Le prix du pétrole et l'état de l'économie américaine affectent le reste du monde
17 août 2004
Actualités économiques
Photo : Agence Reuters
Même si l’Irak a repris ses exportations par le nord vers le terminal turc de Ceyhan samedi, les autorités ont aussi dû se résigner à fermer les valves de leur principal oléoduc dans le sud pour des raisons de sécurité.
Paris — La flambée des cours du pétrole et les appréhensions croissantes qu'elle suscite sur l'état de l'économie des États-Unis ternissent les perspectives du reste du monde au moment même où la zone euro commençait à voir le bout du tunnel, et embarrassent les banques centrales.
Les Américains multiplient les statistiques décevantes depuis quelques semaines et l'optimisme mesuré de leur banque centrale, la Fed, qui vient de relever une seconde fois son taux directeur, ne suffit pas à rassurer les marchés. Le Dow Jones a ainsi terminé vendredi à son plus bas depuis le 28 novembre 2003 et en recul de plus de 6 % depuis le début de l'année, ce qui pèse en retour sur toutes les places boursières mondiales.
Quant aux analystes américains, ils commencent à réviser à la baisse leurs prévisions de croissance, à désormais 3,8 % au troisième trimestre, contre 4,4 % jusqu'ici. Or, l'économie américaine demeure le moteur de la croissance mondiale, et il y aurait donc «un intérêt majeur à interrompre le ralentissement aux États-Unis et à mettre un plancher à 3 % pour la croissance du PIB américain», soulignent les économistes de la banque HSBC-CCF dans une récente note d'analyse.
Mais le principal facteur d'appréhension, la spectaculaire envolée des cours du pétrole, ne donne guère de signe d'apaisement pour l'heure: le baril s'approche même à grands pas de la barre des 50 $US à New York (contre 46 actuellement), poussé toujours plus loin par les inquiétudes au sujet du groupe pétrolier russe Ioukos, du Venezuela et de l'Irak.
La tournure de la conjoncture au cours des prochains mois dépendra en grande partie de l'attitude des grandes banques centrales, dont beaucoup viennent de s'engager dans un cycle de resserrement monétaire: elles «se doivent d'être prudentes pour éviter la stagflation [stagnation économique + inflation, ndlr] dans l'OCDE», l'Organisation de coopération et de développement économiques, prévient HSBC-CCF.
Le «choc pétrolier» actuel est de fait particulièrement difficile à gérer pour les autorités monétaires, car il est «porteur de deux impacts distincts, l'un inflationniste, l'autre récessionniste», résument les économistes. Le premier se traite théoriquement par une hausse de taux d'intérêt, et le second par une baisse.
Lors de la dernière crise du même type, en 1999-2000, les banques centrales, confrontées à un triplement du prix du baril en deux ans, avaient privilégié le risque inflationniste, ce qui s'était traduit par une forte hausse des taux et par une «récession franche aux États-Unis et dans la zone OCDE au long de l'année 2001», rappelle HSBC-CCF.
Une répétition de ce scénario paraît cependant peu probable, selon elle: la Banque centrale européenne (BCE) ne semble pas pressée de relever son taux malgré son aversion envers l'inflation et la Banque d'Angleterre a prévenu que l'évolution du sien demeurait «incertaine».
Quant à la Fed, elle a laissé entendre la semaine dernière qu'elle pourrait ralentir son cycle de hausses de taux en réponse aux signes de faiblesse économique, tandis que la Banque du Japon s'en tient à une politique monétaire ultra souple. Le Japon est traditionnellement la plus vulnérable des grandes économies développées à une hausse du brut, note Binit C. Patel, économiste chez Goldman Sachs. Il est suivi de près par la zone euro, où les autorités espèrent que la croissance modérée enregistrée au deuxième trimestre (+0,5 %) va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Les États-Unis étant jugés plus solides en raison de leur importante production nationale de pétrole.
Les Américains multiplient les statistiques décevantes depuis quelques semaines et l'optimisme mesuré de leur banque centrale, la Fed, qui vient de relever une seconde fois son taux directeur, ne suffit pas à rassurer les marchés. Le Dow Jones a ainsi terminé vendredi à son plus bas depuis le 28 novembre 2003 et en recul de plus de 6 % depuis le début de l'année, ce qui pèse en retour sur toutes les places boursières mondiales.
Quant aux analystes américains, ils commencent à réviser à la baisse leurs prévisions de croissance, à désormais 3,8 % au troisième trimestre, contre 4,4 % jusqu'ici. Or, l'économie américaine demeure le moteur de la croissance mondiale, et il y aurait donc «un intérêt majeur à interrompre le ralentissement aux États-Unis et à mettre un plancher à 3 % pour la croissance du PIB américain», soulignent les économistes de la banque HSBC-CCF dans une récente note d'analyse.
Mais le principal facteur d'appréhension, la spectaculaire envolée des cours du pétrole, ne donne guère de signe d'apaisement pour l'heure: le baril s'approche même à grands pas de la barre des 50 $US à New York (contre 46 actuellement), poussé toujours plus loin par les inquiétudes au sujet du groupe pétrolier russe Ioukos, du Venezuela et de l'Irak.
La tournure de la conjoncture au cours des prochains mois dépendra en grande partie de l'attitude des grandes banques centrales, dont beaucoup viennent de s'engager dans un cycle de resserrement monétaire: elles «se doivent d'être prudentes pour éviter la stagflation [stagnation économique + inflation, ndlr] dans l'OCDE», l'Organisation de coopération et de développement économiques, prévient HSBC-CCF.
Le «choc pétrolier» actuel est de fait particulièrement difficile à gérer pour les autorités monétaires, car il est «porteur de deux impacts distincts, l'un inflationniste, l'autre récessionniste», résument les économistes. Le premier se traite théoriquement par une hausse de taux d'intérêt, et le second par une baisse.
Lors de la dernière crise du même type, en 1999-2000, les banques centrales, confrontées à un triplement du prix du baril en deux ans, avaient privilégié le risque inflationniste, ce qui s'était traduit par une forte hausse des taux et par une «récession franche aux États-Unis et dans la zone OCDE au long de l'année 2001», rappelle HSBC-CCF.
Une répétition de ce scénario paraît cependant peu probable, selon elle: la Banque centrale européenne (BCE) ne semble pas pressée de relever son taux malgré son aversion envers l'inflation et la Banque d'Angleterre a prévenu que l'évolution du sien demeurait «incertaine».
Quant à la Fed, elle a laissé entendre la semaine dernière qu'elle pourrait ralentir son cycle de hausses de taux en réponse aux signes de faiblesse économique, tandis que la Banque du Japon s'en tient à une politique monétaire ultra souple. Le Japon est traditionnellement la plus vulnérable des grandes économies développées à une hausse du brut, note Binit C. Patel, économiste chez Goldman Sachs. Il est suivi de près par la zone euro, où les autorités espèrent que la croissance modérée enregistrée au deuxième trimestre (+0,5 %) va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Les États-Unis étant jugés plus solides en raison de leur importante production nationale de pétrole.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

