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    2017, année de l’échec de la COP21

    En novembre dernier, lors de la Conférence de Bonn, en Allemagne, plus de 15 000 scientifiques provenant de 184 pays concluaient que depuis 25 ans, la réponse de l’humanité se résume à un échec quasi généralisé.
    Photo: Patrik Stollarz Agence France-Presse En novembre dernier, lors de la Conférence de Bonn, en Allemagne, plus de 15 000 scientifiques provenant de 184 pays concluaient que depuis 25 ans, la réponse de l’humanité se résume à un échec quasi généralisé.

    À peine venait-il d’être entériné qu’on savait l’Accord de Paris moribond. Mais l’année 2017 est venue concrétiser l’échec politique de la COP21. Et ce n’est pas uniquement sous l’effet du non-respect de la signature américaine par Donald Trump.


    L’enthousiasme de 2015 n’y était pas en cette fin de 2017. Tour à tour, la COP23 puis le One Planet Summit ont mis en lumière un leadership politique de circonstance. Même la nouvelle présidence française affichant sa volonté de prendre la tête du mouvement après le désistement du deuxième pollueur de la planète prenait l’allure d’un opportunisme climatique.

     

    Affichant un bilan en demi-teinte après une quinzaine de jours de rencontres et de discussions alimentant des attentes initiales concrètes de progrès, la Conférence de Bonn, en Allemagne, n’a finalement servi que de préparatif à la COP24, prévue en décembre 2018 en Pologne. Le contraste était frappant. Le président de la République française sonnait l’alarme : « Le seuil de l’irréversible a été franchi. » Également présente, la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a présidé la première COP en 1995, admettait se retrouver dans un cul-de-sac politique amplifiant ses difficultés à surmonter la problématique du recours de l’Allemagne au charbon.

     

    Puis, au One Planet Summit, Emmanuel Macron martelait les phrases clés. « On ne va pas assez vite et c’est ça le drame. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. » Pour enchaîner : « Ce qui sauvera le climat, ce ne sont plus de grands sommets diplomatiques classiques, c’est une mobilisation de tous les jours. » Peu de temps après, la France devenait le premier pays à décréter la fin du pétrole français en 2040. On lui reprochait toutefois d’emprunter à la symbolique en s’engageant à cesser immédiatement la recherche de pétrole et de gaz et à arrêter toute production, qui n’alimente finalement que 1 % de sa consommation nationale. Un autre objectif, celui de ramener à 50 % le nucléaire dans son mix énergétique, a dû être reporté après 2025.

     

    Virage climatique

     

    Au-delà de la rhétorique politique, le sommet parisien de décembre se voulait l’occasion d’accélérer le virage climatique de la finance. La Banque mondiale a pris les devants en annonçant cesser de financer les activités en amont du secteur pétrolier et gazier après 2019. Une affaire d’un milliard de dollars par année bien accueillie, qu’il faut cependant mettre dans la perspective des 825 milliards investis en 2016 dans les énergies fossiles et les secteurs à émissions élevées de GES, avait estimé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors de la COP23. Sans oublier toutes les subventions directes et indirectes à l’énergie fossile.

     

    Sommets et conférences par-dessus sommets et conférences, on voit toute la difficulté de passer de la parole aux gestes concrets. À des gestes véritablement porteurs permettant de transcender le peu d’ambition de la COP21. En novembre dernier, plus de 15 000 scientifiques provenant de 184 pays concluaient que depuis 25 ans, la réponse de l’humanité se résume à un échec quasi généralisé. « Non seulement l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d’entre eux se sont considérablement aggravés. »

     

    Peu avant, de nouveaux rapports scientifiques confirmaient l’imminence de la crise climatique. Selon l’Organisation météorologique mondiale, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint un niveau record en 2016. Puis le Programme des Nations unies pour l’environnement mettait en garde contre la faiblesse des engagements en matière de réduction des GES. Une situation qui, à défaut d’être corrigée rapidement, risque d’entraîner la planète sur une trajectoire climatique tout simplement « catastrophique » : un réchauffement d’au moins 3 °C d’ici 2100, pouvait-on lire dans Le Devoir.

     

    Question de conclure cette dure année pour la diplomatie climatique, le philosophe et spécialiste en développement durable Harvey L. Mead lançait son livre Trop tard. La fin d’un monde et le début d’un nouveau. Sans donner dans le catastrophisme ou sombrer dans le pessimisme stérile, l’auteur affirme vouloir opposer un « optimisme opérationnel » à l’inertie idéologique actuelle.

     

    Il estime également qu’il est impossible de maintenir le paradigme de la croissance tel que nous le retenons. Un paradigme se voulant cependant bien enraciné, qui démontre notamment qu’une faible croissance vient freiner la transformation « durable » des modes de production et de consommation plutôt que l’accélérer. Ou que l’obtention de l’éco-efficience a plutôt pour effet d’accroître les quantités produites et consommées.













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