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    Tadaima: la boutique physique au temps du numérique

    Benjamin Cabut croit que les compagnies exclusivement présentes sur Internet ont plus que jamais besoin d’aller à la rencontre de leurs clients.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Benjamin Cabut croit que les compagnies exclusivement présentes sur Internet ont plus que jamais besoin d’aller à la rencontre de leurs clients.

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, un architecte qui veut offrir au commerce en ligne ce que les camions de cuisine de rue sont à la restauration.


    Année après année, de plus en plus de Québécois effectuent leurs achats des Fêtes en ligne, et les prochaines semaines n’y feront sans doute pas exception. Au moment où de nombreux consommateurs délaissent les centres commerciaux, Benjamin Cabut croit pourtant que les compagnies exclusivement présentes sur Internet ont plus que jamais besoin d’aller à la rencontre de leurs clients.

     

    « Paradoxalement, un site Internet est accessible à tous, mais tout le monde ne sait pas qu’il existe », affirme cet entrepreneur d’origine française arrivé au Québec l’an dernier en espérant convaincre les entreprises d’ici que le virage numérique ne signifie pas l’abandon des magasins physiques, bien au contraire.

     

    « Quand une compagnie a pris de l’ancrage sur le Web et qu’elle devient puissante, ses créateurs sont bloqués parce que, se développer dans une ville, c’est compliqué », dit-il, en évoquant par exemple la recherche d’un local et le paiement du loyer ou des impôts fonciers. « On s’est dit : pourquoi ne pas créer une boutique qui correspondrait exactement à ce qu’attendent les marques issues du Web ? »

     

     

    Boutiques éphémères

     

    Benjamin propose aujourd’hui aux entreprises et aux organisateurs d’événements québécois le produit phare de Tadaima, la compagnie qu’il a cofondée en France en 2015. Avec son kiosque nommé Ukio, il espère développer au Québec le concept des boutiques éphémères, qui ont surtout été popularisées en Europe et aux États-Unis jusqu’à maintenant.

     

    Le kiosque vitré, d’environ six mètres sur deux mètres, est conçu pour s’adapter aux besoins des différents occupants, qu’il s’agisse d’une entreprise de vêtements ou d’un restaurateur. Il peut être installé en moins d’une heure sur une place publique ou dans la rue.

    Photo: Tadaima L'entrepreneur espère développer au Québec le concept des boutiques éphémères, qui ont surtout été popularisées en Europe et aux États-Unis jusqu’à maintenant.
     

    Pour le concevoir, Tadaima s’est inspirée des conteneurs désormais utilisés dans plusieurs événements. Mais par rapport à ces boîtes métalliques, la boutique éphémère de la jeune compagnie se distingue par son esthétisme et sa polyvalence, soutient Benjamin.

     

    Le kiosque peut, par exemple, servir à créer des boutiques éphémères dans des zones commerciales, à animer le site d’un événement ou à relocaliser des commerçants affectés par des travaux de construction. Le tout pour un prix d’achat (environ 80 000 $) plus élevé que celui des conteneurs, mais un coût de location hebdomadaire semblable (entre 3000 et 4500 $), estime la compagnie.

     

    Convaincre les villes

     

    Jusqu’à maintenant, le kiosque de Tadaima a notamment été utilisé dans le cadre de l’Euro 2016 à Saint-Étienne, de la Biennale du design organisée dans la même ville et du Mondial de l’automobile de Paris.

     

    Benjamin est convaincu que les boutiques éphémères constitueront l’une des tendances phares des prochaines années, mais pour que sa vision se concrétise, il devra obtenir l’appui des autorités municipales et des commerçants qui ont déjà pignon sur rue. Ayant suivi de près les débats sur l’encadrement de la cuisine de rue, l’entrepreneur sait que la tâche ne sera pas facile.

     

    « L’idée n’est pas de concurrencer les voisins qui paient des taxes dans les boutiques physiques. […] On veut montrer que plus il y a d’achalandage dans un secteur, plus tout le monde est gagnant », dit-il.

     

    Aider les petits joueurs

     

    Tadaima est actuellement en discussion avec différents partenaires potentiels et elle espère installer son premier kiosque urbain montréalais au printemps prochain. Elle compte trouver ses premiers clients dans le secteur événementiel, pour ensuite s’attaquer au commerce de détail.

     

    Reste à voir quelles entreprises seront tentées par sa boutique éphémère, étant donné son coût de location, mais aussi le fait que la grande majorité des entreprises québécoises ne vendent toujours pas leurs produits en ligne.
     

     


    « Au départ, ce sont les gros joueurs qui vont appuyer ce projet, mais je voudrais trouver, dans notre modèle économique, un système qui permettrait d’aider les nouvelles marques », souligne Benjamin.

     

    Il rêve ainsi du jour où son kiosque sera présent partout dans le monde, dans de petites et de grandes villes, et qu’il permettra de faire connaître les idées de jeunes entrepreneurs qui, comme lui, en ont plein la tête.
     













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