Les robots envahissent les usines
Le prix des machines baisse alors que le coût de la main-d'oeuvre augmente
21 octobre 2004
Actualités économiques
Genève — Le nombre de robots utilisés dans l'industrie mondiale a atteint un niveau record (800 772 à la fin de 2003) car le prix de ces machines baisse alors que le coût de la main-d'oeuvre augmente, constate la Commission économique des Nations unies pour l'Europe (CEE-ONU).
Dans son rapport annuel sur le développement de la robotique dans le monde publié hier, la CEE-ONU indique que cette tendance s'est traduite cette année par une hausse de 18 % des commandes de robots industriels au cours des six premiers mois de 2004 par rapport au premier semestre 2003.
L'industrie automobile mondiale utilise aujourd'hui un robot pour dix ouvriers, souligne le rapport.
«Cet investissement massif s'explique par le prix des robots, stable ou en baisse, des coûts de main-d'oeuvre en hausse et une amélioration constante de la technologie», a expliqué l'auteur du rapport, Jan Karlsson, lors d'une conférence de presse.
Les entreprises, a-t-il souligné, achètent des robots même en période de récession, car ils présentent un double intérêt: ils augmentent les capacités de production tout en rationalisant cette production. «Quand l'économie se redresse, on peut alors augmenter la production sans nécessairement réembaucher du personnel.»
Selon les estimations de la CEE-ONU, le prix des robots industriels a chuté en moyenne de 66 % aux États-Unis depuis 1990, alors que dans le même temps le coût global de la main-d'oeuvre dans l'industrie américaine augmentait de 63 %.
Le Japon est toujours le pays le plus robotisé du monde avec 322 machines pour 10 000 travailleurs employés dans l'industrie, devant l'Allemagne (148), la Corée du Sud (138) et l'Italie (116). En revanche, l'industrie américaine, avec 103 515 machines, soit 63 pour 10 000 ouvriers, a toujours une densité de robots deux fois moindre environ que l'Union européenne (93).
À la maison
Déjà utilisés pour explorer la surface de Mars, souder des pièces de voiture ou déminer, les robots vont bientôt devenir indispensables à la maison, estime le même rapport de l'ONU.
Environ 1,3 million de «robots à usage personnel ou domestique» étaient en service dans le monde à la fin de 2003 et ce chiffre devrait passer à huit millions d'ici 2007. Du nombre, 607 000 sont employés à des tâches domestiques et 691 000 pour les loisirs mais ce sont surtout les automates utiles qui devraient être les plus nombreux à l'avenir.
Les experts de la CEE-ONU misent en particulier sur une diffusion rapide des aspirateurs automatisés capables de nettoyer la maison de fond en comble en navigant entre les meubles, sans intervention humaine. «Il est parfaitement raisonnable d'imaginer qu'il y aura un robot dans chaque maison dans dix ans», estime Colin Angle, p.-d.g. de la société iRobot.
«Il y a dix ans, on se demandait aussi si chaque foyer aurait bientôt son ordinateur, on n'en était pas certain mais Internet y a beaucoup contribué», renchérit Sukhan Lee, de la Sungkyunkwan University, en Corée du Sud.
Les recherches de l'armée
Les consommateurs profiteront aussi des recherches sur la robotique menées par l'industrie et des programmes du département américain de la défense sur les nouveaux systèmes d'armes, souligne l'auteur du rapport, Jan Karlsson. «Il y aura des retombées importantes» sur la robotique civile et domestique, affirme-t-il.
Colin Angle prédit l'apparition de robots nettoyeurs de vitres capables d'escalader les murs des immeubles et l'utilisation d'automates pour plier le linge au nettoyeur. Il admet cependant que le public «est lent à adopter» le robot pour des tâches plus complexes aujourd'hui effectuées par l'homme, comme la cuisine ou les soins. «Il faut instaurer petit à petit la confiance» entre humains et humanoïdes, recommande-t-il.
La publication du rapport de la CEE-ONU coïncide avec une exposition de robots au siège de l'ONU à Genève, dont des tondeuses à gazon automatisées qui se sont mises à tailler l'herbe mouillée des pelouses du Palais des nations.
Petite déception pour les amateurs de science-fiction: la plupart des robots domestiques n'auront pas forme humaine et seront montés sur roulettes. «Pour la quasi-totalité des tâches pratiques, il existe une forme plus efficace et moins coûteuse» que deux bras et deux jambes, explique Colin Angle. «Maintenir un robot debout implique une structure complexe, des gyroscopes, des contrepoids et 30 ou 40 moteurs.»
