Alitalia se heurte à la résistance des syndicats
Rome — L'État italien a prévenu hier que la compagnie publique Alitalia risquait de faire faillite si les syndicats ne soutenaient pas le plan de sauvetage présenté aux actionnaires par la direction de la compagnie aérienne.
Mais à l'exception des pilotes qui, selon Alitalia, semblent ouverts à un éventuel compromis, les autres groupes représentant les salariés ont fait savoir qu'ils n'étaient pas prêts à accepter le volet emploi du plan la suppression d'un quart des effectifs du groupe soit 5000 emplois (dont 450 pilotes).
Premier actionnaire de la compagnie aérienne avec 62 % du capital, l'État italien a évoqué au cours de l'assemblée générale des actionnaires l'éventualité d'une «non-continuation» de l'activité si les mesures de réduction de coûts contenues dans le plan n'entraient pas en vigueur d'ici le 15 septembre.
«À ce stade, il semble difficile de parvenir à un accord», a déclaré Guglielmo Epifani, patron du premier syndicat italien, la CGIL.
La CISL a pour sa part demandé une réunion avec le président du Conseil, Silvio Berlusconi, en récusant la date limite du 15 septembre. Interrogé sur l'éventualité d'une grève, le dirigeant de la CISL, Savino Pezzotta, a déclaré: «On fait la guerre quand il le faut.»
Giancarlo Cimoli, l'administrateur délégué d'Alitalia choisi par le gouvernement, a dit aux actionnaires que la conclusion des négociations était «une condition essentielle pour sauver la compagnie et devait être bouclée pour le 15 septembre».
Perte d'exploitation
À l'extérieur de l'AG, des membres du petit syndicat CUB ont fait savoir leur opposition à des grèves de brève durée. La CUB, qui dit représenter un millier de salariés d'Alitalia, a menacé d'un mouvement «très dur». En avril, la compagnie aérienne avait déjà été paralysée par des grèves, dont des actions sauvages lancées sans l'aval des principaux syndicats.
En marge de l'assemblée, une source de la société a déclaré que la restructuration visait à redresser Alitalia d'ici 2006, et à lui permettre d'afficher cette année-là un résultat d'exploitation de 179 millions d'euros.
En 2004, la perte d'exploitation d'Alitalia devrait augmenter de 5 % pour atteindre 398 millions d'euros, et les coûts du travail s'alourdir de 6 %, à 1,239 milliard, a ajouté la source.
Alitalia a perdu près de deux millions d'euros par jour au premier semestre. La compagnie a fait savoir qu'elle aurait épuisé ses liquidités à la fin du mois sans l'octroi d'un crédit d'urgence de 400 millions d'euros garanti par l'État italien. Or la compagnie dit qu'elle ne pourra tirer sur cette ligne de crédit tant qu'un plan de réduction des coûts n'aura pas approuvé.
«Chez Alitalia, il apparaît qu'ils [les syndicats] n'ont rien concédé. Ils apparaissent comme le groupe de syndicats ayant été le moins conciliants [...] de toutes les grandes centrales européennes», a estimé Chris Aveny, analyste chez JP Morgan.
Une privatisation?
Une source du secteur souligne que le montant définitif des fonds supplémentaires dont Alitalia aura besoin dépendra de l'issue des discussions avec les syndicats sur l'ampleur des réductions de coûts.
Selon le document présenté aux actionnaires, l'argent frais permettra à la compagnie d'investir 1,2 milliard d'euros et de rembourser 700 millions d'euros d'obligations convertibles arrivant à échéance en 2007.
Un autre document élaboré par Alitalia chiffre à deux milliards d'euros les fonds dont la compagnie pourrait avoir besoin dans le cadre de l'augmentation de capital.
Toute opération de ce genre, si elle inclut l'injection de fonds publics se heurtera vraisemblablement à l'opposition de la Commission européenne, au motif que la concurrence dans l'Union s'en trouverait faussée.
L'exécutif européen a autorisé l'État italien à garantir un crédit-relais à court terme de 400 millions d'euros pour permettre à la compagnie de poursuivre son activité au-delà de la fin du mois, mais la Commission ne permettra pas en revanche une aide publique directe.
La commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio, a déclaré à ce sujet qu'une privatisation était le seul avenir possible pour Alitalia et qu'elle s'opposerait à une augmentation de capital substantielle si l'État italien demeurait l'actionnaire majoritaire de la compagnie.
Mais à l'exception des pilotes qui, selon Alitalia, semblent ouverts à un éventuel compromis, les autres groupes représentant les salariés ont fait savoir qu'ils n'étaient pas prêts à accepter le volet emploi du plan la suppression d'un quart des effectifs du groupe soit 5000 emplois (dont 450 pilotes).
Premier actionnaire de la compagnie aérienne avec 62 % du capital, l'État italien a évoqué au cours de l'assemblée générale des actionnaires l'éventualité d'une «non-continuation» de l'activité si les mesures de réduction de coûts contenues dans le plan n'entraient pas en vigueur d'ici le 15 septembre.
«À ce stade, il semble difficile de parvenir à un accord», a déclaré Guglielmo Epifani, patron du premier syndicat italien, la CGIL.
La CISL a pour sa part demandé une réunion avec le président du Conseil, Silvio Berlusconi, en récusant la date limite du 15 septembre. Interrogé sur l'éventualité d'une grève, le dirigeant de la CISL, Savino Pezzotta, a déclaré: «On fait la guerre quand il le faut.»
Giancarlo Cimoli, l'administrateur délégué d'Alitalia choisi par le gouvernement, a dit aux actionnaires que la conclusion des négociations était «une condition essentielle pour sauver la compagnie et devait être bouclée pour le 15 septembre».
Perte d'exploitation
À l'extérieur de l'AG, des membres du petit syndicat CUB ont fait savoir leur opposition à des grèves de brève durée. La CUB, qui dit représenter un millier de salariés d'Alitalia, a menacé d'un mouvement «très dur». En avril, la compagnie aérienne avait déjà été paralysée par des grèves, dont des actions sauvages lancées sans l'aval des principaux syndicats.
En marge de l'assemblée, une source de la société a déclaré que la restructuration visait à redresser Alitalia d'ici 2006, et à lui permettre d'afficher cette année-là un résultat d'exploitation de 179 millions d'euros.
En 2004, la perte d'exploitation d'Alitalia devrait augmenter de 5 % pour atteindre 398 millions d'euros, et les coûts du travail s'alourdir de 6 %, à 1,239 milliard, a ajouté la source.
Alitalia a perdu près de deux millions d'euros par jour au premier semestre. La compagnie a fait savoir qu'elle aurait épuisé ses liquidités à la fin du mois sans l'octroi d'un crédit d'urgence de 400 millions d'euros garanti par l'État italien. Or la compagnie dit qu'elle ne pourra tirer sur cette ligne de crédit tant qu'un plan de réduction des coûts n'aura pas approuvé.
«Chez Alitalia, il apparaît qu'ils [les syndicats] n'ont rien concédé. Ils apparaissent comme le groupe de syndicats ayant été le moins conciliants [...] de toutes les grandes centrales européennes», a estimé Chris Aveny, analyste chez JP Morgan.
Une privatisation?
Une source du secteur souligne que le montant définitif des fonds supplémentaires dont Alitalia aura besoin dépendra de l'issue des discussions avec les syndicats sur l'ampleur des réductions de coûts.
Selon le document présenté aux actionnaires, l'argent frais permettra à la compagnie d'investir 1,2 milliard d'euros et de rembourser 700 millions d'euros d'obligations convertibles arrivant à échéance en 2007.
Un autre document élaboré par Alitalia chiffre à deux milliards d'euros les fonds dont la compagnie pourrait avoir besoin dans le cadre de l'augmentation de capital.
Toute opération de ce genre, si elle inclut l'injection de fonds publics se heurtera vraisemblablement à l'opposition de la Commission européenne, au motif que la concurrence dans l'Union s'en trouverait faussée.
L'exécutif européen a autorisé l'État italien à garantir un crédit-relais à court terme de 400 millions d'euros pour permettre à la compagnie de poursuivre son activité au-delà de la fin du mois, mais la Commission ne permettra pas en revanche une aide publique directe.
La commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio, a déclaré à ce sujet qu'une privatisation était le seul avenir possible pour Alitalia et qu'elle s'opposerait à une augmentation de capital substantielle si l'État italien demeurait l'actionnaire majoritaire de la compagnie.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

