La décote fait plonger l'action de Bombardier
13 novembre 2004
Actualités économiques
L'action de Bombardier a touché hier un creux historique, au lendemain de l'annonce d'une décote par la firme de notation Moody's qui relègue la dette de la multinationale montréalaise au rang de «pacotille». Le titre de Bombardier, qui se transigeait à plus de 26 $ en 2000, a clôturé à 2,53 $, en baisse de 8 ¢ après avoir glissé en cours de séance jusqu'à 2,50 $.
Même si la décision de Moody's, annoncée jeudi peu avant la clôture des marchés, a suscité une réaction de déception et de protestation de la part de Bombardier, des analystes ont dit qu'elle était prévisible. Ces analystes croient même que les trois autres agences de notation de crédit vont emboîter le pas et annoncer à leur tour une décote, ce qui aurait pour effet d'accroître la pression financière sur Bombardier. Ils estiment néanmoins que l'entreprise n'est pas menacée.
Plus que tout autre facteur, Moody's semble avoir réagi à la menace que fait peser sur le carnet de commandes de jets régionaux de Bombardier la mauvaise santé financière de ses deux principaux clients, les transporteurs US Airways et Delta.
Le premier s'est déjà placé en septembre sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, alors que le deuxième a jusqu'ici pu éviter cette mesure grâce à une importante réduction de salaire consentie par ses pilotes.
Le mois dernier, Bombardier a annoncé un ralentissement de la cadence de production de ses jets régionaux à 50 places, ce qui se traduit par la suppression de 2000 emplois, dont 1400 à Montréal. Plus tôt cette année, la division de transport sur rail de Bombardier avait également sabré dans ses effectifs, supprimant cette fois 6000 emplois, principalement en Europe.
Peu d'impact
L'analyste Pierre-Yves Terrisse, de Valeurs mobilières Desjardins, a estimé hier que la décote décrétée par Moody's aura somme toute peu d'impact sur les finances de Bombardier, compte tenu du solide bilan de l'entreprise.
Il croit toutefois qu'une telle annonce peut avoir des effets négatifs indirects, notamment auprès de la clientèle. Il cite ainsi le secteur des avions d'affaires, où un vendeur du concurrent américain Gulfstream se fera un devoir de dire à un client potentiel: «Êtes-vous certain de vouloir acheter un avion d'une compagnie dont la dette est considérée comme un titre de pacotille?»
Dans son communiqué transmis jeudi, Moody's disait s'attendre à ce que la décote incite certains créanciers de Bombardier à réclamer leur dû au cours des six prochains mois. Les sommes ainsi réclamées pourraient atteindre 431 millions.
Bombardier a précisé que ses liquidités à la fin du mois d'octobre atteignaient 4,9 milliards $US, en incluant les prêts bancaires et les marges de crédit récemment renouvelées.
L'analyste Cameron Doerksen, de la firme Dlouhy Merchant, croit lui aussi que le remboursement de telles créances ne serait pas problématique pour Bombardier. «Ils disposent de sommes considérables et ils ont accès à d'importants crédits, alors il n'y a pas d'inquiétude en ce qui concerne leurs liquidités.»
Même si Moody's a précisé que le projet de construire un nouveau jet régional de plus grande dimension, nécessitant des investissements de plus de deux milliards $US, pourrait fragiliser encore davantage la situation financière de Bombardier, M. Doerksen estime que ce facteur pèsera peu dans la balance lorsque viendra le temps pour le conseil d'administration de décider s'il va de l'avant ou non avec ce projet.
«Évidemment, s'ils ont besoin d'obtenir du financement sur les marchés, ça leur coûtera un peu plus cher, mais les marchés ne vont certainement pas les bouder pour autant», a ajouté l'analyste.
Même si la décision de Moody's, annoncée jeudi peu avant la clôture des marchés, a suscité une réaction de déception et de protestation de la part de Bombardier, des analystes ont dit qu'elle était prévisible. Ces analystes croient même que les trois autres agences de notation de crédit vont emboîter le pas et annoncer à leur tour une décote, ce qui aurait pour effet d'accroître la pression financière sur Bombardier. Ils estiment néanmoins que l'entreprise n'est pas menacée.
Plus que tout autre facteur, Moody's semble avoir réagi à la menace que fait peser sur le carnet de commandes de jets régionaux de Bombardier la mauvaise santé financière de ses deux principaux clients, les transporteurs US Airways et Delta.
Le premier s'est déjà placé en septembre sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, alors que le deuxième a jusqu'ici pu éviter cette mesure grâce à une importante réduction de salaire consentie par ses pilotes.
Le mois dernier, Bombardier a annoncé un ralentissement de la cadence de production de ses jets régionaux à 50 places, ce qui se traduit par la suppression de 2000 emplois, dont 1400 à Montréal. Plus tôt cette année, la division de transport sur rail de Bombardier avait également sabré dans ses effectifs, supprimant cette fois 6000 emplois, principalement en Europe.
Peu d'impact
L'analyste Pierre-Yves Terrisse, de Valeurs mobilières Desjardins, a estimé hier que la décote décrétée par Moody's aura somme toute peu d'impact sur les finances de Bombardier, compte tenu du solide bilan de l'entreprise.
Il croit toutefois qu'une telle annonce peut avoir des effets négatifs indirects, notamment auprès de la clientèle. Il cite ainsi le secteur des avions d'affaires, où un vendeur du concurrent américain Gulfstream se fera un devoir de dire à un client potentiel: «Êtes-vous certain de vouloir acheter un avion d'une compagnie dont la dette est considérée comme un titre de pacotille?»
Dans son communiqué transmis jeudi, Moody's disait s'attendre à ce que la décote incite certains créanciers de Bombardier à réclamer leur dû au cours des six prochains mois. Les sommes ainsi réclamées pourraient atteindre 431 millions.
Bombardier a précisé que ses liquidités à la fin du mois d'octobre atteignaient 4,9 milliards $US, en incluant les prêts bancaires et les marges de crédit récemment renouvelées.
L'analyste Cameron Doerksen, de la firme Dlouhy Merchant, croit lui aussi que le remboursement de telles créances ne serait pas problématique pour Bombardier. «Ils disposent de sommes considérables et ils ont accès à d'importants crédits, alors il n'y a pas d'inquiétude en ce qui concerne leurs liquidités.»
Même si Moody's a précisé que le projet de construire un nouveau jet régional de plus grande dimension, nécessitant des investissements de plus de deux milliards $US, pourrait fragiliser encore davantage la situation financière de Bombardier, M. Doerksen estime que ce facteur pèsera peu dans la balance lorsque viendra le temps pour le conseil d'administration de décider s'il va de l'avant ou non avec ce projet.
«Évidemment, s'ils ont besoin d'obtenir du financement sur les marchés, ça leur coûtera un peu plus cher, mais les marchés ne vont certainement pas les bouder pour autant», a ajouté l'analyste.
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