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    L’administration québécoise maintient son retard salarial

    Le retard salarial de l’administration québécoise avec le privé passe de 6 à 10,2% dans l’intervalle 2009-2017.
    Photo: Maceij Nokowski Getty Images Le retard salarial de l’administration québécoise avec le privé passe de 6 à 10,2% dans l’intervalle 2009-2017.

    L’administration québécoise maintient son retard salarial avec le privé, mais l’écart se résorbe lorsque la rémunération globale est prise en compte. Le fossé, grandissant, se vérifie surtout avec les salariés des universités et des autres administrations publiques.

     

    L’édition 2017 du rendez-vous annuel de l’étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur la rémunération des salariés arrive aux mêmes grandes conclusions. L’écart salarial persiste entre les employés de l’administration québécoise et ceux du privé oeuvrant dans les entreprises de 200 employés et plus. Le retard de 10,2 % vient cependant s’effacer lorsque la rémunération globale est prise en compte. Il y a parité lorsqu’on combine les salaires, les avantages sociaux et les heures de présence au travail. Ainsi, les heures chômées payées coûtent plus cher dans l’administration québécoise. Les débours liés aux avantages sociaux (comprenant les régimes de retraite) y sont également plus élevés.

     

    Si l’on décortique cette comparaison avec les entreprises de 200 employés et plus du privé selon qu’il y ait présence syndicale ou non, l’administration publique ne fait pas le poids en présence syndicale, l’écart de salaire de 20,6 % se maintient (à 20,4 %) au niveau de la rémunération globale. À l’opposé, par rapport au privé non syndiqué, le retard syndical est ramené à 5,6 %, mais il y a avance de 6,9 % de la fonction publique en matière de rémunération globale.

     

    Là où l’écart se creuse fortement, c’est par rapport aux salariés des autres administrations publiques, des entreprises publiques et des universitaires. Le déficit salarial peut atteindre 12,9 % avec les universitaires, 20 % avec les sociétés d’État et l’administration fédérale, 25 % avec l’administration municipale. Le fossé se creuse au chapitre de la rémunération globale, l’écart atteignant respectivement 17,6 %, 23,9 %, 20,4 % et 39,7 % respectivement, ce dernier pourcentage n’étant pas sans refléter le nouveau partage du coût des régimes de retraite dans l’univers municipal, a suggéré l’ISQ.

     

    Ce contre quoi le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) s’inscrit en faux. « Une fois de plus, l’ISQ surévalue la rémunération des employés municipaux du Québec. ». Le syndicat parle d’une surestimation de 18 points de pourcentage au niveau de la rémunération globale, le SCFP contestant notamment l’évaluation des coûts liés aux régimes de retraite retenue par l’ISQ dans son étude. « La rémunération globale moyenne du secteur municipal est pratiquement la même qu’au fédéral, dans les entreprises publiques et dans le privé syndiqué », ajoute le syndicat.

     

    L’ISQ étend également sa comparaison sur la période 2009-2017. Le retard salarial de l’administration québécoise avec le privé passe de 6 à 10,2 % dans l’intervalle. Pour la rémunération globale, l’avantage de 3,6 % en 2009 devient parité en 2017.

     

    Rappelons certaines subtilités et limites de cet exercice. Outre les semaines de travail légèrement plus courtes et les heures chômées payées plus élevées dans le public, pensons à la présence, de loin supérieure, des régimes complémentaires de retraite dans la fonction publique, les sociétés d’État, les universités et les administrations municipales et fédérale, avec une proportion plus grande de régimes à prestations déterminées. Sans compter la sécurité d’emploi, le taux de perte d’emploi pouvant être neuf fois plus élevé dans le privé. Aussi, la comparaison est faussée par l’absence de fonctions comparables dans le privé, notamment pour les infirmières et les enseignants. Et par une comparaison se limitant aux entreprises de 200 employés et plus, une grande majorité des travailleurs dans le privé se retrouvant au sein de PME ou dans le rang des travailleurs autonomes, avec une surreprésentation dans le commerce de détail, la restauration et l’hôtellerie.













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