Dès 6h ce matin - Jour de grève dans près d'une vingtaine d'hôtels
Photo : Jacques Grenier
À moins d'un revirement spectaculaire, 3300 employés de 18 hôtels de Montréal et d'un hôtel de Québec entameront ce matin une grève de 24 heures. Par ce geste d'éclat, les syndiqués veulent forcer leurs patrons à délier les cordons de leur bourse.
Premier espoir de règlement, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a annoncé hier soir la signature d'une entente au Hilton de Laval. Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN, s'est déclaré très satisfait de l'entente. «Pour nous, à la CSN, la barre est désormais fixée. Les gros hôtels n'ont aucune raison de refuser la même chose. Ce règlement doit servir de modèle», a-t-il affirmé.
Confrontation
«On est du monde cinq étoiles et on veut des conditions cinq étoiles, avait-il lancé plus tôt dans la journée. [...] La volonté des hôtels de nous confronter est de plus en plus claire.»
Hier matin, quelques centaines d'employés de l'hôtellerie se sont donné rendez-vous devant le Ritz-Carlton, rue Sherbrooke. Drapeaux syndicaux à la main, les travailleurs ont fait du tapage durant une trentaine de minutes avant de retourner calmement au travail. Au cours de la journée, des syndiqués ont déclenché de petites grèves d'une heure dans cinq hôtels du centre-ville, dont le Ritz, le Reine-Élisabeth et l'Omni.
Dès 6h ce matin, le syndicat installera des piquets de grève «colorés, bruyants et joyeux». Les travailleurs de l'hôtellerie vont y manifester pendant quelques heures avant de se diriger vers la place du Canada. À cet endroit aura lieu un vaste rassemblement sous le thème «Fête tropicale». La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, viendra alors fouetter ses troupes.
Et après? «Nous souhaitons revenir harmonieusement au travail à 6h samedi matin [demain], précise Jean Lortie. Beaucoup d'hôtels affichent un taux d'occupation de 100 %, il y a beaucoup de mariages et d'activités qui se déroulent dans les hôtels. Ce serait une stratégie suicidaire de la part de nos patrons de nous laisser dehors.»
Exigences communes
Chaque hôtel négocie séparément avec son syndicat local. Les employés de la CSN ont cependant des demandes communes. Ils exigent une convention collective de trois ans assortie d'une augmentation de salaire de 15 %. Ils veulent également une amélioration de leur REER collectif et de leur régime de vacances. La révision de la charge de travail des préposés aux chambres est, elle aussi, au coeur du litige.
Soutenant ne pas être le porte-parole officiel des hôteliers, l'Association des hôtels du Grand Montréal s'est refusée à tout commentaire. Il a donc fallu appeler chaque hôtel individuellement et plusieurs — notamment les plus gros établissements — ont décliné toute demande d'entrevue ou n'ont tout simplement pas rappelé Le Devoir.
Certains administrateurs ont cependant accepté de se mouiller. «Nous ne sommes pas très affectés par la grève puisque nous sommes un petit hôtel et que seuls nos préposés aux chambres [une vingtaine de personnes] sont syndiqués», a expliqué Hamid El Moustarih, contrôleur du Quality Suites de Pointe-Claire (162 chambres). «On est capables de survivre une journée. Le personnel d'administration va faire le travail. La CSN vise surtout les grands hôtels du centre-ville où tous les services sont syndiqués.»
À l'Hôtel Gouverneur Place Dupuis, le directeur général a précisé que les négociations avec ses employés reprendraient la semaine prochaine selon l'échéancier adopté par les deux parties. «S'ils débraient, on va s'organiser en conséquence», indique Carlo D'orazi. Le taux d'occupation de son établissement est actuellement de 65 %.
M. D'orazi précise cependant qu'il n'est pas question de mettre les syndiqués en lock-out. «Les travaux avancent très bien à la table des négociations. Il n'y a pas d'animosité entre nous. On a réglé le normatif et on s'attaque au financier la semaine prochaine. Ça roule. La seule raison qui va les pousser à faire la grève de 24 heures, c'est la solidarité.»
