson, d'ABN-Amro, mais John Silva, le plus pessimiste pour le billet vert, s'attend à ce que le dollar chute jusqu'à 1,47 $US pour un euro d'ici décembre prochain.
Les économistes écartent malgré tout l'éventualité d'une véritable «crise du dollar» «à moins que quelqu'un à Washington dise quelque chose de vraiment stupide, comme "un dollar plus faible est dans notre intérêt national", ou qu'il y ait aux États-Unis une nouvelle attaque terroriste majeure», affirme M. Silvia.
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