Le marché pétrolier reprend son souffle
Les cours chutent, mais le répit devrait être éphémère
19 octobre 2004
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Un travailleur se fraie un chemin parmi les installations de la raffinerie chinoise de Sinopec Zhenhai. La flambée des prix du pétrole pèse maintenant clairement sur la croissance mondiale, ce que ne nient plus les grands responsables économiques.
New York — Les cours du pétrole brut ont chuté hier mais ce répit devrait être de courte durée alors que les craintes sur l'approvisionnement du marché à l'approche de l'hiver sont loin d'avoir disparu.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de brut de référence a clôturé sur une perte de 1,26 $US, à 53,67 $US. Il était monté lors des échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance officielle jusqu'à 55,33 $US, nouveau record historique.
À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a lui aussi fortement reculé de 1,02 $US, à 48,91 $US.
«Une pause était à attendre», juge Fadel Gheit, analyste de Oppenheimer, remarquant que les cours pétroliers ont réalisé une ascension presque continue depuis le début de l'année, soit un gain de 70 % en 10 mois.
Pour Seth Kleinman, analyste de PFC Energy, la baisse des cours hier est due à la crainte que «les prix élevés du pétrole n'entraînent une crise économique», qui pèserait sur la demande énergétique.
Un avis partagé par M. Gheit. «Les prix élevés du pétrole ne sont pas bons pour l'économie et leurs effets négatifs commencent à se faire sentir», affirme-t-il, faisant allusion à l'industrie aérienne, qui n'arrive pas à sortir du marasme, et à la métallurgie, dont les résultats devraient commencer à faiblir.
«Tous les secteurs industriels vont être touchés. La seule question est de savoir quelle sera l'amplitude de cet impact», insiste-t-il.
Seth Kleinman note toutefois que le repli des cours pétroliers hier semble «essentiellement technique» et «limité au court terme».
Difficultés d'approvisionnement
Le marché redoute des difficultés d'approvisionnement cet hiver alors que les stocks américains de fioul de chauffage sont inférieurs de 10 % à leur niveau de l'an passé à la même époque et que le climat va se refroidir au cours des prochains mois, accentuant la demande.
«Tous les facteurs haussiers sont toujours là», explique-t-il, en citant notamment le manque à gagner dans la production du golfe du Mexique, qui n'arrive toujours pas à se remettre des dégâts causés par le cyclone Ivan.
Plus d'un mois après le passage d'Ivan, la production de la région, où se concentrent 25 % des installations pétrolières des États-Unis, est toujours amputée de 457 000 barils par jour d'après les chiffres publiés hier par le ministère de l'Intérieur, soit plus d'un quart de son niveau normal de 1,7 million de barils par jour.
En outre, la situation demeure incertaine au Nigeria malgré la suspension de la grève générale jeudi, tandis qu'une autre grève continue d'affecter le secteur pétrolier en Norvège.
Fadel Gheit s'attend également à voir le pétrole atteindre de nouveaux records, à cause de la spéculation qui fait rage sur le marché.
«Les spéculateurs et les traders pensent que tant que les craintes sur l'approvisionnement dureront, ils ont peu de chance de voir les prix reculer», a-t-il a conclu.
D'après l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), cet essoufflement de la demande n'est pas encore à l'horizon: elle affirme dans son rapport mensuel publié hier que la demande mondiale devrait augmenter à 81,79 mjb d'ici à la fin de l'année, contre 81,58 mbj prévus le mois dernier et 79,17 millions de barils par jour en 2003.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de brut de référence a clôturé sur une perte de 1,26 $US, à 53,67 $US. Il était monté lors des échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance officielle jusqu'à 55,33 $US, nouveau record historique.
À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a lui aussi fortement reculé de 1,02 $US, à 48,91 $US.
«Une pause était à attendre», juge Fadel Gheit, analyste de Oppenheimer, remarquant que les cours pétroliers ont réalisé une ascension presque continue depuis le début de l'année, soit un gain de 70 % en 10 mois.
Pour Seth Kleinman, analyste de PFC Energy, la baisse des cours hier est due à la crainte que «les prix élevés du pétrole n'entraînent une crise économique», qui pèserait sur la demande énergétique.
Un avis partagé par M. Gheit. «Les prix élevés du pétrole ne sont pas bons pour l'économie et leurs effets négatifs commencent à se faire sentir», affirme-t-il, faisant allusion à l'industrie aérienne, qui n'arrive pas à sortir du marasme, et à la métallurgie, dont les résultats devraient commencer à faiblir.
«Tous les secteurs industriels vont être touchés. La seule question est de savoir quelle sera l'amplitude de cet impact», insiste-t-il.
Seth Kleinman note toutefois que le repli des cours pétroliers hier semble «essentiellement technique» et «limité au court terme».
Difficultés d'approvisionnement
Le marché redoute des difficultés d'approvisionnement cet hiver alors que les stocks américains de fioul de chauffage sont inférieurs de 10 % à leur niveau de l'an passé à la même époque et que le climat va se refroidir au cours des prochains mois, accentuant la demande.
«Tous les facteurs haussiers sont toujours là», explique-t-il, en citant notamment le manque à gagner dans la production du golfe du Mexique, qui n'arrive toujours pas à se remettre des dégâts causés par le cyclone Ivan.
Plus d'un mois après le passage d'Ivan, la production de la région, où se concentrent 25 % des installations pétrolières des États-Unis, est toujours amputée de 457 000 barils par jour d'après les chiffres publiés hier par le ministère de l'Intérieur, soit plus d'un quart de son niveau normal de 1,7 million de barils par jour.
En outre, la situation demeure incertaine au Nigeria malgré la suspension de la grève générale jeudi, tandis qu'une autre grève continue d'affecter le secteur pétrolier en Norvège.
Fadel Gheit s'attend également à voir le pétrole atteindre de nouveaux records, à cause de la spéculation qui fait rage sur le marché.
«Les spéculateurs et les traders pensent que tant que les craintes sur l'approvisionnement dureront, ils ont peu de chance de voir les prix reculer», a-t-il a conclu.
D'après l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), cet essoufflement de la demande n'est pas encore à l'horizon: elle affirme dans son rapport mensuel publié hier que la demande mondiale devrait augmenter à 81,79 mjb d'ici à la fin de l'année, contre 81,58 mbj prévus le mois dernier et 79,17 millions de barils par jour en 2003.
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