«Les négociations reprennent lundi matin. Entre-temps, nous avons un plan d'action et les cadres vont prendre le relais», a indiqué pour sa part Eric Bishop, directeur des ventes et du marketing de l'hôtel Renaissance du Parc. Lui aussi croit que ses employés vont débrayer avant tout par solidarité. Il ajoute que son établissement de 465 chambres affiche complet.
Premier espoir de règlement, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a annoncé hier soir la signature d'une entente au Hilton de Laval. Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN, s'est déclaré très satisfait de l'entente. «Pour nous, à la CSN, la barre est désormais fixée. Les gros hôtels n'ont aucune raison de refuser la même chose. Ce règlement doit servir de modèle», a-t-il affirmé.
Confrontation
«On est du monde cinq étoiles et on veut des conditions cinq étoiles, avait-il lancé plus tôt dans la journée. [...] La volonté des hôtels de nous confronter est de plus en plus claire.»
Hier matin, quelques centaines d'employés de l'hôtellerie se sont donné rendez-vous devant le Ritz-Carlton, rue Sherbrooke. Drapeaux syndicaux à la main, les travailleurs ont fait du tapage durant une trentaine de minutes avant de retourner calmement au travail. Au cours de la journée, des syndiqués ont déclenché de petites grèves d'une heure dans cinq hôtels du centre-ville, dont le Ritz, le Reine-Élisabeth et l'Omni.
Dès 6h ce matin, le syndicat installera des piquets de grève «colorés, bruyants et joyeux». Les travailleurs de l'hôtellerie vont y manifester pendant quelques heures avant de se diriger vers la place du Canada. À cet endroit aura lieu un vaste rassemblement sous le thème «Fête tropicale». La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, viendra alors fouetter ses troupes.
Et après? «Nous souhaitons revenir harmonieusement au travail à 6h samedi matin [demain], précise Jean Lortie. Beaucoup d'hôtels affichent un taux d'occupation de 100 %, il y a beaucoup de mariages et d'activités qui se déroulent dans les hôtels. Ce serait une stratégie suicidaire de la part de nos patrons de nous laisser dehors.»
Exigences communes
Chaque hôtel négocie séparément avec son syndicat local. Les employés de la CSN ont cependant des demandes communes. Ils exigent une convention collective de trois ans assortie d'une augmentation de salaire de 15 %. Ils veulent également une amélioration de leur REER collectif et de leur régime de vacances. La révision de la charge de travail des préposés aux chambres est, elle aussi, au coeur du litige.
Soutenant ne pas être le porte-parole officiel des hôteliers, l'Association des hôtels du Grand Montréal s'est refusée à tout commentaire. Il a donc fallu appeler chaque hôtel individuellement et plusieurs — notamment les plus gros établissements — ont décliné toute demande d'entrevue ou n'ont tout simplement pas rappelé Le Devoir.
Certains administrateurs ont cependant accepté de se mouiller. «Nous ne sommes pas très affectés par la grève puisque nous sommes un petit hôtel et que seuls nos préposés aux chambres [une vingtaine de personnes] sont syndiqués», a expliqué Hamid El Moustarih, contrôleur du Quality Suites de Pointe-Claire (162 chambres). «On est capables de survivre une journée. Le personnel d'administration va faire le travail. La CSN vise surtout les grands hôtels du centre-ville où tous les services sont syndiqués.»
À l'Hôtel Gouverneur Place Dupuis, le directeur général a précisé que les négociations avec ses employés reprendraient la semaine prochaine selon l'échéancier adopté par les deux parties. «S'ils débraient, on va s'organiser en conséquence», indique Carlo D'orazi. Le taux d'occupation de son établissement est actuellement de 65 %.
M. D'orazi précise cependant qu'il n'est pas question de mettre les syndiqués en lock-out. «Les travaux avancent très bien à la table des négociations. Il n'y a pas d'animosité entre nous. On a réglé le normatif et on s'attaque au financier la semaine prochaine. Ça roule. La seule raison qui va les pousser à faire la grève de 24 heures, c'est la solidarité.»
«Les négociations reprennent lundi matin. Entre-temps, nous avons un plan d'action et les cadres vont prendre le relais», a indiqué pour sa part Eric Bishop, directeur des ventes et du marketing de l'hôtel Renaissance du Parc. Lui aussi croit que ses employés vont débrayer avant tout par solidarité. Il ajoute que son établissement de 465 chambres affiche complet.
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