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    Le projet de captation du carbone à Montréal-Est va bon train

    Le savoir-faire de CO2 Solutions repose sur une technologie dite de deuxième génération, soit l’utilisation d’un procédé enzymatique pour capter le carbone, au lieu de le faire passer par un produit toxique.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le savoir-faire de CO2 Solutions repose sur une technologie dite de deuxième génération, soit l’utilisation d’un procédé enzymatique pour capter le carbone, au lieu de le faire passer par un produit toxique.

    Le projet de captation du carbone entamé cet été sur un site industriel à Montréal-Est va bon train, affirme l’entreprise CO2 Solutions, dont l’intention est maintenant de doubler sa capacité au cours de 2018.

     

    Financé grâce à un appui de 15 millions du gouvernement dans le cadre du projet Valorisation Carbone Québec, le projet, qui occupe une partie du site de Chimie Parachem, passerait d’une capacité de 10 à environ 20 tonnes par jour. Il s’agit du seul projet de captation sur l’île de Montréal.

     

    « Ce qu’on veut démontrer avec notre technologie de captation et les diverses technologies de transformation, c’est ce qu’on appelle le cycle industriel complet du carbone », a dit en entrevue le président et chef de la direction de l’entreprise de Québec, Evan Price. « On pense pouvoir démontrer de six à huit technologies au cours de l’année 2018. »

     

    Le savoir-faire de CO2 Solutions repose sur une technologie dite de deuxième génération, soit l’utilisation d’un procédé enzymatique pour capter le carbone, au lieu de le faire passer par un produit toxique. Une étude économique et technique pourrait normalement être prête pour la deuxième moitié de 2018 afin d’évaluer les possibilités d’appliquer la méthode à d’autres sites industriels du Québec, notamment ceux des secteurs des compagnies pétrolières et de l’énergie, des cimenteries, des papetières et du secteur des métaux.

     

    En plus de la captation du carbone sur le site de Montréal-Est, d’autres équipements viendront s’ajouter pour faire de la valorisation.

     

    Budget 2016

     

    Valorisation Carbone Québec a d’abord vu le jour dans le budget 2016-2017 du ministre des Finances, Carlos Leitão. La somme de 15 millions, versée sur trois ans, a permis la création d’un consortium comprenant notamment CO2 Solutions et l’Université Laval. Québec donnait alors au regroupement la mission de trouver des moyens de « capter et valoriser le CO2 dans des applications structurantes pour l’économie québécoise, comme la reconversion en biocarburants, la production de béton renforcé et la récupération assistée des hydrocarbures ».

     

    Le gouvernement du Québec, dont l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, espérait du coup que la technologie pourrait ensuite être étendue à d’autres émetteurs afin de « diminuer leurs émissions de GES à un coût moins élevé ».

     

    Situé sur un ancien terrain de la société Gulf, Chimie Parachem est le seul producteur canadien de paraxylène, un « hydrocarbure aromatique » qui entre dans la production du polyester. L’entreprise appartient à Suncor (51 %) et à Investissement Québec (49 %).

     

    Si le terrain a été choisi pour accueillir le projet, c’est qu’il offre beaucoup d’espace, est situé à proximité des services nécessaires et qu’il s’y trouve un émetteur de CO2, a dit M. Price. « Aussi, il est intéressant que Parachem soit détenue par Suncor », a-t-il ajouté en faisant référence à l’espoir que Suncor devienne un client.

     

    Un autre site accueillera la technologie de l’entreprise. À Saint-Félicien, CO2 Solutions pourra ainsi capter le carbone de l’usine de pâtes et papiers de la compagnie Résolu et d’acheminer le CO2 à la société Serres Toundra. Un autre projet est aussi en cours de développement en Alberta, où la captation pourrait atteindre 300 tonnes par jour. « L’entente a été retardée par les conditions économiques de la province, mais on a bon espoir de le réaliser », a dit M. Price.

     

    Saskatchewan

     

    Un des projets déjà en activité au Canada est celui lancé par SaskPower pour Boundary Dam, une centrale électrique au charbon située en Saskatchewan. Né en 2014, il s’agit d’un projet de captation et de stockage de CO2. Cependant, SaskPower et le gouvernement doivent décider s’ils investissent à nouveau ou s’ils abandonnent la partie. SaskPower estime qu’il a coûté cher, alors que le prix du gaz naturel — pour produire de l’électricité — est inférieur.

     

    Selon M. Price, un projet mené par CO2 Solutions à Salaberry-de-Valleyfield, avec l’équipement qui a été transféré à Montréal-Est, a permis de calculer qu’il était possible, en extrapolant à grande échelle, de capter le carbone au coût de 28 $ la tonne.

     

    « On travaille sur la portion des émissions de GES liées au secteur industriel, donc environ 25 % du total, a dit M. Price. On peut avoir un impact majeur sur ce secteur-là. »













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