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    Les coûts du logement montent plus vite que les moyens de payer

    2 décembre 2017 | Karl Rettino-Parazelli - Avec Guillaume Levasseur | Actualités économiques
    Entre 2011 et 2016, les frais de logement mensuels des résidants de l’île de Montréal ont augmenté en moyenne de 12,3% pour les locataires, et de 13,1% pour les propriétaires. 
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Entre 2011 et 2016, les frais de logement mensuels des résidants de l’île de Montréal ont augmenté en moyenne de 12,3% pour les locataires, et de 13,1% pour les propriétaires. 

    L’augmentation des coûts de logement des locataires et des propriétaires montréalais observée au cours des cinq dernières années a surpassé, parfois largement, la croissance de leur revenu disponible, révèlent des données compilées par Le Devoir.

     

    Lors de chaque recensement, Statistique Canada demande aux répondants d’estimer les frais que leur ménage consacre au logement, ce qui inclut à la fois le loyer ou l’hypothèque, mais aussi l’impôt foncier et les frais d’électricité ou de chauffage. Et vous, combien payez-vous pour vous loger ?

     

    Est-ce que votre facture a augmenté en cinq ans ?

     

    Entre 2011 et 2016, les frais de logement mensuels des résidants de l’île de Montréal ont augmenté en moyenne de 12,3 % pour les locataires et de 13,1 % pour les propriétaires. Or, les données des deux plus récents recensements indiquent qu’entre 2010 et 2015, le revenu disponible par habitant — c’est-à-dire le revenu après impôts et transferts — n’a progressé que de 10,3 % au sein de l’agglomération de Montréal.

     

    Sur le territoire de la ville de Montréal, les données montrent une forte augmentation des dépenses liées au logement dans certains arrondissements. Celui du Sud-Ouest sort du lot, avec une hausse importante pour les locataires (18,1 %) et les propriétaires (17,9 %), tandis que le taux de croissance avoisine 15 % pour les résidants du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie.
     

     

    Payez-vous plus cher que votre voisin ?

     

    Une forte croissance des dépenses liées au logement dans un arrondissement ne signifie pas nécessairement que ce secteur est devenu hors de prix. Par exemple, le Sud-Ouest demeure l’un des arrondissements où les dépenses mensuelles sont les moins élevées pour les locataires (792 $).

     

    Sur le territoire de la ville de Montréal, les locataires qui paient le moins cher se trouvent dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (742 $), Lachine (750 $) et Montréal-Nord (755 $), tandis que les propriétaires dont les frais sont les plus bas habitent à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (1118 $), à Anjou (1172 $) et à Montréal-Nord (1191 $).

     

    À l’inverse, les locataires et les propriétaires montréalais qui paient le plus cher pour se loger sont à Outremont et au centre-ville, dans l’arrondissement de Ville-Marie.

     

    Frais des locataires
     
    Frais des propriétaires
     

    « Les coûts de logement augmentent plus rapidement dans certains quartiers qui sont en pleine phase de gentrification, affirme le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec, Maxime Roy-Allard, à qui Le Devoir a demandé d’analyser les données. C’est inquiétant, d’autant plus que dans ces quartiers-là, il y a beaucoup de logements qui disparaissent parce qu’ils sont transformés en condos. Donc les loyers coûtent plus cher, mais il y en a de moins en moins. »

     

    Le président de l’Association des propriétaires du Québec, Martin Messier, estime lui aussi que la pression financière s’accentue sur ses membres, mais pour des raisons différentes.

     

    « La marge de manoeuvre est de plus en plus mince. Il y a quinze ans, on achetait un immeuble et ce n’était pas trop difficile de le faire fonctionner et de faire de l’argent. Aujourd’hui, ça prend un opérateur qui est très alerte », dit-il.

     

    M. Messier soutient que la hausse des dépenses, à la fois pour les propriétaires et les locataires, est en partie liée à l’attrait des appartements plus luxueux. Les propriétaires rénovent leurs immeubles pour répondre à la demande de certains locataires plus exigeants, ce qui a pour effet de faire grimper le prix des loyers, explique-t-il.

     

    « Avant, on avait des logements à louer et ça se remplissait. Maintenant, il faut louer des milieux de vie, des endroits agréables et nous présenter sous notre meilleur jour pour que le locataire voie l’avantage de louer, plutôt que d’acquérir une propriété. »

     

    Devez-vous vous serrer la ceinture pour vous loger ?

     

    À lui seul, le montant des dépenses liées au logement ne dévoile qu’une partie du portrait. Pour savoir si les habitants d’un secteur ont du mal à joindre les deux bouts, Statistique Canada évalue ce qu’on appelle « l’abordabilité du logement ».

     

    De manière générale, on considère qu’un ménage qui consacre 30 % ou plus de son revenu avant impôts aux frais de logement fait face à des problèmes d’abordabilité. Comme le montre la carte concernant les locataires, près de quatre ménages sur dix se retrouvent dans cette situation dans certains quartiers centraux de Montréal.



    La proportion des revenus des locataires consacrée au logement


    La part des revenus des propriétaires consacrée au logement 
     

    Comment vous comparez-vous aux autres Canadiens ?

     

    Quand on se compare, on se console ? Même si ces cartes ne reflètent pas le fait que le pouvoir d’achat varie d’une province à l’autre, elles montrent que Montréal demeure l’une des villes canadiennes les plus abordables pour les locataires et les propriétaires. Un coup d’oeil dans les régions de Toronto, de Calgary et de Vancouver vous en convaincra.


    Coût des logements locatifs

    Coût des propriétés












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