Et les experts s'accordent à dire que l'automatisation a des limites. Quand on leur demande si on pourra bientôt confier sans crainte son bambin à un robot baby-sitter, la réponse est un «non» catégorique.
Dans son rapport annuel sur le développement de la robotique dans le monde publié hier, la CEE-ONU indique que cette tendance s'est traduite cette année par une hausse de 18 % des commandes de robots industriels au cours des six premiers mois de 2004 par rapport au premier semestre 2003.
L'industrie automobile mondiale utilise aujourd'hui un robot pour dix ouvriers, souligne le rapport.
«Cet investissement massif s'explique par le prix des robots, stable ou en baisse, des coûts de main-d'oeuvre en hausse et une amélioration constante de la technologie», a expliqué l'auteur du rapport, Jan Karlsson, lors d'une conférence de presse.
Les entreprises, a-t-il souligné, achètent des robots même en période de récession, car ils présentent un double intérêt: ils augmentent les capacités de production tout en rationalisant cette production. «Quand l'économie se redresse, on peut alors augmenter la production sans nécessairement réembaucher du personnel.»
Selon les estimations de la CEE-ONU, le prix des robots industriels a chuté en moyenne de 66 % aux États-Unis depuis 1990, alors que dans le même temps le coût global de la main-d'oeuvre dans l'industrie américaine augmentait de 63 %.
Le Japon est toujours le pays le plus robotisé du monde avec 322 machines pour 10 000 travailleurs employés dans l'industrie, devant l'Allemagne (148), la Corée du Sud (138) et l'Italie (116). En revanche, l'industrie américaine, avec 103 515 machines, soit 63 pour 10 000 ouvriers, a toujours une densité de robots deux fois moindre environ que l'Union européenne (93).
À la maison
Déjà utilisés pour explorer la surface de Mars, souder des pièces de voiture ou déminer, les robots vont bientôt devenir indispensables à la maison, estime le même rapport de l'ONU.
Environ 1,3 million de «robots à usage personnel ou domestique» étaient en service dans le monde à la fin de 2003 et ce chiffre devrait passer à huit millions d'ici 2007. Du nombre, 607 000 sont employés à des tâches domestiques et 691 000 pour les loisirs mais ce sont surtout les automates utiles qui devraient être les plus nombreux à l'avenir.
Les experts de la CEE-ONU misent en particulier sur une diffusion rapide des aspirateurs automatisés capables de nettoyer la maison de fond en comble en navigant entre les meubles, sans intervention humaine. «Il est parfaitement raisonnable d'imaginer qu'il y aura un robot dans chaque maison dans dix ans», estime Colin Angle, p.-d.g. de la société iRobot.
«Il y a dix ans, on se demandait aussi si chaque foyer aurait bientôt son ordinateur, on n'en était pas certain mais Internet y a beaucoup contribué», renchérit Sukhan Lee, de la Sungkyunkwan University, en Corée du Sud.
Les recherches de l'armée
Les consommateurs profiteront aussi des recherches sur la robotique menées par l'industrie et des programmes du département américain de la défense sur les nouveaux systèmes d'armes, souligne l'auteur du rapport, Jan Karlsson. «Il y aura des retombées importantes» sur la robotique civile et domestique, affirme-t-il.
Colin Angle prédit l'apparition de robots nettoyeurs de vitres capables d'escalader les murs des immeubles et l'utilisation d'automates pour plier le linge au nettoyeur. Il admet cependant que le public «est lent à adopter» le robot pour des tâches plus complexes aujourd'hui effectuées par l'homme, comme la cuisine ou les soins. «Il faut instaurer petit à petit la confiance» entre humains et humanoïdes, recommande-t-il.
La publication du rapport de la CEE-ONU coïncide avec une exposition de robots au siège de l'ONU à Genève, dont des tondeuses à gazon automatisées qui se sont mises à tailler l'herbe mouillée des pelouses du Palais des nations.
Petite déception pour les amateurs de science-fiction: la plupart des robots domestiques n'auront pas forme humaine et seront montés sur roulettes. «Pour la quasi-totalité des tâches pratiques, il existe une forme plus efficace et moins coûteuse» que deux bras et deux jambes, explique Colin Angle. «Maintenir un robot debout implique une structure complexe, des gyroscopes, des contrepoids et 30 ou 40 moteurs.»
Et les experts s'accordent à dire que l'automatisation a des limites. Quand on leur demande si on pourra bientôt confier sans crainte son bambin à un robot baby-sitter, la réponse est un «non» catégorique.
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