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Assemblée annuelle des actionnaires - Place à Aeterna-Zentaris

Aeterna adopte une nouvelle raison sociale pour bien marquer sa réorientation

27 mai 2004  Actualités économiques
Le chercheur Éric Dupont avait fondé les Laboratoires Aeterna pour mettre au point et commercialiser le Neovastat, un médicament contre le cancer à base de cartilage de requin. Les résultats cliniques décevants de ce produit ont forcé l'entreprise de Québec à se revoir son plan de match.

Pour bien marquer sa réorientation, la PME biotechnologique a décidé de modifier sa raison sociale: à son nom sera désormais accolé celui de Zentaris, sa dernière acquisition. Si l'on en croit le p.-d.g. Gilles Gagnon, la société tentera de se tailler une place dans un monde de géants américains et européens.

«On voulait reconnaître la contribution du pipeline de Zentaris qui est extraordinaire. L'intégration entre les deux compagnies est complétée et les investisseurs s'intéressent de plus en plus à deux produits qui nous viennent de cette société», a-t-il expliqué hier en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Ces médicaments prometteurs — la perifosine et le cetrorelix — font actuellement l'objet d'essais de phase 2, l'avant-dernière phase avant la commercialisation d'un produit pharmaceutique. Le premier médicament est déjà commercialisé pour la fécondation in vitro et pourrait être utile dans le traitement des myomes utérins, de l'endométriose et de l'hyperplasie bénigne de la prostate. Le second permettrait de réduire les effets secondaires des traitements contre le cancer.

Pour ses études cliniques, Aeterna s'allie généralement à des entreprises pharmaceutiques de plus grande taille en mesure de prendre des risques financiers importants en échange d'un pourcentage des ventes éventuelles. L'impavido — contre la fièvre noire — et le cetrorelix ont été développés de cette manière.

L'entreprise de Québec prévoit toutefois effectuer les tests de phase 2 sur la perifosine dans les installations de Zentaris, en Allemagne. «Notre objectif, c'est de développer davantage de produits par nous-mêmes», a confirmé M. Gagnon.

Aeterna devrait dépenser environ 30 millions en recherche cette année. En incluant ceux des partenaires, les investissements dans le développement des médicaments brevetés par la compagnie dépasseraient les 60 millions et ce chiffre est appelé à croître au cours des prochains exercices.

Envergure internationale

Si l'on en croit le p.-d.g., Aeterna-Zentaris sera d'ici cinq ans une société d'envergure internationale, complètement intégrée, dont le siège social demeurera au Québec mais qui exploitera des filiales à l'étranger. «Exactement le contraire de ce qu'on voit dans l'industrie à l'heure actuelle.»

Maintenant qu'elle a digéré Zentaris, l'entreprise se dit prête à procéder à de nouvelles acquisitions qui lui permettront de diversifier son portefeuille et peut-être même de solidifier sa situation financière. Elle pourrait en outre lancer de nouveaux projets ou transférer au Québec certaines activités de recherche pour redonner vie à ses laboratoires de Sainte-Foy, désertés depuis l'abandon des travaux à grande échelle sur le Neovastat, l'automne dernier.

Pour l'exercice 2003, Aeterna a récolté 166,4 millions, dont 105,5 millions proviennent de la distribution de ses produits commercialisés. Le reste est tiré de la fabrication de molécules destinées aux essais cliniques (46,1 millions) et de la participation d'Aeterna dans le fabricant d'ingrédients cosmétiques et de nutrition Atrium.

L'entreprise a fait état d'une perte nette de 32,5 millions, comparativement à 30 millions l'année précédente. Sa perte d'exploitation s'est chiffrée à 28,7 millions par rapport à 32,9 millions en 2002. Aeterna a toutefois réalisé un bénéfice d'exploitation de 1,6 million au premier trimestre clos le 31 mars dernier.

«Nous disposons de liquidités de près de 52 millions et nous prévoyons enregistrer un flux de trésorerie positif en 2004», a précisé le vice-président et chef de la direction financière, Dennis Turpin.
 
 
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