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Wal-Mart: Jonquière dit non au syndicat

Comme prévu par les instances syndicales, le résultat du vote a été très serré

Hier soir, dans un vote de syndicalisation très serré, les employés du Wal-Mart de Jonquière, au Saguenay, ont rejeté leur adhésion aux Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), affiliés à la FTQ. Dans les instances syndicales, on s'attendait effectivement à un résultat des plus serrés. Si les travailleurs avaient accordé leur appui aux TUAC, ils seraient devenus les premiers employés syndiqués de tous les magasins de la chaîne en Amérique du Nord, qui compte 3800 établissements.

«Nous allons, dans les prochains jours, prendre le temps d'analyser le résultat du vote, a déclaré Marie-Josée Lemieux, présidente de la section locale 503 des TUAC, sans savoir le nombre exact de pour et contre. Il est cependant clair pour nous que ce n'est qu'un début. Nous sommes convaincus, plus que jamais, qu'il y a une volonté grandissante des salariés de Wal-Mart de se joindre à un syndicat. Il est de plus en plus évident que la compagnie ne peut éluder la venue d'un syndicat dans ses magasins.»

Cette bataille syndicale durait depuis décembre 2002 alors que les 180 employés du Wal-Mart de Jonquière avaient déposé une requête en accréditation syndicale pour s'affilier aux TUAC. Il y a deux semaines, la Commission des relations de travail du Québec ordonnait la tenue d'un vote. La majorité des employés devait se prononcer en faveur de la création d'un syndicat.

Tout au long du processus d'accréditation, la crainte de voir échouer la demande était bien réelle dans l'établissement du Saguenay et dans les instances syndicales. Encore hier, la FTQ, qui regroupe entre autres les TUAC, estimait les chances de réussite à 50 %. «Ça peut aller d'un côté comme de l'autre», disait Louis Fournier, directeur des communications de la FTQ.

Il faut dire que la tension dans le magasin de Jonquière était à couper au couteau. Wal-Mart n'aime pas particulièrement les syndicats, c'est bien connu. Aucun des quelque 3800 magasins de la chaîne en Amérique du Nord n'a de regroupement de travailleurs. Sur les 1,4 million d'employés, seuls 11 bouchers d'un magasin du Texas sont syndiqués. Chaque fois qu'un syndicat tente un recrutement du côté du géant mondial du commerce de détail, la tension monte. Et l'intimidation augmente à mesure que les travailleurs approchent du but.

Pour Wal-Mart, fournir le prix le plus bas à tous les jours est incompatible avec les demandes syndicales. Mais les critiques se font de plus en plus virulentes depuis que les salaires de sept à huit dollars l'heure de la multinationale deviennent la référence pour tout le secteur de l'alimentation aux États-Unis. Les autres chaînes soumises à la concurrence du géant cherchent à briser les conditions de travail de leurs employés pour atteindre les standards de Wal-Mart.

Les TUAC n'ont d'ailleurs pas hésité à dire que la tentative de syndicalisation du Wal-Mart de Jonquière est une mesure défensive, question que les autres chaînes canadiennes n'imitent pas le comportement du géant américain. Le syndicat tente donc de rehausser les conditions offertes par le géant plutôt que de voir ses concurrents emprunter le chemin inverse. Une demi-douzaine de Wal-Mart au Canada, dont plusieurs dans les Prairies, sont en processus d'accréditation, d'où l'importance du vote d'hier. Reste à voir l'influence que cette décision aura sur ces magasins et les 231 autres établis au pays.
 
 
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