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    ALENA: le Canada prêt à faire face à un retrait américain

    Les négociateurs canadien, américain et mexicain, Chrystia Freeland, Robert Lighthizer et Ildefonso Guajardo Villarreal, en octobre dernier
    Photo: Andrew Caballero-Reynolds Agence France-Pres Les négociateurs canadien, américain et mexicain, Chrystia Freeland, Robert Lighthizer et Ildefonso Guajardo Villarreal, en octobre dernier

    Ottawa — Le Canada est « préparé » à un éventuel retrait des États-Unis du traité de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais n’a pas d’indication sur le calendrier d’une annonce, a confié mercredi une source gouvernementale à Ottawa.

     

    « Le gouvernement canadien est au courant de la possibilité que le président Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l’ALENA. Nous sommes prêts à cette éventualité », a indiqué cette source à l’AFP.

     

    La sixième séance de renégociation de l’ALENA entre le Canada, les États-Unis et le Mexique doit se dérouler fin janvier et « nous sommes prêts pour cela », a souligné ce responsable canadien.

     

    Nombreux contentieux

     

    Ce nouvel épisode vient s’ajouter aux nombreux contentieux entre les États-Unis et le Canada, marqué à nouveau mercredi par l’imposition de droits compensatoires sur le papier journal canadien, ou par le déclenchement à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) d’une période de consultations sur des différends commerciaux entre les deux pays.

     

    Les rumeurs d’une annonce prochaine d’un retrait américain de l’ALENA ont fait remonter le dollar américain sur le marché des changes mercredi.

     

    De 1,2432 dollar canadien mercredi vers 12 h 00 GMT, le dollar américain est remonté à 1,2554 CAD vers 20 h 30 GMT. La monnaie mexicaine, de 19,15 pesos pour un dollar, est passée à 19,37 pesos.

     

    Montée du protectionnisme

     

    Conformément à un engagement de sa campagne, le président Donald Trump avait contraint ses deux partenaires à venir autour de la table pour renégocier les termes d’un accord de libre-échange datant de 1994. En avril dernier, il avait affirmé que « si nous ne parvenons pas à un accord équitable pour tous, nous mettrons un terme à l’ALENA ».

     

    À l’automne, les trois pays se sont donné jusqu’à fin mars pour s’entendre sur la modernisation de l’ALENA.

     

    Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, l’administration Trump a décidé de nombreuses mesures protectionnistes afin de protéger ses industries et ses emplois. Les constructeurs automobiles américains avaient ainsi, sous la demande pressante de Donald Trump, décidé d’investir dans leurs usines aux États-Unis au détriment de leurs installations au Mexique et au Canada.

     

    Après avoir menacé les producteurs de lait canadien, le président Trump s’est attaqué aux importations de bois de construction en provenance du Canada.

     

    Les États-Unis ont imposé des taxes antidumping et des droits compensatoires au motif que les forestiers canadiens ont des prix de vente avantagés par des coûts de production réduits par les redevances minimes pour l’exploitation des forêts des domaines publics.

     

    À l’automne, c’est le constructeur américain Boeing qui a obtenu de son gouvernement d’imposer des taxes de 300 % sur les avions du manufacturier canadien Bombardier vendus aux États-Unis.

     

    Plainte à l’OMC

     

    Face à ces sanctions commerciales, le gouvernement canadien a porté plainte à l’OMC, s’appuyant sur de précédentes décisions en sa faveur sur des contentieux précédents, et plus particulièrement sur le bois de construction, un litige récurrent depuis plus de trois décennies.

     

    Mardi, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui a le dossier commercial avec les États-Unis en portefeuille, était à nouveau à Washington pour plaider la cause des intérêts canadiens auprès des élus et groupes de pression.

     

    « Nous sommes déterminés à réaliser de véritables progrès » au cours des négociations fin janvier à Montréal, avait assuré Mme Freeland.

     

    L’économiste Every Shenfeld de la banque CIBC a estimé mercredi qu’un retrait américain de l’ALENA est un « point négatif » pour la banque centrale canadienne, « qui a pris pour acquis dans ses prévisions le statu quo dans les relations commerciales ».













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