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    Les patrons américains acclament la politique économique de Trump

    Le seul hic: les intentions d’embauche sont tièdes

    6 décembre 2017 | Luc Olinga - Agence France-Presse à New York | Actualités économiques
    La Bourse de New York enchaîne les records depuis l’élection du magnat de l'immobilier et les dividendes versés par les grandes banques à leurs actionnaires sont au plus haut depuis la crise.
    Photo: Richard Drew Associated Press La Bourse de New York enchaîne les records depuis l’élection du magnat de l'immobilier et les dividendes versés par les grandes banques à leurs actionnaires sont au plus haut depuis la crise.

    Les grands patrons américains distribuent un satisfecit à la politique économique menée par Donald Trump qui multiplie les initiatives en faveur des entreprises, en dépit de couacs sur l’immigration, le climat et les relations raciales.

     

    La confiance des milieux d’affaires a progressé au quatrième trimestre à 96,8 points, contre 94,5 au troisième, selon les résultats d’une enquête publiée mardi par l’organisation patronale Business Roundtable. C’est le plus haut niveau atteint depuis le premier trimestre 2012 pour cet indicateur, qui mesure le moral des dirigeants de grosses sociétés. À l’époque, il avait atteint 96,9 points.

     

    Cette forte progression « suggère que les chefs d’entreprises continuent d’anticiper une croissance à un rythme soutenu de l’économie américaine », conclut l’étude.

     

    Les milieux d’affaires américains apprécient particulièrement les efforts de déréglementation affichés et l’offensive pour une réforme fiscale avantageuse pour les entreprises déployée par Donald Trump. La Bourse de New York enchaîne pour sa part les records depuis l’élection du magnat immobilier et les dividendes versés par les grandes banques à leurs actionnaires sont au plus haut depuis la crise.

     

    La réforme fiscale, en cours de finalisation au Congrès et attendue avant la fin de l’année, est considérée comme un cadeau aux entreprises car elle prévoit une baisse de leur taux officiel d’imposition — qui est de 35 % actuellement — à 20 %, ainsi que des mesures en faveur des petites entreprises et du rapatriement par les multinationales de leurs bénéfices détenus à l’étranger.

     

    Ce sont des « incitations à innover, à investir et à le faire aux États-Unis », résume Douglas Holtz-Eakin, un des économistes soutenant la réforme. Le raisonnement du gouvernement Trump est qu’ensuite, les salariés devraient en profiter alors que les rémunérations des travailleurs américains stagnent en termes réels depuis trois décennies.

     

    « L’économie américaine est solide et les chefs d’entreprises sont progressivement confiants […] ce qui se traduit par leurs projets d’investissements accrus », souligne Jamie Dimon, p.-d.g. de la banque JP Morgan Chase et patron des patrons. Le niveau des investissements des grandes entreprises pour les prochains mois est au plus haut depuis le deuxième trimestre 2011, et les ventes devraient nettement augmenter.

     

    Dans l’ensemble, les grands patrons américains tablent sur un PIB américain à 2,5 % pour 2018, contre 3,3 % au troisième trimestre 2017. Depuis la crise financière de 2008-2009 et la récession qui s’en est suivie, la croissance des États-Unis n’a pas dépassé en moyenne les 2 % annuellement.

     

    Seul hic, les intentions d’embauche sont tièdes : les grands patrons ne prévoient pas d’augmenter les effectifs de leur entreprise respective à court terme. Leurs projets d’embauche ont en effet pris du plomb dans l’aile comparativement au troisième trimestre, diminuant de 4,5 points, selon l’enquête de Business Roundtable. Cette timidité est due, selon l’étude, à des coûts importants liés à la main-d’oeuvre même si les pressions réglementaires ont fortement baissé.

     

    Outre la fiscalité, Donald Trump a en effet également commencé à détricoter l’arsenal réglementaire mis en place par le gouvernement Obama pour éviter une répétition de la crise financière. Il a effectué un jeu de chaises musicales au sommet de grandes instances régulatrices, pris des mesures administratives et annoncé des projets de loi abrogeant des règles dénoncées par le grand patronat. Il a par exemple décidé de remplacer Janet Yellen, la présidente de la banque centrale, par Jerome Powell, avocat et ex-banquier d’affaires.

     

    Les relations entre M. Trump et les milieux d’affaires américains ne sont pas pour autant sans anicroche. Ce fut notamment le cas après l’annonce de son premier décret restreignant l’immigration aux États-Unis, de sa décision de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat et de ses déclarations polémiques en réponse aux violences de Charlottesville.

     

    Devant une cascade de démissions, le locataire de la Maison-Blanche avait été contraint mi-août de dissoudre les deux instances mises en place après son élection et regroupant de grands patrons américains pour le conseiller sur sa politique économique.













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